Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses d’ici et du monde,
Dans l’effervescence scientifique que suscite toute pandémie, la recherche du fameux «patient zéro» passe pour un incontournable. Et si ce n’était qu’un mythe? Le coronavirus n’a décidément pas fini de bousculer nos certitudes – y compris quand on parle de la quête du vaccin, tellement longue que le produit arrivera de toute façon trop tard. Or voilà qu’une équipe suisse annonce avoir une chance «réaliste» d’y arriver pour octobre!
Et pour changer, nous parlerons aussi liberté de la presse et cinéma – avec une comédie, mais oui.
Excellente lecture,
Le fameux «patient zéro», celui dont part une épidémie, serait-il un mythe? «Le patient zéro est rarement le bon. En cherchant, on en retrouve toujours un avant lui», explique le médecin Luc Perino, auteur d’un ouvrage sur le sujet.
Au début de l’épidémie de Sida, un soi-disant patient zéro avait été désigné à la vindicte populaire. Décédé depuis, il n’a jamais été réhabilité, alors que l’on sait aujourd’hui que la maladie était là bien avant lui.
Pourrait-on assister à ce genre de règlements de comptes avec le Covid-19? «Il n’y aura jamais de représailles pour une maladie à transmission respiratoire. On ne peut pas empêcher les gens de respirer», assure Luc Perino.
«Fermer les frontières ne sert à rien pour un virus à transmission respiratoire… sauf à construire des murs! C’est de la guéguerre géopolitique de bas niveau», affirme encore le médecin français iconoclaste.
- L’article de mon collègue Alain Meyer
- Le point actualisé de la situation du coronavirus en Suisse, par la rédaction de swissinfo avec les agences et la RTS
- Notre dossier sur la crise du coronavirus
«Nous avons une chance réaliste de réussir», déclare un chercheur suisse, dont l’équipe travaille sur un vaccin contre le Covid-19 pour octobre. Pourtant, on parle généralement de 12 à 18 mois. Pari impossible?
C’est la facilité potentielle de production en grande quantité qui explique en partie ce calendrier très optimiste, soutient le département d’immunologie de l’Université de Berne, qui qualifie son approche de pragmatique.
Contrairement à d’autres dans le monde, l’équipe suisse utilise des particules dites apparentées au virus, qui ne sont pas infectieuses. Un prototype a été mis au point en février, quelques semaines seulement après l’identification du nouveau coronavirus en Chine.
Dans cette course contre le virus, le facteur temps est essentiel, mais la sécurité et la tolérance au vaccin passent avant tout, rappelle Swissmedic, l’organe national d’approbation des produits thérapeutiques.
- L’article de ma collègue Paula Dupraz-Dobias
La liberté de la presse reste globalement bien respectée en Suisse. Le pays est en huitième position du classement de Reporters sans frontières. Mais la situation économique des médias helvétiques est préoccupante, et la crise du coronavirus n’arrange pas les choses.
Le score de la Suisse évolue peu par rapport à l’année dernière. Le pays offre toujours un cadre légal et un environnement politique et social favorables à la liberté de l’information.
Mais RSF se dit très préoccupée par la conjoncture économique du secteur, avec une concentration des titres, une diminution de la diversité de l’offre journalistique et la suppression de postes dans les rédactions.
L’organisation regrette que le gouvernement ait refusé de débloquer une aide d’urgence aux médias pour faire face à l’effondrement des recettes publicitaires en cette période de crise. RSF exhorte le parlement à agir.
Impossible de se faire une toile pour l’instant, mais cela n’empêche pas de parler d’un film. Trente ans après le scandale des fiches, on ne sait toujours pas s’il faut pleurer ou s’il faut rire de ce McCarthysme à l’helvétique. Le réalisateur Micha Lewinsky a choisi d’en rire.
Présenté à Soleure cette année, «Moskau Einfach» («Aller simple pour Moscou») a fait polémique. Pour certains, les événements qui lui servent de toile de fond sont trop tragiques pour qu’on puisse en faire une comédie.
Pourtant, rétrospectivement l’acharnement de certains policiers suisses à voir des traitres à la patrie partout a quelque chose de comique. À l’époque, porter les cheveux longs et manifester pour la paix suffisait déjà à faire de vous un suspect.
Le film s’inspire de l’histoire vraie d’un policier infiltré. Et son parcours est effectivement moins drôle que ce que l’on peut voir à l’écran.
- L’article de mon collègue Mattia Lento
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative