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Des sans-papiers investissent l'église St Paul de Fribourg

Cycliquement, les sans-papiers tentent de se faire entendre, comme ici à Berne en 1998.

(Keystone Archive)

Une centaine de sans-papiers ôccupent depuis lundi après-midi l'église Saint-Paul de Fribourg. Par cet «acte de résistance», ils entendent obtenir la régularisation collective de leurs pairs ainsi qu'une libre circulation totale des personnes.

L'occupation d'une centaine de personnes, dont de nombreux enfants, se passe dans la bonne humeur au son de la musique et sous un soleil radieux. Le collectif a pu pénétrer dans l'église Saint-Paul sans difficultés, celle-ci étant ouverte en permanence.

Selon le président de paroisse, Etienne Gruber, les gonds d'accès à des salles attenantes ont été forcés, sans doute pour accéder à certaines toilettes. M. Gruber a fait ouvrir les portes de toutes les toilettes. Les locaux du sous-sol leur ont également été ouverts, afin que les sans-papiers puissent y installer leurs quartiers pour la nuit.

Le préfet de la Sarine, Nicolas Deiss, est arrivé sur les lieux vers 17h00 et a entrepris une visite avec la police et le président de paroisse. De leur côté, plusieurs députés de gauche et des syndicalistes sont venus apporter leur soutien aux sans-papiers. Ceux-ci ont distribué un manifeste dans lequel ils demandent une régularisation collective de leurs pairs en Suisse et des conditions de travail décentes pour tous.

L'abbé Cornélius Koch, pionnier de ce type de combat en Suisse, s'est montré confiant. Selon lui, c'est la dixième occupation d'église en Suisse. «Il n'y a jamais eu de problèmes avec les autorités, un arrangement a toujours été trouvé».

Il est normal, a-t-il expliqué, que le collectif n'ait pas demandé de permission au curé avant d'occuper l'église. «Lorsqu'on se noie, on ne demande pas au propriétaire de la barque de monter, on y monte.»

Parmi la centaine de personnes qui ont entamé le mouvement, seule une vingtaine entend occuper durablement le site. Pas moins de dix nationalités sont représentées au sein de ce noyau dur; qui compte aussi bien des travailleurs saisonniers en situation irrégulière, des travailleurs immigrés clandestins que des personnes à qui l'asile a été refusé.

swissinfo avec les agences

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