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Des responsables de prisons du Kosovo en stage à Bâle

Ils sont 24, fonctionnaires des services pénitentiaires du Kosovo, à participer cette semaine à Bâle à un cours sur l'administration du milieu carcéral. Cette formation s'inscrit dans le cadre des contributions helvétiques à la restauration du système judiciaire kosovar.

«On leur montre et on leur explique comment ça fonctionne chez nous, et ils en prennent quelques idées». La pédagogie de Hans-Jürg Bühlmann est limpide. Mais le rôle du chef de la division des établissements pénitentiaires du canton de Bâle-Ville ne se limite pas à servir de guide à ses hôtes dans les couloirs de la prison de Schällemätteli.

C'est lui qui, en réalité, dirige la totalité de ce cours de formation. Il vient de passer deux semaines au Kosovo et il y retournera au mois de mai. Il connaît donc assez bien maintenant les 24 cadres kosovars qui lui ont été confiés - tous des hommes - et les conditions dans lesquelles ils devront travailler de retour au pays.

Les prisons du Kosovo, «vieilles et étroites» sont actuellement dirigées par des fonctionnaires internationaux. Et cela risque de durer encore deux ou trois ans, le temps nécessaire aux nouveaux responsables pour mettre en pratique ce qu'ils voient ou ont vu. Ce n'est pas du jour au lendemain, en effet, que l'on change de régime carcéral.

«Jadis, ces gens-là ont travaillé dans les prisons avant d'en être chassés par les dirigeants yougoslaves, explique Hans-Jürg Bühlmann. A l'époque, ils ont connu des méthodes d'un autre genre. Aujourd'hui, ils découvrent que l'on peut parler normalement avec des détenus.»

Le programme de formation qu'il organise ne porte pas que des problèmes de comportement et de communication, mais aussi sur tout ce qui concerne la direction et l'administration d'un pénitencier: «la seule règle qu'ils connaissaient, c'était obéir et demander, ils apprennent aujourd'hui à prendre eux-mêmes des décisions et à déléguer des compétences,».

C'est Bernard Kouchner, alors qu'il était encore administrateur de l'ONU au Kosovo, qui avait proposé à la Suisse de s'impliquer dans la restauration du système judiciaire de la province, ce que la Direction du développement et de la coopération fait depuis juillet de l'an dernier.

Pour la DDC, une structure pénitentiaire qui marche bien et un régime carcéral moderne font évidemment partie des conditions nécessaires à un rétablissement durable de l'ordre public au Kosovo. L'état de droit et de la démocratie les réclament.

D'ailleurs, l'un des articles de l'accord conclu à Rambouillet en 1999 en vue du rétablissement de la paix et de l'autonomie au Kosovo portait sur l'établissement de maisons d'arrêt et de prisons fonctionnant conformément aux normes internationales.

La contribution de la DDC - en plus de la formation de cadres locaux moyens et supérieurs de l'administration pénitentiaire qui se poursuivra l'an prochain avec une soixantaine d'autres cadres - vise aussi à la remise en état de l'hôpital et du centre de visites de la prison de Dubrava. L'ensemble du projet devrait coûter un peu moins de un million de francs suisses.

Bernard Weissbrodt


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