Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses du monde,
Il ne fait pas bon être un prisonnier, surtout pendant la crise du coronavirus. En Suisse, les détenus sont privés de visites et de sorties. Un spécialiste recommande la mise en place de compensations pour éviter des soulèvements.
Pour le reste du programme: l’horlogerie helvétique en mauvaise posture, le soft power chinois s’invite dans le canton de Vaud et des cloches spéciales sur la tête des malades du Covid-19.
Bonne lecture,
Pas de visite, de sport ou de cours pour les prisonniers au temps du coronavirus. Si la France a décidé de libérer les prisonniers en fin de peine pour limiter la propagation du Covid-19, la Suisse exclut d’en faire de même.
«Le potentiel d’agression et donc le risque de rébellion a augmenté», souligne Franz Walter, directeur des établissements pénitentiaires du canton de Fribourg. Début avril, 43 détenus de la prison genevoise de Champ-Dollon ont d’ailleurs refusé de retourner dans leur cellule. Un soulèvement qui a nécessité l’intervention de la police.
«Les libertés d’un prisonnier sont déjà limitées en soi et toute restriction doit donc être contrebalancée par des mesures compensatoires», estime David Mülemann de l’association humanrights.ch. Il recommande notamment l’utilisation des appels vidéo.
- Lire l’article de mon collègue Luigi Jorio sur la situation dans les prisons suisses
- Visite en images à la prison de Thorberg en 2013, à voir ici
- La crise du coronavirus précipite les prostituées dans la précarité, relire mon article
Le coronavirus nuit également gravement à la santé… de l’horlogerie suisse. À Hongkong, le marché numéro un sur le plan mondial des marques helvétiques, une trentaine de boutiques de montres suisses ont fermé. Les exportations de garde-temps suisses vers la cité portuaire ont chuté de 42% en février.
En Chine continentale, les exportations horlogères suisses ont chuté de 51%. «En période d’épidémie, les gens sont avant tout préoccupés par leur santé. Ils ne sont pas d’humeur à acheter une montre de luxe», note David Chang, un spécialiste en horlogerie de plateforme Watchina.
Si les ventes ont commencé à reprendre en Chine, la crise devrait encore durer jusqu’en juin voire septembre à Hongkong. Luca Solca, un analyste chez Bernstein spécialiste du luxe, rappelle que les Chinois achètent près de 50% de leurs biens de luxe en dehors du pays. «Pour retrouver les niveaux d’avant la crise, il faudrait un doublement des ventes sur sol chinois», précise ce dernier. Les horlogers suisses n’en sortiront probablement pas indemnes…
- Lire l’articleLien externe du journal Le Temps sur le sujet
- Le coronavirus, une occasion de se réinventer pour l’horlogerie? Lire l’articleLien externe du magazine Bilan
- Les conséquences de la pandémie sur l’économie suisse avec l’article de mon collègue Olivier Pauchard
On reste en Chine avec une question qui brûle les lèvres de beaucoup: la Chine instrumentalise-t-elle la pandémie de Covid-19? La question se pose à l’heure où la Suisse, comme les autres pays d’Europe, se tourne vers Pékin pour se fournir en matériel de protection sanitaire.
Un épisode qui a eu lieu dans le canton de Vaud suggère que la Chine tente bel et bien accroître son influence. Après un courrier de l’ambassade de Chine, le gouvernement cantonal a demandé à dix communes de renoncer à hisser le drapeau du Tibet le 10 mars, comme elles avaient coutume de le faire en mémoire du soulèvement national de 1959 contre l’occupation chinoise.
«De telles interventions de la part de la Chine ont lieu tout le temps et dans toute l’Europe», commente Ralph Weber, professeur à l’institut européen de l’Université de Bâle. La plupart constituent de «petits scandales», inconnus du grand public. «En les rassemblant, on observe certains schémas.»
- Lire l’article de ma collègue Kathrin Amman
- (Re)lire l’article de swissinfo.ch: La Suisse a-t-elle la bonne attitude envers la Chine?
- La Suisse s’approvisionne en matériel de protection en Chine, l’article de la RTSLien externe
Le coronavirus, c’est aussi ces drôles de cloches transparentes qui sont entrées dans l’imaginaire collectif, installées sur la tête des patients dans les hôpitaux italiens. La correspondante de la plateforme d’information suisse Heidi.news connaît bien ces appareils qui permettent aux patients de mieux respirer sous ventilation assistée.
«Je sais que l’engin pèse lourd, si lourd qu’on ne le supporte vraiment qu’une fois inconscient, ou après avoir reçu plusieurs milligrammes de valium et de morphine», la journaliste Gea Scancarello décrit son expérience. Elle a porté l’un de ces casques médicaux il y a un an, après un grave accident de voiture.
«Je sais aussi qu’on a, paradoxalement, encore plus peur de ne pas pouvoir respirer, parce que la bulle enserre le cou et qu’on ne peut pas l’enlever», raconte-t-elle encore. De cette expérience, comme lorsqu’elle a attrapé le Covid-19, elle garde une profonde reconnaissance: «avant, je ne savais pas à quel point j’aimais ma vie, à quel point j’avais de la chance.»
- Lire le témoignage complet sur Heidi.news Lien externe
- Les derniers développements concernant la pandémie sur swissinfo.ch
- Notre dossier spécial coronavirus
Le confinement peut s’avérer encore plus difficile à vivre pour les expatriés, qui n’ont peut-être pas encore eu le temps de tisser un réseau social dans leur pays d’adoption. Plusieurs Suisses de l’étranger nous ont livré leur témoignage.
La crise du coronavirus a poussé Malou Follonier à remettre en question sa vie en Espagne. Lorsque cela sera possible, cette Suisse établie dans un petit village près d’Alicante compte rentrer au pays. «Je me sens bien seule, mais il faut s’y faire. C’est pour tout le monde la même chose», confie-t-elle.
«Les liens locaux ont perduré et de nombreux liens avec la Suisse se sont renforcés», écrit un autre de nos utilisateurs en Espagne. Beaucoup de Suisses de l’étranger profitent de ce moment en marge de leur quotidien habituel pour prendre du temps pour eux et le vivent plutôt bien.
- Lisez d’autres témoignages de Suisses de l’étranger en découvrant l’article de ma collègue Émilie Ridard
- Des Suisses de l’étranger critiquent la gestion de la pandémie, relire un autre article d’Émilie Ridard
- Vous être toujours plus de Suisses à vivre à l’étranger: les derniers chiffres
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