Des temps difficiles pour les CFF

Le trafic marchandises des CFF a subi un net recul. Keystone Archive

L'ex-régie fédérale devra faire des provisions de 2 milliards de francs sur quatorze ans pour assainir la caisse de pensions.

Ce contenu a été publié le 29 avril 2003 - 17:12

Après 12 millions de francs de pertes en 2002, les Chemins de fer fédéraux (CFF) abordent des temps difficiles.

La caisse de pensions n'a pas fini de causer des soucis aux CFF. Pour pouvoir la maintenir à flot, l'entreprise va devoir faire des provisions annuelles de 145 millions. Et cela durant quatorze ans.

Et encore, avertit le patron des CFF, cela risque de ne pas suffire pour combler un déficit estimé à 2,677 milliards de francs.

«Si nous ne réussissons pas à réaliser un rendement minimal de 4,6%, précise Benedikt Weibel, cette contribution devra augmenter.»

Appel à la Confédération

Benedikt Weibel attribue la déconfiture de la caisse de pensions des CFF à l'effondrement des marchés et à la faiblesse du dollar.

Mais il évoque également la structure d'âge défavorable des assurés, en raison des suppressions d'emplois et des retraites anticipées (plus de la moitié des 59 000 membres perçoivent déjà une rente).

La décision de contribution d'assainissement paritaire par les employés et par l'employeur, à raison de 1,5% chacun, engendre déjà des coûts supplémentaires annuels de 23 millions de francs pour l'entreprise.

Le patron des CFF estime que cette mesure plus les provisions prévues doivent être complétées par un coup de pouce de la Confédération.

«La caisse de pensions ne pourra être assainie par les seuls actifs, affirme Benedikt Weibel L'assainissement envisagé requiert une solution spéciale pour les bénéficiaires de rentes qui sont partis à la retraite avant 2001.»

Et de préciser que ces derniers sont d'ex-fonctionnaires fédéraux. Et qu'ils doivent donc être considérés comme des retraités de la Confédération.

Pour le patron des CFF, il faut que l'Etat prenne en charge les deux tiers du déficit de la caisse de pensions, soit quelque 2 milliards de francs.

Halte aux bonus des cadres

C'est donc surtout à cause de provisions de 183 millions de francs consenties pour les caisses de pensions que les CFF ont donc bouclé leurs comptes 2002 par une perte de 12 millions de francs.

A titre de comparaison, en 2001, ils avaient enregistré un bénéfice de plus de 314 millions de francs.

Cela dit, dans les activités courantes, l'exercice 2002 de l'ex-régie a été contrasté.

Le trafic marchandises a subi un net recul avec 96,1 millions de francs de pertes. Le trafic voyageurs a connu une année record avec 113,7 millions de francs de bénéfice.

Dans ce contexte plutôt morose, le Syndicat du personnel des transports (SEV) demande aux dirigeants des CFF de renoncer aux bonus.

Le syndicat juge «absolument indécent et parfaitement inacceptable» d'octroyer des gratifications substantielles aux cadres supérieurs alors que l'entreprise se débat dans les chiffres rouges.

swissinfo et les agences

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