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Didi Chuxing rachète les opérations chinoises d'Uber

Le rapprochement entre Didi Chuxing et Uber met fin à la guerre entre deux rivaux, engagés jusqu'alors dans une bataille acharnée et toujours plus dispendieuse (archives). KEYSTONE/EPA/HOW HWEE YOUNG sda-ats
Ce contenu a été publié le 01 août 2016 - 12:07
(Keystone-ATS)

Didi Chuxing, principale application chinoise de réservation de taxis et véhicules avec chauffeur, va racheter les opérations de son rival Uber en Chine, ont annoncé lundi les deux groupes.

Le mastodonte américain des VTC a jeté l'éponge après une bataille ruineuse pour s'imposer sur ce marché colossal. En échange de ses actifs en Chine, Uber recevra des parts équivalant à 20% de la nouvelle entité fusionnée, ont expliqué les deux entreprises dans des déclarations distinctes.

La valeur totale du groupe ainsi créé s'élèvera à 35 milliards de dollars (33,9 milliards de francs) selon Bloomberg News, qui avait dévoilé le rachat plus tôt lundi.

Uber China continuera d'opérer dans le pays sous son propre nom, tandis que l'emblématique patron d'Uber Travis Kalanick rejoindra le conseil d'administration de Didi Chuxing, souligne le groupe chinois dans un communiqué.

Didi précise qu'il obtiendra "une participation minoritaire" dans Uber, sans fournir de plus amples détails. Selon l'agence financière Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, Didi injectera 1 milliard de dollars dans Uber, valorisant le groupe californien à 68 milliards de dollars.

Hémorragie de capitaux

De son côté, Travis Kalanick se félicitait longuement de l'opération sur sa page Facebook. "Dès qu'on parlait de nos efforts (pour percer) en Chine, la plupart des gens nous trouvaient naïfs ou fous, ou les deux à la fois", a-t-il rappelé, avant de se réjouir des progrès d'Uber sur le marché chinois.

Arrivé début 2014 dans le pays, Uber y est désormais présent dans une soixantaine de villes, avec plus de 40 millions de trajets enregistrés chaque semaine.

"Cependant (...) j'ai appris que le succès venait d'écouter sa tête aussi bien que son coeur. Servir durablement les villes, passagers et conducteurs chinois, n'est possible qu'avec une entreprise rentable", reconnaît M. Kalanick, qualifiant Didi de "concurrent redoutable".

De fait, cette fusion marque la fin d'une bataille acharnée et toujours plus dispendieuse entre les deux rivaux. En stoppant l'hémorragie de capitaux et ses pertes colossales en Chine, Uber peut espérer se positionner pour une cotation en Bourse.

Stratégie très coûteuse

Didi Chuxing, avec quelque 300 millions d'usagers inscrits à travers 400 villes, dominait l'an dernier 99% du marché chinois des réservations de taxi en ligne et 87% de celui des réservations de véhicules privés avec chauffeur.

Sur ce créneau, Uber s'arrogeait désormais entre 10 et 15% de parts de marché, mais à coup d'investissements colossaux, subventionnant largement les trajets des usagers. Une stratégie efficace mais extrêmement coûteuse: Travis Kalanick avait reconnu en février que son entreprise brûlait "plus d'un milliard de dollars" par an en Chine.

Cette annonce intervient par ailleurs moins d'une semaine après la légalisation fin juillet par le gouvernement chinois des applications de réservation de véhicules avec chauffeur, un "tournant" salué par les deux groupes.

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