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Des observateurs suisses au Monténégro

Le scrutin de dimanche est déterminant pour l'avenir du Monténégro. Et des Balkans.

(Keystone)

L'indépendance du Monténégro est l'enjeu essentiel des élections législatives de dimanche. Le conseiller national Remo Galli (PDC/Be) surveille, en tant qu'observateur de l'OSCE, le bon déroulement d'un scrutin déterminant pour la stabilité des Balkans.

Remo Galli s'est envolé mercredi pour le Monténégro. Après avoir été informé par l'administration fédérale sur la situation politique dans la République, ainsi que sur sa tâche d'observateur, mandaté par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Au total, 150 observateurs internationaux surveillent ainsi le bon déroulement de ces élections. Parmi eux, quatre sont suisses. Le Conseil fédéral tient tout particulièrement à cette présence helvétique sur la scène internationale.

Le gouvernement a en effet décidé, en décembre dernier, de créer un «pool d'experts suisses pour la promotion civile de la paix». Une sorte de viviers de civils, formés pour participer à des missions de promotion de la paix, d'une durée de plusieurs mois, ou pour observer des élections.

«De façon générale, nous voulons améliorer notre engagement sur le terrain», confirme Rudolf Metzler, au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). En l'an 2000, la Suisse a participé à l'observation de douze processus électoraux. Cinquante à septante Suisses sont en outre sur le terrain, essentiellement dans les Balkans.

Remo Galli, lui, ne fait pas partie de ce vivier d'experts. C'est en tant que parlementaire, membre de la commission des Affaires étrangères, qu'il est parti au Monténégro.

Concrètement, il va suivre le déroulement de l'élection dans un local de vote, et demander aux civils s'ils ont pu voter sans aucune difficulté. «Une démocratie a besoin de temps pour se développer, souligne le démocrate chrétien. Nous allons sur place pour soutenir ce processus.»

Remo Galli ne s'attend cependant pas à découvrir des irrégularités, même si ce scrutin est important. «Il s'agit finalement de l'avenir des Monténégrins, et de celui des Yougoslaves», souligne-t-il.

Dans un sondage réalisé à Podgorica pour le compte de l'agence de presse Montenafax, 55,6% des 1067 personnes interrogées se sont dites favorables à l'indépendance. 44,4% n'en veulent pas. Dans ce processus, le résultat des élections au Parlement sera décisif.

Si le parti du président actuel, Milo Djukanovic, l'emporte, la République s'engagera en effet dans la voie d'un référendum pour la création d'une Union avec la Serbie. Le parti socialiste, actuellement dans l'opposition, est en revanche opposé à ce processus qui mettrait un terme à la République fédérale de Yougoslavie.

Belgrade, pour sa part, semble prête à discuter. «Certains documents en circulation prévoient la création d'une Confédération, c'est-à-dire une union d'entités en grande partie souveraines, mais qui pratiqueraient une politique extérieure et une défense communes», explique Christian Meuwly, également au DFAE.

La communauté internationale, elle, attend avec inquiétude le résultat des élections. «Des gestes unilatéraux sur cette question pourraient avoir des conséquences graves pour la stabilité de toute la région», avaient déclaré début avril les ministres européens des Affaires étrangères à l'attention du Monténégro, qui forme avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie (RFY).

L'Europe «craint un nouvel embrasement dans les Balkans, souligne Remo Galli. Si le Monténégro obtient son indépendance, alors le Kosovo et la Vojvodine la demanderont également.»

Carole Gürtler et Caroline Zuercher


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