Des menaces pèsent sur l'armistice

Le premier ministre Mahinda Rajapakse accueille Micheline Calmy-Rey. Keystone

Au terme de sa visite au Sri Lanka, Micheline Calmy-Rey appelle le gouvernement de Colombo et les Tigres tamouls à revenir sérieusement à la table de négociations en vue d’une paix durable.

Ce contenu a été publié le 12 octobre 2004 - 18:13

La ministre suisse des affaires étrangères craint un retour à la guerre civile dans l'île.

Plus que dubitative, préoccupée. Micheline Calmy-Rey quitte l’île située au sud du sous-continent indien avec le sentiment que gouvernement et rebelles des Tigres tamouls ne se font pas suffisamment confiance.

«J’ai l’impression que l’armistice pourrait être en danger», estime la ministre suisse des affaires étrangères. En clair: il y a risque d’un retour à la guerre civile.

Cette plaie a fait 65'000 morts et 800'000 déplacés - 35’000 personnes ont trouvé refuge en Suisse - entre 1983 et 2002, moment où une trêve a été conclue sous la houlette de la Norvège.

Interrompus en novembre 2003

La Suisse est, elle aussi, entrée rapidement dans le jeu pour tenter de mettre fin au conflit. La semaine dernière encore, une délégation des rebelles séparatistes est venue à Genève afin de relancer les pourparlers de paix interrompus depuis novembre 2003.

Reste que jusqu’ici, malgré un changement de gouvernement en avril 2004 à Colombo, le processus de paix n’a guère avancé. Les promesses du parti actuellement au pouvoir n’y ont rien fait.

Sur place, la situation tend plutôt à se détériorer. La trêve est menacée par une violence croissante entre factions rebelles ennemies. Les Tigres tamouls, qui réclament un état indépendant, accusent le gouvernement de soutenir ces factions.

Droits de l’homme et fédéralisme

Micheline Calmy-Rey exprime sa préoccupation après s’être entretenue avec la présidente Chandrika Bandaranaike Kumaratunga et le premier ministre Mahinda Rajapakse.

La situation sur le front du processus de paix, mais aussi les relations économiques entre la Suisse et le Sri Lanka étaient au menu des discussions.

Concrètement, Berne entend continuer à mettre l'accent sur des domaines tels que les droits de l'homme et le fédéralisme, précise Ivo Sieber, porte-parole du Département des affaires étrangères (DFAE).

La Direction du développement et de la coopération (DDC) finance notamment un programme télévisé censé faciliter la cohabitation ethnique.

Le budget de la DDC pour le Sri Lanka s'élève actuellement à quelque cinq millions de francs par an.

swissinfo et les agences

Faits

La Suisse soutient activement le processus de paix au Sri Lanka.
Son action se concentre essentiellement sur les domaines des droits de l’homme et du fédéralisme.
La guerre civile au Sri Lanka a coûté la vie à plus de 65'000 personnes et suscité le déplacement de 800'000 autres.
Quelque 35'000 personnes originaires du Sri Lanka ont fuit vers la Suisse.

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En bref

- A Colombo, Micheline Calmy-Rey a également pris part à la conférence régionale des ambassadeurs suisses.

- Il s’agissait de faire le point sur les activités de la Suisse en Asie.

- Le renforcement de l'engagement suisse pour la promotion de la paix et les droits de l'homme a notamment été évoqué.

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