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Aujourd’hui en Suisse

Chères lectrices, chers abonnés,

A l’exception de l’UDC, les partis sont satisfaits par le plan de déconfinement présenté jeudi par le gouvernement, même si beaucoup de questions demeurent sur les mesures annoncées et sur l’avenir de l’activité économique.

Blindée d’assurances en tous genres et de fortes convictions sur la robustesse de la Suisse, notre société redécouvre l’imprévisible et la manière d’y faire face. Ce que fait plutôt bien le Conseil fédéral, jusqu’à maintenant.

Bonne lecture,

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Keystone / Laurent Gillieron

Vingt ans après le «grounding» de Swissair, la Suisse risque-t-elle de perdre à nouveau sa principale compagnie aérienne? C’est la question à laquelle tente de répondre mon confrère Armando Mombelli.

Nombre de Suisses restent marqués par ce jour du 2 octobre 2001, moins d’un mois après les attentats de New York, où les avions de Swissair sont définitivement cloués au sol. C’est le «grounding» de la compagnie nationale, un choc national immortalisé par un film au titre éponyme.

La mise à l’arrêt du trafic aérien suite à la diffusion mondiale du virus SRAS-CoV-2 menace aujourd’hui l’avenir de SWISS, la nouvelle compagnie aux couleurs nationales. Sa situation financière est devenue précaire en quelques semaines avec des pertes de l’ordre de 4 à 5 millions de francs par jour. Sauf qu’aujourd’hui, SWISS appartient au groupe allemand Lufthansa, réduisant la marge de manœuvre du gouvernement suisse dans son plan de sauvetage de l’économie du pays.

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Des places d’injection supplémentaires ont été installées dans des conteneurs à Berne, afin d’accueillir davantage de personnes dépendantes aux drogues dures tout en maintenant les distances sociales. © CONTACT

Parmi les personnes les plus précarisées, les toxicomanes se retrouvent encore plus isolés par la pandémie de Covid-19 et la pénurie de drogues illégales met leur santé en péril. Médecins et associations se mobilisent, raconte ma consœur Marie Vuilleumier.

À ceux qui seraient tentés de hausser les épaules, rappelons que la prise compulsive de drogues n’est pas un choix, mais une maladie précipitant souvent les personnes dépendantes dans l’abime.

Marie Vuilleumier raconte comment les structures d’accueil et de soins mises en place depuis les années 90 tentent d’éviter le pire. «L’un de nos buts principaux est d’éviter le retour d’une scène ouverte de la drogue comme nous l’avons connue dans les années 90. C’est pour cela que nous avons travaillé dur afin d’augmenter les places de consommation surveillée», précise Rahel Gall, directrice de la fondation CONTACT qui propose de nombreux services aux personnes dépendantes dans le canton de Berne.

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Archives fédérales suisses

Faire des réserves pour les situations de crise, c’est, en Suisse, un devoir civique, explique sur swissinfo.ch l’historien David Eugster, pour autant qu’elles soient constituées dans le calme et bien avant l’arrivée de la tempête.

Mais voilà, que ce soit après l’éclatement de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, les Suisses ont pris d’assaut les étals des magasins. Tout comme cette année, après que le Conseil fédéral a décrété le 16 mars l’état de «situation extraordinaire» prévu par la loi sur les épidémies.

En 1988, en plein dégel de la Guerre froide, le Conseil fédéral lance encore une fois un appel via le journal télévisé pour la constitution de provisions. Le principe est toujours en vigueur. Mais aujourd’hui, même le Conseil fédéral se retrouve pris en défaut de n’avoir pas constitué des stocks de masques et de matériel médical en cas d’épidémie. Des mesures pourtant intégrées dans les simulations de crises épidémiques régulièrement menées par les pouvoirs publics.

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SWI-Frédéric Burnand

Alors que le gouvernement suisse a présenté jeudi son plan d’assouplissement en trois étapes des mesures de lutte contre le coronavirus, les autorités sanitaires avertissent: la Suisse n’est pas encore sortie d’affaire. Il est donc trop tôt pour baisser la garde.

La plupart des partis politique saluent les mesures de déconfinement progressif du Conseil fédéral, mis à part l’UDC qui se dit «consterné» par la stratégie du gouvernement. «Au lieu de renforcer le dispositif de tests, de se procurer suffisamment de masques de protection et de poursuivre la traçabilité des infections grâce à des applications – permettant aux personnes en Suisse de reprendre le travail le plus rapidement possible – le gouvernement alourdit par sa mollesse les dommages causés à l’économie», tonne le parti souverainiste.

Proche des milieux de l’économie, le Parti libéral-radical (PLR) se déclare soulagé de voir «enfin une stratégie de sortie claire» qui démarrera le 27 avril prochain. Le PLR demande toutefois une stratégie à long terme pour relancer l’économie. Le parti socialiste, lui, est satisfait de voir qu’une décision a été prise pour les petits indépendants et les salariés à risque dont les revenus ont été passablement malmenés par la crise liée au coronavirus.

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