Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Des comédiens à l'état brut

Depuis septembre dernier, quinze acteurs en herbe sont en formation à la Haute école de théâtre de Suisse romande (HETSR), à Lausanne.

Pendant trois ans, ces huit filles et sept garçons vont s’initier aux diverses facettes du métier. Reportage.

Les quinze futurs comédiens, âgés de 16 à 26 ans, ont abouti à La Manufacture – nom donné au bâtiment qui abritait une usine de taille de pierres précieuses – à l’issue d’une sévère sélection.

Parmi les heureux élus, Diane Müller, une franco-suisse de 25 ans, et Philippe Panizzon, âgé de 23 ans, né à Zurich et domicilié à Pully.

A priori, rien ne les prédisposait à se lancer dans cette voie.

C’est un peu par hasard que Diane Müller découvre le théâtre. Animatrice, elle a travaillé dans un centre de vacances qui avait précisément pour thématique le théâtre. Elle avait alors 18 ans.

Plus tard, elle est aussi fortement marquée par une pièce, «L’Homme qui…», mis en scène par la ‘star’ Peter Brook. A cette occasion, elle ressent une véritable communion entre les acteurs et le public. Et pour la première fois, se sent impliquée.

Quant à Philippe Panizzon, c’est à 12 ans, à l’école et grâce à sa sœur qui faisait du théâtre, qu’il découvre ce monde qu’il qualifie de «fou», et qui, dès cet instant, l’attire. Il a aussi toujours aimé l’univers de Charlie Chaplin, sa poésie.

Terrain vierge

Pourquoi le choix de la HETSR? «Parce que personne n’est passé là avant, explique Diane Müller. Il y a donc beaucoup d’énergies nouvelles. Beaucoup de gens qui sont en train de créer quelque chose.»

Philippe Panizzon, lui, a notamment été séduit par la venue d’intervenants extérieurs. C’est ainsi que le jour de la visite de swissinfo, Marco Berrettini, danseur et chorégraphe, débarquait à La Manufacture pour y dispenser son savoir.

Et ces intervenants sont nombreux, puisque toutes les cinq semaines, il y en a un autre, choisi par le directeur des lieux, Yves Beaunesne. En particulier des metteurs en scène, dans le cadre d’ateliers d’interprétation.

Pour sa part, Ingrid Walther, chargée des relations extérieures, explique que l’école a été conçue comme un laboratoire devant offrir un champ d’expériences le plus large possible.

Des journées bien remplies

A l’issue des cinq semaines d’atelier d’interprétation, les apprentis-comédiens suivent un cours technique. Celui qui est donné actuellement porte sur le corps et la voix.

«Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection technique, souligne Diane Müller. Mais si on veut monter un jour sur scène, il faut tout travailler.»

«Le corps, la voix doivent s’élargir, renchérit Philippe Panizzon. Nous devons trouver des instruments en nous. Il faut enrichir les personnages.»

Est-ce toujours simple de travailler à quinze? Philippe Panizzon voudrait davantage jouer. Un sentiment que partage sa camarade, qui admet que cela relève de «l’avidité de vouloir tout faire».

Cela dit, reconnaissent-ils, la chimie entre les membres du groupe est bonne. Entraide et critiques salutaires font bon ménage. Et tout se fait de manière simple et honnête.

Des rêves

Les élèves de la Haute école de théâtre de Suisse romande vont prochainement commencer à travailler sur un atelier-spectacle qui sera dirigé par Omar Porras. Le célèbre metteur en scène colombien, installé à Genève, viendra répéter avec eux entre la mi-mai et la mi-juillet.

La première du spectacle aura lieu à La Manufacture le 20 juillet. Quatre représentations y seront données. Puis à l’automne, des représentations auront lieu dans d’autres cantons.

Au-delà de cette expérience, les futurs comédiens ont bien sûr des rêves. Philippe Panizzon aimerait réaliser des films – et y jouer! – pour raconter «ses histoires». Raconter des histoires, c’est également ce qu’il adorerait faire à travers un autre vecteur: la danse.

Diane Müller, elle, souhaiterait participer un jour à une comédie musicale. Avec «plein de lumières et des décors à mort», dit-elle, tout en regrettant que le public qui fréquente les théâtres ne soit pas plus large, que les gens ne manifestent pas davantage de curiosité.

Et le rôle dont ils rêvent? «Le roi Lear», répond sans hésiter une seconde Philippe Panizzon. «Moi aussi!», rétorque sa camarade dans un éclat de rire.

swissinfo, Chantal Nicolet

Faits

La Haute école de théâtre de Suisse romande a ouvert ses portes à Lausanne en septembre 2003.
Elle a été fondée par la Conférence intercantonale de l’Instruction publique des sept cantons francophones ou bilingues.
La HETSR remplace les sections d’art dramatique des Conservatoires de Lausanne et de Genève.

Fin de l'infobox

En bref

- Il y a actuellement quinze élèves – huit filles et sept garçons – âgés de 16 à 26 ans ainsi qu’une auditrice libre.

- La formation se fait sur trois ans. Une quatrième année est requise pour ceux qui veulent faire de la mise en scène.

- La Manufacture accueillera cette année une nouvelle volée de quinze élèves.

- Le dernier délai pour s’inscrire au concours d’admission est fixé au 15 mars. Plus de 200 personnes ont déjà manifesté leur intérêt. L’âge maximum est fixé à 30 ans.

- La HETSR est dirigée par le metteur en scène belge Yves Beaunesne.

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×