Des Suisses marquent un point dans la lutte contre la malaria

Le paludisme tue chaque année plus d’un million de personnes. swissinfo.ch

Des scientifiques de Suisse, d'Australie et de Papouasie Nouvelle-Guinée sont parvenus à élaborer un vaccin contre la malaria. Les premiers tests semblent positifs. De quoi redonner espoir aux 300 millions de personnes qui souffrent chaque année de cette maladie tropicale.

Ce contenu a été publié le 19 juillet 2001 - 11:56

L'Institut tropical suisse de Bâle a participé aux tests du vaccin, développé en Australie. Après des essais concluants sur des adultes, quelque 120 enfants d'une région reculée de Papouasie Nouvelle-Guinée ont été sélectionnés pour ce test.

Réponse immunitaire

«Ces enfants ont été suivis durant deux mois environ, afin de surveiller la présence de parasites dans leur sang», explique le Dr Blaise Genton, spécialiste de la médecine tropicale, qui travaille à Bâle et à Lausanne.

Résultat? «Nous avons pu observer que ce vaccin est sans danger, et qu'il réduit de 62% la densité du parasite dans le sang des enfants vaccinés, en comparaison avec ceux qui ont reçu un placebo, se réjouit ce docteur. C'est le meilleur résultat obtenu, jusqu'à aujourd'hui, dans un test de vaccin contre la malaria».

Ce vaccin regroupe trois protéines ou antigènes différents, qui déclenchent une réponse immunitaire. Le test effectué en Papouasie Nouvelle-Guinée a démontré, pour la première fois, un effet spécifique sur une souche du parasite.

Selon Blaise Genton, des vaccins basés sur une variété de protéines devraient donc être développés pour détruire toutes les souches de la malaria.

Des enfants de moins de cinq ans

La malaria tue chaque année plus d'un million de personnes, et menace environ 40% de la population mondiale, en particulier dans les pays en voie de développement. La plupart des décès touchent des enfants de moins de cinq ans.

Pour l'instant, on ne sait pas comment vont réagir les tous petits enfants à ce vaccin. Leurs défenses immunitaires sont en effet plus faibles, et la malaria les touche donc plus facilement.

«Pour l'instant, nous tâtonnons un peu», avance le Dr Genton. Nous savons, dit-il, que «l'être humain développe progressivement une certaine immunité contre la malaria. Les personnes plus âgées sont moins facilement malades et, dans cette catégorie de la population, le taux de mortalité est plus faible».

«Quelque chose se produit donc dans le système immunitaire, mais nous ne savons pas exactement quoi, précise le Dr Genton.

Infection parasitaire

Les scientifiques concentrent désormais leurs efforts sur la création d'un vaccin qui limiterait la capacité du parasite de la malaria à infecter un grand nombre de cellules rouges. L'infection ne serait pas empêchée, mais son impact limité. Et le taux de mortalité également.

Les vaccins préviennent de nombreuses infections virales et bactériennes. Mais il s'agit désormais de développer un produit efficace contre un parasite multicellulaire, comme celui à la base de la malaria.

«Un vaccin contre la malaria n'aura pas un taux de succès de 95-99%, comme celui contre la rougeole, parce que les parasites sont différents des virus, prévient Blaise Genton. Le parasite va essayer d'échapper aux réponses immunitaires de son hôte».

Le développement d'un vaccin contre la malaria sera donc beaucoup plus compliqué et n'aura jamais les mêmes résultats qu'un vaccin viral.

Mais, à l'image de Blaise Genton, les scientifiques ne baissent pas les bras: «si vous avez un vaccin qui réduit de moitié les cas de malaria, et qui réduit le nombre de décès dus à la maladie, c'est déjà un résultat important».

Vincent Landon

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