De jeunes Suisses imaginent la vie dans l'univers

Europe, satellite de Jupiter, n'est qu'un immense océan, protégé par une couche de glace. Les scientifiques n'excluent pas d'y découvrir des formes de vie. ESA

Les lauréats suisses du concours de l'Agence spatiale européenne ont été désignés mardi à Berne. En attendant la finale, dans dix jours à Genève.

Ce contenu a été publié le 30 octobre 2001 - 19:20

Elles et ils étaient une douzaine, gymnasiens ou lycéens des trois régions linguistiques à avoir répondu à l'appel - assez discret il est vrai - du Bureau des affaires spatiales (SSO), relais helvétique de l'Agence spatiale européenne (ESA) pour ce concours.

Le thème: «Sommes-nous seuls dans l'univers?» Vaste question, à laquelle ces jeunes gens pouvaient répondre par le texte, l'image, le son ou toute autre forme d'expression, scientifique ou artistique.

«Nous avons été agréablement surpris de la diversité des travaux présentés», note Stéphane Berthet, chargé d'affaires au SSO et membre du jury du concours.

De fait, les participants ont vraiment essayé d'imaginer des formes de vie extraterrestres qui s'éloignent des modèles généralement humanoïdes proposés par l'imagerie de la science-fiction.

Un prix pour l'art, un autre pour la science

Le règlement prévoyait de séparer les concurrents en deux catégories, l'une artistique, l'autre scientifique. Tâche malaisée pour le jury, confronté à des travaux qui mélangeaient allègrement les genres, entre sites Internet bourrés d'images et de textes, musique originale sur CD ou statuette de plastique.

Et le hasard a voulu que les gagnants soient tous Bernois. Dans la catégorie artistique, le prix revient à un groupe de trois étudiants de Steffisburg, auteurs d'une belle galerie de portraits d'E.T., dont les mondes sont accessibles par une série de clics sur un site web fort joliment présenté.

Dans la catégorie scientifique, c'est également un groupe de trois qui remporte la palme. Ces étudiants de Mattstetten ont imaginé une planète relativement semblable à la Terre, mais nettement plus grosse. La gravité n'y permet pas aux espèces de se développer en hauteur et encore moins de s'envoler.

Sur cette planète, baptisée Ciota, on ne trouve donc que des sortes de reptiles ou de sauriens et la végétation est essentiellement faite de plantes rampantes. Quant à savoir si les «Ciotiens» ont réussi à développer une civilisation, les auteurs de ce travail ne tranchent pas.

Et un troisième pour l'investissement personnel

La réponse est peut-être à chercher dans le texte remarquable du benjamin du concours, le Vaudois Laurent Nussbaum. Impressionné par la maturité de ce jeune homme de 14 ans, le jury a décidé de lui attribuer un prix spécial, pour son investissement personnel.

L'originalité de son travail consiste à intégrer la notion d'évolution. Une espèce peut parvenir ou non à la conscience et à un certain degré de civilisation, mais rien ne permet d'en faire une règle absolue.

Pour Laurent Nussbaum, si une race intelligente parvient un jour à entrer en contact avec nous, elle aura à l'évidence atteint un degré de savoir-faire nettement supérieur à celui qui est le nôtre en ce début de 21e siècle.

D'où l'espoir que ce premier contact soit pacifique, puisque le lauréat du prix du jury imagine qu'une civilisation supérieure aura forcément dépassé l'âge de l'intolérance et des guerres.

Une évidence

Quant à savoir si ces jeunes gens croient à l'existence de la vie extraterrestre, la question ne se pose évidemment pas. Pour Laurent Nussbaum comme pour ses camarades, l'univers dans son immensité ne peut pas avoir été créé pour l'homme seul. «Si c'était le cas, ce serait vraiment le plus beau gâchis de temps et d'espace», écrit le jeune Vaudois dans sa conclusion.

Les 8, 9 et 10 novembre, les lauréats suisses se retrouveront face à ceux des autres pays européens pour la grande finale à Genève. Et les gagnants seront richement récompensés par l'ESA, puisque la palette des prix inclut des voyages sur le site du Very Large Telescope au Chili ou sur la base de lancement des fusées Ariane à Kourou, en Guyane.

Marc-André Miserez

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article