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Des mesures fédérales qui font du bruit à Cointrin

La fréquentation de Cointrin a augmenté de 11,5% par rapport à 1999 avec 7,8 millions de passagers.

(Keystone Archive)

Le bilan 2000 de l'aéroport international de Genève est satisfaisant. En revanche, ses responsables risquent de déchanter lors du prochain exercice à cause des mesures anti-bruits annoncées, cette semaine, par le Conseil fédéral.

«Il est parfaitement légitime de protéger les riverains des aéroports des pollutions sonores engendrées par le trafic aérien. Les avions sont certes de moins en moins bruyants. Mais le trafic augmente sans cesse. La charge sonore globale est donc constante», relève Jean-Pierre Jobin, directeur général de l'Aéroport international de Genève.

«En revanche, nous sommes beaucoup plus surpris par l'importance des indemnités prévues pour les propriétaires». Le directeur de Cointrin estime, en effet, que nombre de ces propriétés ont été acquises à des prix plus faibles que ceux pratiqués par le marché, en raison justement de leur proximité avec l'aéroport.

Jean-Pierre Jobin relève également que beaucoup de ces propriétaires ne résident même pas sur les terrains qu'ils ont achetés en bordure de l'aéroport.

La surprise du directeur général est d'autant plus grande que 80% des charges prévues par le ministère des Transports est destiné aux indemnités, le reste étant dévolu aux mesures d'insonorisation.

Mais l'indignation de Jean-Pierre Jobin ne s'arrête pas là: «nous subissons une inégalité de traitement par rapport aux CFF». Le transport ferroviaire est en effet frappé par la même loi de protection de l'environnement.

Mais les mesures de lutte contre le bruit, qui se montent, pour le rail à quelque 1,8 milliard de francs, seront à la charge du gouvernement. Alors que le secteur aérien devra en supporter seul le poids.

Certes, les mesures et les chiffres annoncés, mercredi par Berne, doivent encore être vérifiés. Le département de Moritz Leuenberger doit également dessiner une carte précise du bruit. C'est sur cette base seulement que des montants précis pourront être articulés.

Mais Jean-Pierre Jobin comprend mal que le gouvernement pénalise un élément clé de l'économie suisse, au moment même où la croissance donne des signes d'essoufflement.

Abondant dans le sens du directeur de Cointrin, le responsable de l'économie genevoise Carlo Lamprecht a tenu à rappeler le rôle essentiel joué par l'aéroport pour toute la région qu'il dessert: «ses retombées économiques se montent à 9 milliards de francs par année. L'aéroport génère également quelques 25 000 emplois directs, indirects ou induits».

Par contraste, le bilan exceptionnel de l'aéroport de Genève pour l'année dernière ne pouvait que réjouir les deux responsables genevois.

La fréquentation de Cointrin a augmenté de 11,5% par rapport à 1999 avec 7,8 millions de passagers. Quant au bénéfice net, il a atteint le chiffre record de 42,4 millions de francs.

Frédéric Burnand, Genève


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