Deutsche Telekom s'en va sur la pointe des pieds

Deutsche Telekom prépare son déménagement. Keystone Archive

Après une entrée en force en 2001 sur le marché helvétique, l'opérateur allemand réduit la voilure et vend sa filiale T-Systems Multilink.

Ce contenu a été publié le 04 juillet 2003 - 18:07

Une trentaine de licenciements sont prévus et 50 emplois disparaissent à Genève au profit de Berne.

L'aventure helvétique de Deutsche Telekom serait-elle en train de tourner court?

En avril 2001, le géant allemand annonçait en fanfare avoir choisi la Suisse comme point de départ de sa nouvelle stratégie qui misait sur le développement de la convergence entre la technologie de l'information et les télécommunications.

«Nous visons les filiales en Suisse des grands groupes allemands ou, inversement, les entreprises helvétiques activent en Allemagne», expliquait alors Peter Schöpfer, responsable de T-Systems Multilink (TSM), filiale suisse de Deutsche Telekom. Il estimait à 300 le nombre de clients potentiels.

Des licenciements prévus

Deux ans plus tard, le géant allemand semble se retirer sur la pointe des pieds. TSM a été vendue début juin à la société saint-galloise B.Com Holding.

TSM emploie quelque 150 personnes en Suisse et est active dans les services de télécommunications destinés aux entreprises, avec un réseau fixe national et international.

Seules les activités internationales seront conservées et intégrées dans T-Systems Suisse. Les 110 employés du secteur national de TSM sont transférés chez B.Com qui prévoit une trentaine de licenciements.

Le coup de massue

A Genève, c'est le coup de massue car B.Com va regrouper l'essentiel des employés à Zurich et Berne. Le siège genevois de TSM va donc perdre une cinquantaine de places de travail.

Les collaborateurs basés dans la cité de Calvin ont été informés vendredi après-midi. Quelques postes de ventes seront créés à Nyon, mais la majorité des 50 employés du bout du lac se verront proposer un nouveau contrat pour Berne.

En cas de refus, ce sera le licenciement. Une issue qui risque de concerner la plupart des salariés romands, peu enchantés par ce transfert forcé dans la capitale. Chez B.Com, on n'a pas souhaité commenter cette réorganisation.

Perte de 2,2 millions par mois

Bien qu'elle ait réussi à convaincre plusieurs gros clients comme le Cern, l'hôpital de la Tour ou Polo Ralph Lauren, TSM était toujours dans les chiffres rouges. Selon nos informations, elle prévoyait une perte de 27 millions pour cette année.

Une situation qui ne semble pas inquiéter B.Com. Cette petite société alémanique, qui avant ce rachat employait une trentaine de personnes, vise la même niche de marché et compte être profitable en 2005. C'est un peu la grenouille qui avale le bœuf.

On peut néanmoins se demander comment la méconnue B.Com réussira là où Deutsche Telekom s'est cassé les dents.

swissinfo, Luigino Canal

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