Des Suisses revisitent l'anthropologie

Le crâne découvert sur le site archéologique de Dmanisi, à 80 km de Tbilissi, capitale de la Géorgie. Institut d'anthropologie de Zurich

Des chercheurs suisses apportent une lumière nouvelle sur les premiers Européens. Selon leurs études, ils n'avaient pas un cerveau très développé.

Ce contenu a été publié le 05 juillet 2002 - 18:34

La découverte faite à l'Institut d'anthropologie de l'Université de Zurich réécrit l'histoire de nos lointains ancêtres.

Selon des thèses communément admises jusqu'ici, c'est grâce à leur intelligence que les premiers hommes ont réussi à quitter leur berceau africain pour s'installer en Europe et en Asie.

Mais la découverte de Christoph Zollikoffer et de Marcia Ponce de León, publiée dans la dernière édition de la revue «Science», vient bousculer cette thèse.

Pour les deux chercheurs, c'est par hasard et non pas grâce à leur intelligence que les premiers hommes ont survécu hors du Continent africain.

Tout est dans le crâne

Nos ancêtres sont sortis d'Afrique pour la première fois il y a environ 1 800 000 ans. Ils se sont dirigés vers l'Europe et vers l'Asie à la recherche de nouveaux territoires.

Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que ces migrants étaient des Homos Erectus (hommes dressés) munis d'un cerveau de grande dimension capable d'assurer leur survie.

Mais les deux chercheurs zurichois, spécialisés dans la reconstitution de squelettes par ordinateur, changent cette vision grâce à l'analyse d'un crâne découvert sur le site archéologique de Dmanisi à 80 kilomètres de Tbilisi, la capitale de la Géorgie (ex-URSS).

Il en ressort que ce crâne n'avait un volume cérébral que de 600 m³, soit beaucoup moins que celui de l'Homo Erectus (800 m³ en moyenne). Cette découverte signifie que les premiers Européens n'étaient pas aussi évolués qu'on le pensait jusqu'à présent. Il s'agissait en fait d'Homos Habilis (hommes habiles), les ancêtres de l'Homo Erectus.

Les deux chercheurs en concluent donc que les premiers habitants de l'Europe avaient une intelligence très limités. Ce qui ne les a pas empêchés de survivre...

swissinfo/Vincent Lindon

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