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Dialogue entre Mapplethorpe et Michel-Ange

Oeuvre d'un Robert Mapplethorpe habité par la recherche constante de la perfection.

(Robert Mapplethorpe Foundation)

Après Florence, Lugano accueille l’œuvre du photographe américain Robert Mapplethorpe. L’exposition «La perfection dans la forme» propose un dialogue inédit entre des artistes de la Renaissance, dont Michel-Ange, et des photographies de Mapplethorpe.

Célèbre pour ses photos de nus, dont certaines ont fait scandale dans les années 80 à l’image de ces sexes en érection, Robert Mapplethorpe était avant tout un artiste habité par la recherche constante de la perfection.

Passionné par l’art de la Renaissance, il se disait «obsédé par l’œuvre de Michel-Ange». Presque 21 ans après sa disparition, le photographe new-yorkais est réuni avec son idéal artistique. Et brille.

«Peu lui importait si le sujet était un visage, un corps ou une fleur. Ce qui l’intéressait avant tout, c’était de créer une forme de perfection construite et donc artificielle et purement artistique», explique l’historien de l’art américain, Jonathan Nelson. L’homme à l’origine de l’exposition «La perfection dans la forme» et auteur de plusieurs textes édités dans le catalogue de l’exposition de Lugano.

C’est grâce à ce dernier ainsi qu’à la muse et amie du photographe, la chanteuse de rock Patti Smith, qu’a germé l’idée de juxtaposer les œuvres de Robert Mapplethorpe avec des sculptures et des tableaux de la Renaissance, dont plusieurs œuvres signées Michel-Ange, Pontormo et Giambologna.

Photographe-sculpteur

De son vivant, l’artiste américain répétait volontiers: «Si j’étais né quelques siècles plus tôt, j’aurais été sculpteur. La photographie et la technique m’ont simplement permis de parvenir au même résultat, mais plus rapidement».

Pour Franca Faletti, directrice du prestigieux musée de la Galleria dell’Academia à Florence et coauteur de l’exposition, il faut impérativement faire dialoguer davantage les périodes: «L’art contemporain porte en lui l’empreinte génétique de l’art antique, et les travaux de ces deux époques éloignées dans le temps devraient être plus souvent réunis. Le cloisonnement nuit à l’art contemporain».

L’experte rappelle l’énorme succès remporté lors du premier volet de l’exposition à Florence (mai 2009 à janvier 2010), dans l’institution qu’elle dirige. Une exposition qui fait maintenant escale en Suisse, à la Villa Malpensata - le Musée d’Art moderne de Lugano.

Le défi luganais

«En arrivant ici, et après avoir vu l’arrangement artistique époustouflant mis en œuvre à la Galleria dell’Academia, où les travaux de Robert Mapplethorpe trônaient aux côtés d’un David de Michel-Ange par exemple, j’étais totalement dépité. Franchement, jamais je n’aurais cru que les petites salles de ce musée tessinois pourraient accueillir un tel événement!», confesse Michael Ward Stout, ancien avocat , ami et représentant de deux fondations créées à la demande de Robert Mapplethorpe avant sa mort.

Et pourtant, le dédalle de pièces aux murs noirs, sur les trois étages de la Villa Malpensata, sur les rives du lac Ceresio dans la baie de Lugano, offre un écrin intime et des coulisses idéales pour ce dialogue artistique à travers les siècles, entre Renaissance et art contemporain.

Apogée posthume

«Pour un artiste américain, être exposé aux côtés de Michel-Ange est un cap, un accomplissement énorme. Et de fait, je considère que l’exposition «La perfection dans la forme» marque l’apogée posthume de la carrière de Robert Mapplethorpe», souligne Michael Ward Stout, qui a suivi de près toutes les expositions consacrées à l’œuvre de son défunt ami.

Le juriste new-yorkais relève aussi que le catalogue consacré à l’exposition de Lugano, est «le meilleur, le plus complet et le plus bel ouvrage consacré à l’artiste américain depuis sa mort».

Nicole della Pietra, Lugano, swissinfo.ch,

ROBERT MAPPLETHORPE

Naissance. Robert Mapplethorpe est né le 4 novembre 1946, à Floral Park, dans l’Etat de New York.

Débuts. Après sa avoir décroché sa licence à l’école des beaux-arts de Brooklyn (Pratt Institute) à New York, il se lance dans la photographie et commence à collaborer avec plusieurs médias new-yorkais.

Pop/rock. Dans les années 1970, il se procure un appareil de presse grand format et commence à photographier ses amis et connaissances, dont le peintre Andy Warhol et la chanteuses rock Patti Smith.

Formes. Dès les années 1980, l’artiste se concentre sur des nus statuaires, féminins et masculins, des natures mortes florales, et Lisa Lyon, la première femme culturiste des Etats-Unis.

Bruits. Ses clichés de membres de la scène homosexuelle new-yorkaise underground font scandale et le rendent célèbre dans le monde entier.

Mort. Robert Mapplethorpe est décédé le 9 mars 1989 de complications liées à la maladie du Sida.

Suites. Depuis sa disparition, deux fondations, créées à sa demande peu avant son décès, financent des projets de recherche médicale sur le virus HIV et la promotion de la photographie d’art.

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«LA PERFECTION DANS LA FORME»

Après avoir été inaugurée à Florence, à la célèbre Galleria dell’Academia – où est notamment conservée la statue de David de Michel-Ange, l’exposition vient d’être inaugurée en Suisse, à Lugano.

Véritable exposition-événement, «La perfection dans la forme» est l’une des premières expositions consacrées à la photographie artistique par le Musée d’art moderne de Lugano.

Près de 90 clichés du photographe américain côtoient des œuvres de grand maîtres de la Renaissance, dont Michel-Ange, Pontormo et Giambologna.

L’exposition est à voir à la Villa Malpensata, le Musée d’Art moderne de Lugano, jusqu’au 13 juin prochain.

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