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Des femmes en colère défient les politiques

Le 5 janvier dernier déjà, les femmes étaient en colère à Berne.

(Keystone)

Après le choc des élections fédérales du 10 décembre, les femmes se mobilisent pour faire entendre leur voix. ‘La veille des femmes’ veut leur donner une visibilité.

Dès le 8 mars, une permanence sera mise en place 24 heures sur 24 devant le Palais fédéral.

«Comme beaucoup de femmes en Suisse, le 10 décembre au soir, j’étais déprimée. Le 11, j’étais en colère. Et à partir du 12, je me suis dit, soit nous baissons la tête, soit nous faisons quelque chose», déclare Yvette Barbier, initiatrice de ‘La veille des femmes’.

C’est un mouvement spontané de plus à avoir émergé en Suisse après la non-réélection de la ministre Ruth Metzler et l’éviction de la candidate Christine Beerli.

On se souvient en effet des 10'000 à 12'000 femmes qui ont crié leur colère le 5 janvier à Berne. Sur le plan politique, les femmes des principaux partis se sont réunies le 4 février pour adopter un plan d’action commun.

Yvette Barbier s’est alors demandé comment faire s’exprimer, dans la durée, toutes celles qui sont indignées.

Naissance d'une association

C’est ainsi qu’est née l’idée de ‘La veille des femmes’, dont l'association s'est formellement constituée mardi. Le principe est simple: des femmes, deux au minimum, se relaient 24 heures sur 24 sur la Place Fédérale, face au siège du gouvernement et du parlement.

«Chaque groupe de femmes pourra ensuite animer la journée qu’elles ont choisie comme elles l’entendent. Nous voulons un maximum de liberté et de créativité», résume Yvette Barbier, médecin à Lausanne.

Il s’agit donc d’offrir en permanence une plate-forme de visibilité. Cela dès le 8 mars, date de la Journée des femmes, jusqu’au 10 décembre. Date symbolique avant tout, puisque l’élection du nouveau président de la Confédération se fera le 8 décembre. Et, qu’il n’y aura pas cette année d’élection de ministres.

Le but, selon la sexagénaire, est aussi de mettre en avant les qualités féminines que sont la patience et la persévérance: «On ne pourra pas ricaner en les voyant devant le Palais fédéral avec sifflets et casseroles, en se disant que ça ne va pas durer, qu’elles vont s’en aller pour faire le souper! Cette fois on va rester.»

La seule obligation pour les femmes qui se relayeront sur la Place Fédérale est de respecter les trois consignes qui ont été données pour la Journée des femmes: ‘Oui à l’assurance maternité’, ‘Non à la 11e révision de l’AVS’ et ‘Stop aux discriminations contre les femmes’.

Effet boule de neige

Yvette Barbier a d’abord discuté l’idée avec sa belle-sœur, qui a été immédiatement convaincue.

Tout s’est alors enchaîné très vite. Elles ont d’abord pris contact avec des associations féminines à Lausanne, puis dans la foulée, le 31 janvier, avec la coordination nationale pour la journée du 8 mars à Berne, qui a bien accueilli l’idée.

A tel point que la semaine suivante déjà, un site internet en trois langues était réalisé. Y figure d’ailleurs leur appel, lancé à toutes les femmes de Suisse. Relayée par un premier article dans le quotidien Le Temps, l’idée était ainsi lancée dans le grand public.

Le réveil des femmes

Depuis, les mails et les appels affluent. Ils proviennent de femmes de tous âges (les plus jeunes ont 15 ans), de tous horizons, sociaux et géographiques, et aussi d’hommes indignés qui affirment soutenir de tout cœur l’initiative, raconte Yvette Barbier.

«C’est bien la preuve qu’il y a quelque chose à dire et à faire. L’égalité ou le partage des tâches, apparemment des acquis, sont loin d’être réalisés.»

Et de constater que les femmes qui élèvent seules leurs enfants sont sur-représentées dans la classe des «working poors». Mais sous-représentées dans les carrières universitaires, pour ne citer que ces deux exemples.

Ce qui, et elle s’en réjouit, pousse au réveil des femmes de sa génération, mais aussi des plus jeunes.

Les autorisations à obtenir

Reste à obtenir des autorisations de la ville de Berne. Puisqu’il faudra installer un stand ou une petite caravane pour pouvoir soutenir le siège 24 heures sur 24 jusqu’en décembre.

«La ville s’est, de prime abord, montrée plutôt favorable», déclare Brigitte Kuersteiner, une Bernoise qui se charge d’une partie de la logistique. Toutefois, si l’autorisation est accordée, elle ne sera que de trois mois.

Pour être poursuivie jusqu’en décembre, une action d’aussi longue haleine va nécessiter un soutien politique. Les actrices du mouvement s’activent actuellement dans ce sens. Mais c’est un vrai défi, reconnaît la Bernoise.

swissinfo, Anne Rubin

Faits

La ‘Veille des femmes’ commencera le 8 mars et se terminera le 10 décembre sur la Place Fédérale.
La permanence sera assurée par un minimum 2 femmes, responsables d’une journée de 24 heures.
L’opération est ouverte à toutes celles qui ont été indignées par les événements du 10 décembre.

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En bref

- Yvette Barbier (60 ans) est médecin à Lausanne.

- Sans s’être formellement engagée en politique, elle a toujours été proche des causes féministes.

- Lorsqu’elle était jeune scout, elle a été dirigée par des femmes comme Josy Meyer, juriste et conseillère nationale, qui a notamment participé à l’élaboration de la nouvelle constitution suisse.

- Ensuite, elle a milité dans les mouvements étudiants de 1968.

- De 70 à 80, elle a été médecin et chef de clinique à l’hôpital, un environnement où «90% du personnel est féminin».

- Installée à son compte depuis 1980, elle est aux premières loges pour constater quelles difficultés doivent affronter les femmes.

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