Dialogue «cool» entre des jeunes et leur ministre

Photo-souvenir pour une quinzaine de jeunes venus d'ailleurs.

Venus d'Espagne, d'Argentine, de Hongrie, du Brésil, d'Allemagne ou de France, une quinzaine de jeunes ont participé samedi au Congrès des Suisses de l'étranger... et dialogué «entre quatre zieux» avec Moritz Leuenberger.

Ce contenu a été publié le 25 août 2008 - 15:25

A l'issue des «officialités» du Congrès de Fribourg, le ministre de l'énergie, des transports, de l'environnement et des communications s'est rendu au pas de charge dans une petite salle du Forum, où l'attendaient sagement Stéphanie, Julien, Andrea, Kelvin et les autres.

Cette quinzaine de jeunes Suisses d'ailleurs avait passé la semaine à suivre un séminaire sur le système politique suisse et les relations avec l'Union européenne (UE).

Après que chacun se fut présenté en indiquant sa provenance, Moritz Leuenberger s'exclame avec son humour habituel: «En vous entendant, je suis un peu jaloux. J'ai grandi à Bienne, travaillé à Zurich et maintenant à Berne. Si je dois me déplacer pour mon travail, il m'arrive éventuellement d'aller jusqu'au Liechtenstein!»

Avis partagés sur les relations Suisse-UE

Auparavant, en attendant leur important visiteur, ces jeunes se sont un peu racontés. Comment vivent-ils sous le régime des accords bilatéraux?

Julien, 18 ans, a grandi en France voisine de Genève et est binational. «Géographiquement, la Suisse est au centre de l'Europe et, politiquement, elle devra bien l'intégrer un jour. Mais quand, c'est la grande question.»

Cet étudiant en droit exerce ses droits civiques dans ses deux pays: «J'ai déjà voté en Suisse, mais pas encore en France, car je viens seulement d'arriver à ma majorité, et la démocratie directe n'existe pas trop en France, on y vote moins souvent.»

Paolo, lui, se félicite d'avoir pu s'inscrire facilement à l'Université de Bologne (Italie) grâce à son passeport à croix blanche. «Les autres Argentins n'ont même pas encore reçu de réponse», raconte-t-il.

Ce n'est pas le cas d'Andrea, binationale américano-suisse dont la famille est installée en Allemagne et qui étudie en Angleterre. «Je me suis inscrite l'année dernière mais les études en Angleterre sont trois fois plus chères pour les non-Européens et j'ai dû faire plein de démarches supplémentaires. Heureusement, la Suisse et la Grande-Bretagne ont signé un accord entretemps et c'est plus facile.»

Mais, dans son français impeccable, Andrea constate qu'elle se sent aussi discriminée en Allemagne, où «il y a beaucoup plus d'administration pour les Suisses que pour les Allemands, malgré les accords bilatéraux».

La jeune femme regrette surtout de ne pas pouvoir participer aux élections locales de son pays de résidence, comme les autres ressortissants de l'UE. Mais elle trouve que la Suisse «exemplaire» devrait faire partie de l'UE «comme modèle d'échange entre différentes cultures, langues et religions».

Motivations diverses

Dans le groupe, impossible de ne pas remarquer ce jeune homme à queue de cheval et portant l'uniforme de l'armée suisse. Kelvin Aeby a quitté son Brésil natal pour servir volontairement la Suisse. «A la fin de mes études d'informatique, j'ai eu envie de faire des expériences et de voir mon deuxième pays. Et puis l'armée m'a toujours attiré.»

Et après l'école de recrue? «J'aimerais bien travailler quelque temps en Suisse pour acquérir de l'expérience puis, pourquoi pas, travailler pour une entreprise suisse présente au Brésil et retrouver ma famille.»

Stéphanie, 24 ans, franco-suisse, fait des études de droit en France. «C'est la 2e année que je viens au séminaire de l'OSE et, cette année, le sujet m'intéressait particulièrement. En plus, c'est très sympa de rencontrer des jeunes d'autres cultures tout en sachant qu'on est tous suisses!»

Stéphanie voterait bien en Suisse, «mais ne connais pas les modalités».

Un ministre à l'aise

Arrive Moritz Leuenberger, qui se donne beaucoup de peine pour mettre son monde à l'aise.

Quand la Suisse entrera-t-elle dans l'UE? «La question se posera certainement bientôt, mais le chemin est encore très, très long», répond le ministre socialiste.

«Mon parti est favorable à une adhésion. Personnellement, en tant que ministre des Transports, je regrette que nous ne soyons pas membres. Nos transports public sont très admirés à l'étranger, et je regrette de n'y avoir aucune influence.»

Qu'en est-il de l'intégration des étrangers? Après une pause de réflexion, Moritz Leuenberger répond: «C'est un sujet très controversé, qui ne dépend pas directement de mon ministère. Les communes et les écoles sont confrontées au problème en première ligne, et il y a de très bonnes initiatives.»

Evoquant les accidents mortels provoqués par de jeunes chauffards en majorité étrangers, le ministre ajoute que la «volonté d'intégration n'est pas la même pour tous» et qu'en matière d'intégration aussi, «il faut fixer des limites».

Après avoir répondu à d'autres questions sur la politique nucléaire suisse, le boycott ou non des Jeux olympiques de Pékin, après avoir confié qu'il avait rêvé de devenir pasteur dans un village de montagne, Moritz Leuenberger s'est prêté au jeu de la photo de famille, avant de s'engouffrer dans sa limousine noire.

swissinfo, Andreas Keiser et Isabelle Eichenberger à Fribourg

L'OSE et les jeunes

Le Service des jeunes de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE) veut donner la possibilité aux jeunes ressortissants suisses vivant à l'étranger de mieux connaître leur patrie en offrant des camps de vacances et de formation.

Cette année, 15 jeunes ont participé au séminaire d'été de l'OSE, organisé du 17 au 24 août à Berne et Fribourg sur le thème de la Suisse et l'Europe.

Ils ont reçu des informations sur les possibilités d'études en Suisse et ont visité l'Université de Berne.

Ils ont rencontré des représentants des syndicats et du patronat ainsi que des partisans et des adversaires de l'adhésion de la Suisse à l'UE, et échangé leurs expériences en matière de libre circulation des personnes.

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