Divorce entre Türkylmaz et l'équipe nationale?

Kubilay Turkilmaz est lassé des insultes du public. Keystone

Kubilay Türkylmaz ne souhaite pas jouer le match de Coupe du monde avec la Suisse contre la Yougoslavie, à Belgrade, le 24 mars. Mais le coach national, Enzo Trossero, fera tout pour faire changer d'avis le buteur luganais.

Ce contenu a été publié le 12 mars 2001 - 13:57

Enzo Trossero, était, dimanche, à Lugano, pour s'entretenir avec Kubilay Türkylmaz ,qui n'a pas joué face au FC Zurich, en raison de douleurs dorsales persistantes. Le sélectionneur national a entendu le refus de l'international d'être aligné à Belgrade.

«J'ai discuté avec Kubi une vingtaine de minutes, témoigne Enzo Trossero. Pour l'heure, il faut le laisser tranquille.» Effectivement, swissinfo a tenté de l'atteindre, lundi, mais sans succès.

Mais comme à son habitude, Trossero veut y croire. Son porte-parole, Pierre Benoît, confirme: «Enzo va tout faire, cette semaine, pour convaincre Kubi de venir jouer à Belgrade avec la sélection nationale suisse».

Pour comprendre l'attitude de Kubilay Türkylmaz, il faut savoir que l'attaquant luganais est lassé des insultes et vexé par les critiques dont il fait l'objet, de la part d'un certain public.

Des voix ont insinué une blessure diplomatique, lors du refus de Türkylmaz, de disputer le match amical avec la Suisse, à Chypre, contre la Pologne (0-4).

En outre, le 3 mars, à l'Espenmoos, le public st-gallois a sifflé l'attaquant luganais, à chaque fois qu'il touchait le cuir. Et surtout l'a qualifié de «Turc de merde».

Du coup, Türkylmaz devait déclarer dans le quotidien suisse alémanique, Blick, la semaine dernière: «Si je suis un sale Turc, les vrais Suisses n'ont qu'à jouer».

Et Kubilay de se défendre également dans le journal La Regione Ticino: «Je crois avoir donné quelque chose à l'équipe nationale et j'ai toujours été très fier de porter le maillot rouge à croix blanche».

Dimanche soir encore, Kubilay Türkylmaz étayait sa position devant les caméras de la Télévision suisse italienne: «J'en ai marre que l'on mette en doute ma bonne foi. Ces douleurs au dos, j'en souffre depuis longtemps». Par ailleurs, «je ne veux plus servir de bouc émissaire. Et la Fédération ne m'a jamais défendu».

Ce qui nous semble irréfutable est que l'équipe de Suisse de football peut difficilement se passer d'un joueur de la classe de Kubilay Türkylmaz. Surtout actuellement. Mais ce qui nous semble tout aussi évident est que le joueur possède un caractère difficile.

A la belle époque de l'équipe de Suisse (Mondial 94 et Euro 96), Roy Hodgson avait finalement décidé de se passer des services de Kubilay Türkylmaz. Le jugeant trop individualiste et peu enclin au travail de récupération.

Ce qui n'a pas empêché l'attaquant helvétique d'origine turque de jouer les sauveurs pour la Suisse, à plusieurs reprises, y compris sous l'ère Hodgson, en éliminatoires de Coupe du monde. Car Kubi est un des seuls footballeurs suisses à pouvoir - à lui seul - faire basculer un match en faveur de son équipe.

Mais son caractère (orgueil et susceptibilité) le dessert. C'est sans doute ce genre de défauts qu'il l'aura empêché - par deux fois (à Bologne et Brescia) - de s'imposer véritablement dans le très coté championnat d'Italie.

Sachez enfin que, selon le règlement de l'Association suisse de football (ASF), «un joueur suisse, comme Kubilay Türkylmaz, n'a pas le droit de décliner une sélection en équipe nationale, explique Pierre Benoît. Toutefois, cela n'a pas de sens de forcer un footballeur à jouer, fût-il de classe mondiale».

Emmanuel Manzi

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