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Des émigrés peu impliqués dans la politique transalpine

Francesco Rutelli (à gauche) ou Silvio Berlusconi?

(swissinfo.ch)

Rutelli ou Berlusconi? En Italie, les sondages donnent l'avantage au «Cavaliere». Mais les indécis pourraient encore faire pencher la balance du côté du leader de l'Olivier. En Suisse, la position politique des émigrés italiens est également une grande inconnue.

A l'ambassade d'Italie à Berne, il n'existe aucune statistique sur cette question. Traditionnellement, cette population d'émigrés vote à gauche.

En 1997, plus de 80% des Italiens en Suisse ont d'ailleurs donné leur soutien à une liste de gauche, à l'occasion de la désignation de leurs représentants aux Comités des Italiens de l'étranger (COMITES).

Reste à savoir qui s'est véritablement prononcé. Le cœur des jeunes de la deuxième génération paraît en effet battre à droite.

En fait, il semble surtout que, parmi les Italiens de Suisse, l'intérêt pour la politique transalpine s'étiole. Un brin provocateur, l'anthropologue Fabrizio Sabelli observe: «à part le football, je ne crois pas que ces émigrés s'intéressent à ce qui se passe en Italie. C'est tout ce qui leur reste pour garder une identité». Et après une pause: «avec la nourriture, ce qui va de soi...»

C'est vrai, cette dernière campagne n'a pas eu de réel prolongement de ce côté-ci des Alpes. Les sympathisants interrogés parlent de quelques meetings en Suisse alémanique. Côté romand, on mentionne uniquement des réunions de cercles de Transalpins.

«Mais ces élections font l'objet de discussions fréquentes, modère Mathieu Menghini. Et cela même avec des personnes qui ne sont pas italiennes».

Italien de la deuxième génération, naturalisé suisse, ce Neuchâtelois s'emballe lorsqu'il critique Berlusconi. Mais c'est en Suisse qu'il fait de la politique et se bat, pour que ses compatriotes puissent voter là où ils vivent. Logiquement, il ne se prononcera pas ce week-end. Tout un symbole.

Les législatives italiennes ont en fait passionné l'Europe tout entière. Dont les journaux ont largement critiqué Silvio Berlusconi, personnage clef de cette campagne. Au point de faire presque oublier son adversaire de la coalition de gauche de l'Olivier, l'ancien maire de Rome Francesco Rutelli.

Silvio Berlusconi, donc, a déjà fait un premier passage malheureux à la tête du gouvernement italien en 1994. Mais l'homme le plus riche d'Italie n'en a pas été dégoûté. Et rêve de diriger une nouvelle fois son pays.

Ce qui inquiète par-dessus tout les observateurs, c'est son énorme empire médiatique. Propriétaire du premier groupe de télévision privée du pays, le fondateur de Forza Italia utilise ce canal pour faire sa campagne. Elu, il contrôlerait en outre les chaînes nationales.

Autre souci: ses alliances, au sein de la Maison des Libertés. Outre Forza Italia, cette coalition regroupe l'Alliance nationale, l'ancien parti néo-fasciste de Gianfranco Fini, devenu cependant «acceptable». Troisième formation de cette coalition, c'est en fait surtout la Ligue du Nord d'Umberto Bossi qui inquiète les Européens.

Impossible de clore ce tableau sans mentionner les problèmes judiciaires de celui qui possède également le club de football AC Milan. En 1998, il a même été reconnu coupable de corruption, mais les procédures d'appel ont renvoyé l'application du jugement.

Caroline Zuercher

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