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Point de vue «Oui, parce qu'une nourriture de qualité n'est pas une évidence»

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La sécurité alimentaire en Suisse n'est pas suffisamment garantie sur le long terme par les dispositions actuelles de la Constitution, soutient Markus Ritter. Pour le conseiller national PDC, également président de l'Union suisse des paysans et président du comité de soutien «Oui à la sécurité alimentaire», la création d'un nouvel article est indispensable afin d'assurer aux générations futures une alimentation riche en produits durables.

Ritter

Markus Ritter

Markus Ritter, président du comité pour le «Oui» à la sécurité alimentaire

Le Conseil fédéral et le Parlement ont reconnu que les principes actuels de la Constitution ne permettent ni de relever les défis que pose sur le long terme la sécurité alimentaire au niveau mondial et national, ni de préserver la production et la transformation alimentaire suisses. Ce nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire permet aux consommatrices et consommateurs de décider comment sera produite leur nourriture. Le nouvel article 104a complète l'article 104 sur l'agriculture en introduisant un concept général qui tient compte de l'ensemble de la chaîne de production – du champ à l'assiette. Il complète également l'article 75 sur l'aménagement du territoire en visant une meilleure protection des terres cultivables.

Markus Ritter, 48 ans, est agriculteur et ingénieur à Altstätten, dans le canton de St-Gall. Depuis 2011, il est conseiller national démocrate-chrétien, et il préside depuis 2012 l'Union suisse des paysans.

(zVg)

Une telle modification de la Constitution oblige les consommatrices et consommateurs, l'industrie agro-alimentaire et la distribution à concilier leurs besoins. Une utilisation raisonnable des denrées permet d'éviter le gaspillage et de favoriser la consommation de produits de saison et si possible de la région. Mais cela n'implique pas pour autant l'arrêt des importations et l'instauration d'une souveraineté alimentaire totale. Nous misons davantage sur un commerce équitable que sur un libre-échange sans conditions. L'article 104a exige des relations commerciales transfrontalières qui contribuent au développement durable des secteurs agricole et agroalimentaire en Suisse mais également à l'étranger. Concrètement, cela signifie que les produits qui ne sont pas fabriqués avec les mêmes exigences que ceux élaborés en Suisse ne doivent pas être importés avec des prix cassés. Un exemple de dumping économique et social est l'importation d'huile de palme bon marché: pour produire cette huile, des forêts tropicales sont rasées, les agricultrices et agriculteurs locaux sont chassés de leurs terres et embauchés pour des salaires de misère. Ce procédé n'est écologiquement, socialement et économiquement pas durable.

Avec un nouvel article constitutionnel sur la sécurité alimentaire, la Confédération devra, dans la mesure du possible, prévenir le dumping économique et social tout en favorisant le commerce équitable au profit des familles paysannes du monde entier. La Suisse doit se positionner en tant que pays précurseur dans la détermination de standards internationaux en matière de commerce équitable et de production durable. Elle doit aussi s'engager pour ces valeurs au sein d'organisations internationales. Avec l'article 104a, la mise en œuvre des objectifs de développement durable de l'ONU est posée en tant que condition préalable à la conclusion de contrats. 

Ancrer le principe de sécurité alimentaire dans la Constitution fédérale offre aux familles paysannes une perspective d'avenir, mais représente aussi un pas important pour toute la société. Dans les sondages, la population répète encore et toujours que ce qui lui importe ce ne sont pas les prix des aliments mais les conditions de vie des familles paysannes, le bien-être animal et une production en harmonie avec la nature. Ces exigences ne peuvent toutefois pas être simplement vendues comme produit dans les magasins, elles ont besoin d'être soutenues politiquement. Le Parlement peut modifier la Loi sur l'agriculture – grâce à cet ajout dans la Constitution, le peuple a aussi son mot à dire. L'article constitutionnel sur la sécurité alimentaire permet cette implication conjointe. C'est pourquoi nous vous recommandons de dire oui à l'inscription de la sécurité alimentaire dans la Constitution, oui à une production alimentaire durable et de bonne qualité en Suisse et dans le monde. 

Le point de vue exprimé dans cet article est celui de son auteur et ne reflète pas forcément celui de swissinfo.ch.


(Traduction de l’allemand: Marie Vuilleumier)

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