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Delémont: une leçon de démocratie

José Bernal, citoyen espagnol, a été élu au Conseil communal de Delémont.

(Keystone)

Sur la vingtaine d'étrangers candidats aux quatre conseils de Ville du Jura, quatre ont passé la rampe à Delémont. Cette première suisse est une belle pierre apportée à l'édifice de la démocratie. Et la capitale du Jura en est fière.

Le droit d'éligibilité d'un étranger était, en soi, déjà une petite révolution dans le système politique suisse. Le fait d'être élu relève d'un geste encore plus conséquent sur le plan des droits civiques.

Et les électeurs de Delémont ont franchi le pas. A l'issue des communales de ce week-end, il ont en effet choisi d'asseoir trois Italiens et un Espagnol sur les bancs du conseil de ville (législatif).

«C'est un grand pas vers une meilleure intégration des étrangers», confirme l'un des élus, Giuseppe Natale, un ingénieur civil de 32 ans. Et d'ajouter: «nous ne sommes plus des citoyens de seconde zone.»

Conscient de la mission qu'il doit maintenant remplir, le nouvel élu veut s'attaquer directement aux problèmes qui concernent les communautés étrangères. «Des citoyens suisses et étrangers ont voté pour moi, et je me dois de travailler dur pour les remercier de la confiance qu'ils ont placée en moi.»

L'un des ses principaux cheval de bataille sera bien sûr la naturalisation facilitée, un dossier qu'il faut encore faire avancer. Mais les problèmes sociaux sont également très importants.

«Le fait qu'un étranger écoute les problèmes d'un autre étranger peut apporter un grand changement en terme de communication». Giuseppe Natale est persuadé que de nombreuses questions pourront être résolues grâce à cette petite différence.

De plus, le jeune italien relève la grande tolérance et l'ouverture qui règnent dans le Jura, «un canton qui montre souvent l'exemple en Suisse.»

«Cette élection n'est que le prolongement logique du droit de vote aux étrangers acquis lors de la souveraineté du Jura», relève le maire socialiste de Delémont, Pierre-Alain Gentil. «Je suis surtout content que ce droit d'éligibilité soit effectif, le fossé pouvant être grand entre les deux actes».

«Faire participer les étrangers à la vie politique ne peut être qu'un plus, même si la majorité de ces élus-là sont déjà quasiment des enfants du pays», estime le maire.

Pierre-Alain Gentil ne cache pas sa déception face aux résultats de Porrentruy, Bassecourt et Les Bois où aucun étranger n'a passé la rampe. Tout en admettant que «les percées civiques prennent du temps».

Reste à savoir si l'exemple jurassien fera tache d'huile dans les autres cantons. Visiblement, il faudra du temps. Les velléités vaudoises sont connues. D'ailleurs, la future constituante du canton se penche sur la question.

De même, la nouvelle constitution neuchâteloise pourrait - si elle était acceptée - ouvrir la voie à l'éligibilité des étrangers.

Quant au Valais, il reste, pour l'heure, silencieux sur cette question. Même si des volontés politiques allant dans ce sens se font entendre dans différentes régions du canton.

L'exemple jurassien constitue une première helvétique. Mais pas mondiale. Ainsi l'Europe permet aux citoyens de l'Union résidant dans un état membre autre que le leur, de voter et d'être élu aux élections municipales de cet état.

La Norvège, elle, ne fait pas partie de l'union européenne. Mais elle autorise tous les étrangers à se présenter sur des listes communales, comme dans le Jura.

Jean-Louis Thomas



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