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Dard, père et fils

Frédéric Dard, photographié à Genève en 1980.

(Keystone Archive)

«Céréales Killer», les nouvelles aventures de San-Antonio, seront donc les dernières aventures du commissaire à avoir été imaginées par Frédéric Dard. Mais San-Antonio n'est pas mort pour autant.

Resterait-il des inédits dans les maisons de Bonnefontaine et de Genève? Pas vraiment. Plutôt des esquisses: «Il n'existe pas de livre complet», explique Françoise Dard. «Mais il existe des scènes, des synopsis, des scénarios, des pièces de théâtre aussi. Et je ne voudrais pas que cela reste, comme ça, dans un tiroir».

Pourtant le plus inattendu ne proviendra pas de ces tiroirs-là. Mais bien de la famille Dard elle-même. On l'a constaté, le rapport père-fils est très présent dans «Céréales Killer». «Est-ce que vous avez ressenti une passation de pouvoir?» demande Françoise Dard. La réponse est oui.

«Frédéric avait très envie que Patrice, son fils, reprenne le flambeau. C'était son vœu. Je pense que depuis une dizaine d'années qu'il travaillait avec lui (notamment sur des scénarios ou des adaptations, ndlr), il l'a formé, peut-être sans que Patrice en ait conscience. Il était très heureux de l'écriture de Patrice».

Il y aura donc les San-Antonio du père, et désormais, vraisemblablement, les San-Antonio du fils. San-Antonio Junior, ou San-Antonio «virgule», comme l'a suggéré Frédéric Dard.

Avec une telle démarche, Françoise Dard ne craint-elle pas qu'on lui reproche d'abuser de la situation et de traire la vache à lait de façon éhontée? «Bien sûr que les gens vont dire tout et n'importe quoi. Bien sûr, cela va être lourd pour Patrice de porter ça. Moi, je le pousse vraiment, parce que c'était le désir de son père et que je le sais capable de ça, surtout. En définitive, c'est le public qui décidera: si c'est bon, les gens seront contents, si ce n'est pas bon, ça s'arrêtera de soi-même».

Le propre du polar, ce sont les rebondissements, non?

Bernard Léchot

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