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«GENEVE ZÉRO PUB» Genève pourrait faire front contre la publicité

Poster in Geneva covered with graffitti

En janvier 2017, les citoyens genevois ont pu laisser libre cours à leur créativité, grâce à 3000 panneaux vierges. 

(Keystone)

Un groupe de citoyens genevois a lancé une initiative populaire pour bannir les panneaux publicitaires du centre de la cité de Calvin. Bien qu’il s’agisse d’une importante source de revenu pour la Ville, les auteurs du texte assimilent la publicité à de la «pollution visuelle».

La campagne s’est inspirée des événements de janvier 2017: 3000 panneaux d’affichages à travers la ville avaient été laissés vierges à la suite d’un contentieux entre la Ville et la Société générale d’affichage (SGA). La population avait ainsi transformé ces espaces publicitaires en objets d’art, comme le montre l’exemple ci-dessous.

L’expérience fut une source d’inspiration pour un groupe de citoyens genevoisLien externe, issu de quatre associations locales. Espérant pouvoir se baser sur cette créativité spontanée, ils lancèrent, le mois dernier, une initiative populaire communale sur le sujet. Ils doivent ainsi récolter 4000 signatures jusqu’au 7 novembre prochain pour obtenir un vote populaire.

Les initiants souhaitent «libérer» le paysage urbain de la publicité commerciale, mais aussi fournir aux habitants des panneaux vierges pour garantir «une expression citoyenne et artistique libre». Tous les types d’affichage ne seront toutefois pas exclu du centre-ville. Les annonces pour des événements et des institutions culturels seront autorisées, tout comme celles qui promeuvent des entreprises et commerces locaux.

«Vous pouvez éteindre la télévision ou la radio, mais pas fermer les yeux lorsqu’il y a des affichages publicitaires», argumente Lucas Luisoni du Réseau Objection de Croissance Genève. Avec les autres militants, il compte pousser les citoyens à réfléchir à la manière dont ils peuvent reprendre le contrôle de l’espace urbain et au rôle de la publicité dans notre société. «En ville, les panneaux font prioritairement la publicité de multinationales. Il y a peu d’annonces pour les commerces locaux. Si nous voulons défendre l’économie locale, nous devons nous montrer cohérents», dit-il.

«Dangereux signal»

S’il n’est pas certain qu’un vote puisse avoir lieu, l’initiative devra probablement faire face à l’opposition des milieux économiques. «Cette initiative nous inquiète beaucoup, car elle envoie un message dangereux», indique Olivier Chabanel, responsable des ventes publicitaires pour la Suisse francophone à la SGA. «L’affichage représente un secteur économique important. Il fournit du travail à de nombreux professionnels, comme des graphistes ou des imprimeurs», poursuit ce dernier.

Supprimer les panneaux publicitaires pourrait faire perdre entre 3 et 6 millions de francs à la Ville, selon différentes sources. Christian Vaglio-Giors en est convaincu: «Supprimer ces revenus publicitaires ne fera qu’encourager les gens à faire de la publicité sur Google et Facebook et l’argent finira aux Etats-Unis. Est-ce vraiment ce qu’ils veulent? Les initiants ne comprennent pas bien l’économie et ils ont lancé ce texte pour des raisons personnelles.»

Les auteurs du texte affirment toutefois que le budget d’affichage de Genève ne représente qu’un très petit pourcentage sur l’entier du budget de la municipalité, soit un milliard de francs, qui pourrait, selon eux, être compensé ailleurs.

Au-delà de la question financière, Christian Vaglio-Giors estime que l’initiative est trompeuse. Selon lui, elle n’atteindra pas son objectif de vider le centre de toute publicité: «Cela ne concerne que 470 annonces commerciales sur un total de 3700. Les affiches privées et celles que l’on trouve dans les transports publics ou dans les gares ne seront pas concernées par le texte.» 

Si les initiants parviennent à récolter un nombre suffisant de signatures, les autorités genevoises devront décider si elles rejettent le texte ou le soumettent en votation populaire. Dans le second cas, elles pourraient aussi formuler un contre-projet.



(Traduction de l'anglais: Katy Romy)

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