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Willem Dafoe symbolise le "nouveau" festival de Locarno

Willem Dafoe (à g.) avec le nouveau directeur artistique du festival Frédéric Maire. (Fotofestival/Pedrazzini)

L'acteur américain à facettes multiples a reçu jeudi sur la Piazza Grande un Locarno Excellence Award pour sa carrière faite de prises de risque et de courage.

Un peu plus tôt devant la presse, il expliquait sa passion d'aventurier du cinéma et sa manière de choisir ses collaborations.

En dehors des politiques et du petit monde du cinéma suisse, Locarno n'est guère porté sur les stars... En fait, le quatrième festival européen déteste les autoroutes.

Cette année, c'est une grosse pointure atypique du cinéma américain qui reçoit son Locarno Excellence Award. Un acteur qui a pris le parti de la mise en danger permanente. Et qui, au vu de l'accueil, figure tout en haut des amours de la presse et du public...

«Lui décerner ce prix est aussi un signe qui renvoie au festival que nous essayons de faire, explique Frédéric Maire, directeur artistique. De notre côté aussi, nous misons sur la prise de risque et sur des choix peut-être un peu radicaux».

Un gueule de méchant

Willem Dafoe est le type même de la gueule qu'Hollywood rêve de cantonner dans les rôles de méchant. Lui fait tout pour assouvir sa soif d'aventures cinématographiques. Il explique tenter l'équilibre constant entre films de studio et expériences alternatives.

«Mes critères sur le choix des films changent constamment, indique l'acteur. L'essentiel dans ces choix vient du désir d'être transformé. Et de partir de zéro à chaque fois. Qu'est-ce que ce film, comment jouer, c'est ce qui m'intéresse.»

Prendre des risques, «cela vous pousse a perdre un peu le contrôle, poursuit Willem Dafoe. Ce qui est une bonne chose pour un acteur. Si vous êtes trop contrôlé, si vous défendez une idée de vous-même, rien d'intéressant n'arrive et le film est plat. Le cinéma vaut mieux que ça.»

Comédie physique

Depuis son premier rôle en 1982, Willem Dafoe a œuvré pour les plus grands et les plus divers – Oliver Stone dans Platoon, Alan Parker dans Mississippi Burning, La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, Le Patient anglais d'Anthony Minghella, Existenz de David Cronenberg, Manderlay de Lars von Trier. Ou encore le premier Spider-Man...

Willem Dafoe terminera en octobre sa partition dans le second Mister Bean. «Jouer dans cette comédie physique, c'était la chance de travailler avec quelqu'un venant d'une tradition très différente», explique l'acteur.

«J'ai vu Rowan Atkinson il y des années de cela à la télévision. Je l'ai trouvé brillant. Lorsque quelqu'un vous touche, vous inspire, vous vous faite la promesse de saisir la chance de travailler avec lui si elle se présente. C'est ce qui est arrivé.»

Avec Angelopoulos

L'Américain poursuivra avec le tournage de The Dust of time, de Theo Angelopoulos. Willem Dafoe reconnaît ne pas être un grand connaisseur du cinéaste grec.

«Je connais certains de ces films, je l'ai rencontré, j'ai aussi été frappé par Harvey Keitel, qui a joué plusieurs fois pour lui, explique-t-il. Au vu de la combinaison des films, du script, de ce qu'Harvey en a dit, (...) il a ma confiance et ma volonté de le servir. De l'aider à faire ce qui doit être fait. C'est une bonne façon de commencer.»

Dans le cas du réalisateur hyper exigeant (et parfois taxé de caractériel) Lars von Trier, Nicole Kidman aurait déclaré: «Plus jamais!».

Pour Willem Dafoe, c'est «encore. Encore! J'aimerais retravailler avec lui. C'est un esprit intéressant. Travailler avec lui a été un plaisir, un plaisir effrayant! Quand à Nicole Kidman, je ne suis pas sûr que les paroles qu'on lui prête soient vraies. J'ai entendu autre chose.»

Deux nominations

A Locarno, Willem Dafoe n'est pas là pour «vendre» tel ou tel film. Au menu de ces quelques heures sur place, une rencontre avec le public vendredi matin.

Et, aussi, la projection d'un long métrage sorti en 2000 et jamais présenté en Suisse. Le film est intitulé The Shadow of the Vampire. L'Américain y incarne le Comte Orlock. Un autre méchant qui lui a valu sa deuxième nomination aux oscars après Platoon en 1987.

swissinfo, Pierre-François Besson à Locarno

Faits

Festival international du film de Locarno: 2 au 12 août 2006
Compétition internationale: 21 films sélectionnés
Piazza Grande: 19 films projetés, dont 3 suisses
Léopard d'honneur: Alexander Sokurov
Locarno Excellence Award: Willem Dafoe
Prix Raimondo Rezzonico à Agat Films (mené par Robert Guédiguian)
Rétrospective: Aki Kaurismäki

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Des Suisses à l'affiche

- Intitulé «Das Fräulein», le premier film de fiction d'Andrea Staka est en lice pour le Léopard d'or dans la compétition internationale. Il dresse le portait de trois émigrées d'ex-Yougoslavie vivant à Zurich.

- Trois longs métrages et deux courts métrages suisses ont droit à une projection sur la Piazza Grande – «Die Herbstzeitenlosen» de Bettina Oberli, «La liste de Carla», de Marcel Schüpbach, «Mon frère se marie», de Jean-Stéphane Bron, ainsi que «Jeu» de Georges Schwizgebel et «Rachel» de Frédéric Mermoud.

- En compétition aussi: «La vraie vie est ailleurs» de Frédéric Choffat dans la section Compétition Cinéastes du présent. Et «La traductrice» de Helena Hazanov, «Que viva Mauricio Demierre» de Stéphane Goël et «No Body is Perfect» de Raphaël Sibilla dans celle des Cinéastes du présent.

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