Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

De retour à la maison, loin de la boue et des caméras

Les retrouvailles sous le soleil après de longues heures passées dans le noir et le froid.

(Keystone)

Après 72 heures passées dans la grotte sombre et humide de Goumois, les sept étudiants suisses et leur guide sont rentrés chez eux. Dimanche, ils ont quitté l'hôpital jurassien de Delémont, en bonne santé.

Un dernier examen médical l'a confirmé: les spéléologues amateurs sont en bonne santé physique. Ils ne souffrent que de problèmes mineurs telles des plaies et des écorchures. Ils sont surtout dans «un état de fatigue important», a indiqué le médecin-chef de l'hôpital régional de Delémont, Alain Kocher.

Les huit Zurichois, cinq hommes et trois femmes, «euphoriques» à leur arrivée à l'hôpital, suivront un «debriefing à distance». «Il est important qu'ils réalisent ce qui s'est passé pour surmonter le contre-coup de l'événement», selon Alain Kocher. Ils ont quitté l'hôpital en milieux d'après-midi accompagnés de leurs familles.

«Le moment le plus dur a été celui où nous avons pris conscience que nous étions prisonniers», a confié l'un des rescapés avant son entrée à l'hôpital. Ils ont peu dormi, par tranche d'une heure au maximum. Le groupe a passé le temps en faisant de l'aérobic pour se réchauffer et en chantant.

Les sept étudiants de la Haute école de travail social de Zurich et leur guide, entrés dans la grotte de Goumois mercredi vers 18h00, avaient été pris au piège par la brusque montée des eaux due à de fortes pluies. L'alerte avait été donnée dès mercredi soir par deux proches de l'équipe, restés à l'extérieur.

Plus de 24 heures après, près de 300 personnes - spéléologues, sauveteurs, pompiers et gendarmes - étaient mobilisées sur place et n'avaient toujours pas réussi à localiser les jeunes gens, âgés de 25 à 35 ans. Certains spécialistes se disaient même pessimistes sur les chances de survie dans une eau glacée.

Mais le groupe avait réussi à se réfugier au sec dans une cavité située à 75 mètres de l'entrée de la grotte, cavité où deux plongeurs, dont un médecin, les ont retrouvés sains et saufs vendredi matin. Les huit personnes ont immédiatement reçu à boire, à manger et des couvertures.

Les huit jeunes Suisses n'étaient pourtant pas encore au bout de leur peine. Les opérations de secours se sont révélées «plus compliquées que prévu», à cause d'une nouvelle montée des eaux. Samedi matin, l'entrée du gouffre était inaccessible.

Mais après de longues heures d'incertitude, les efforts des sauveteurs ont fini par payer. Grâce aux effets conjugués du dynamitage des parois et du pompage, l'eau s'est écoulée et leur sortie est survenue plus tôt que prévu. En 20 minutes, ils émergeaient sous le soleil, sans avoir dû plonger ni même nager.

Après les retrouvailles avec leurs proches et de premiers examens médicaux sur place, les jeunes gens ont quitté Goumois pour Delémont, escortés par les polices française et jurassienne. Les membres du Spéléo Secours français et les autres secouristes ont alors commencer à débarrasser la grotte de tout le matériel installé, principalement les pompes.

Reste maintenant la facture... Difficile à estimer pour l'instant. «Probablement une somme astronomique, mais je n'ai aucune idée de son montant», a déclaré le consul suisse à Mulhouse, Peter Oberhänsli. «Il faudra probablement des semaines avant que des comptes précis ne soient établis.»

La mairesse de Goumois, Jeanne-Marie Taillard, elle, a évalué la facture pour sa commune à 375'000 francs suisses. Plusieurs radios françaises ont estimé à 1 million et demi de francs suisses le coût total des opérations de sauvetage. Une somme articulée par comparaison avec d'autres événements du même type.

swissinfo avec les agences

×