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De retour en Suisse, Oswald Iten dénonce la torture en Indonésie

Oswald Iten un témoin gênant

(Keystone Archive)

Le journaliste de la Neue Zürcher Zeitung, Oswald Iten, est arrivé dimanche à Kloten, visiblement soulagé, deux semaines après son arrestation en Irian Jaya. Il a déclaré que la police de la province indonésienne a voulu «faire un exemple».

Le journaliste a été libéré mercredi après l'intervention du conseiller fédéral Joseph Deiss, de l'ambassade de Suisse à Jakarta et de différentes organisations internationales de journalistes. Son épouse et le rédacteur en chef de la NZZ, Hugo Bütler, l'ont accueilli à l'aéroport de Zurich.

M. Iten, 50 ans, s'est montré soulagé à son retour. Grâce à l'excellente protection consulaire offerte par le DFAE (Département fédéral des affaires étrangères), il a pu être libéré plus rapidement qu'initialement espéré, a-t-il déclaré.

Selon le journaliste, le chef de la police de Jayapurya, le chef- lieu de la province, a voulu démontrer au monde, en le capturant, qu'un libre travail de journaliste sur la lutte d'indépendance de la province ne serait pas toléré. Il s'agissait de «faire un exemple».

Incontestablement, le gouvernement central indonésien s'est montré nettement moins autoritaire après l'intervention de la Suisse. Le chef du service d'immigration lui a garanti que les portes lui étaient ouvertes en Indonésie.

Aucune interdiction de séjour n'a été émise contre lui. Le chef de la police indonésienne a directement ordonné sa libération, a expliqué le reporter.

Oswald Iten avait été arrêté le 2 décembre dernier alors qu'il prenait, sans autorisation, des photos et des notes lors des célébrations de l'anniversaire du mouvement séparatiste papou d'Irian Jaya, province contiguë à la Papouasie Nouvelle-Guinée.

Il aurait fallu légalement une autorisation spéciale. Avec celle- ci, il n'aurait toutefois pas pu décrire la situation de façon indépendante. Et il n'aurait surtout pas pu se rendre à l'intérieur de l'Irian Jaya comme il l'avait prévu, a fait valoir le journaliste.

Le reporter, spécialisé dans les conflits d'Asie et d'Afrique, a relaté ses difficiles conditions de détention: emprisonné dans une cellule de 40 m2, sans toilettes, il se trouvait avec une trentaine d'autres détenus. Il a surtout eu peur au début de sa détention. Il n'a pas été personnellement battu.

Certains de ses codétenus ont été torturés, scènes auxquelles il a assisté. L'un d'entre en est mort. «Ce sont des choses qu'un journaliste étranger ne doit pas voir», a indiqué M. Iten. Et cela explique ses craintes initiales.

L'ambassadeur de la Suisse Norbert Bärlocher est intervenu en sa faveur le lendemain de sa mise en détention. L'exemple a cependant montré que, malgré la fin de la dictature de Suharto, il n'existe pas encore sécurité du droit en Indonésie, a estimé le diplomate.

swissinfo avec les agences

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