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Droits humains: les ONG doutent de l'ONU

Les ONG estiment que la Tchétchénie est oubliée.

(Keystone)

La session annuelle de la Commission des droits humains qui s’ouvre lundi à Genève risque d’aboutir à un affaiblissement des droits humains.

C’est la crainte exprimée par plusieurs ONG en Suisse et dans le monde. Elles plaident pour une réforme de l’institution onusienne.

«Année après année, la Commission ferme les yeux sur de nombreux cas de violations des droits humains qui continuent donc d’être perpétrées en toute impunité.»

C’est le verdict asséné par Irène Khan, secrétaire générale d’Amnesty international, à la veille de l’ouverture de la 60e session de la Commission des droits humains qui se tient à Genève pendant six semaines.

Le Suisse Adrien-Claude Zoller est tout aussi critique envers cette institution censée promouvoir la protection des droits humains et dénoncer ceux qui les bafouent.

«Les juges et les accusés sont assis sur le même banc», souligne le président de Genève pour les droits humains, une ONG qui forme des militants et des diplomates aux us et coutumes de la Commission onusienne.

Irène Kahn cite quelques exemples: «Des pays comme l’Algérie, l’Arabie saoudite, la Chine, l’Indonésie, la Russie ou le Zimbabwe échappent ainsi à tout examen sérieux».

Une bataille diplomatique

De fait, la Commission est une arène où s’affrontent chaque année à Genève les 53 Etats qui y sont représentés. L’enjeu est l’adoption de résolutions stigmatisant les gouvernements coupables de violations des droits humains.

Or, l’Etat visé réussit souvent à rallier une majorité des membres de la Commission pour torpiller ladite résolution.

Seuls, les gouvernements isolés sur la scène internationale sont dès lors habituellement condamnés par l’instance onusienne.

Raison pour laquelle Amnesty international plaide pour une réforme de l’institution.

«Elle doit établir des critères transparents et objectifs de sélection des pays soumis à examen», détaille Irène Khan.

Adrien-Claude Zoller craint, lui, que la Commission prenne une direction exactement opposée.

Un risque de régression

«Nous pourrions assister, lors de cette session, à l’abandon pur et simple de cette procédure de condamnation», précise l’expert suisse.

Et cela n’est pas tout. Selon Adrien-Claude Zoller, l’autre menace qui pèse sur cette session concerne le renouvellement d’une quinzaine de mandats.

Ces missions – si elles passent la rampe - permettront à des experts d’enquêter sur des thèmes sensibles tels que la torture, les exécutions extra-judiciaires, l’intolérance religieuse, le droit à l’éducation ou l’extrême pauvreté.

«Les thèmes abordés par la Commission embêtent beaucoup les Etats. Car ils peuvent tous se faire épingler, au Nord comme au Sud», relève Adrien-Claude Zoller.

«Par conséquent, poursuit-il, chaque année, une majorité d’Etats cherchent à limiter le mandat des experts chargés d’enquêter sur ces sujets.»

Cela n’empêche pas les ONG de pousser la Commission à traiter de nouveaux thèmes de violations des droits humains.

L’initiative de Micheline Calmy-Rey

Cette année, la lutte contre le terrorisme et ses conséquences négatives sur les droits humains figure en tête de liste.

«Nous demandons également, aux membres de la Commission d’accorder une attention prioritaire aux femmes, aux violences qu’elles subissent et aux lois ouvertement discriminatoires à leur encontre», ajoute Irène Khan.

Pour se faire entendre, la secrétaire générale d’Amnesty international peut compter sur le soutien de Micheline Calmy-Rey.

La ministre suisse des Affaires étrangères a en effet organisé - en marge des travaux de la Commission - une rencontre avec une dizaine de ses collègues femmes.

Et cette réunion a précisément pour but d’accentuer la lutte contre les violences faites aux femmes.

Une lueur d’optimisme

La 60e session de la Commission des droits humains pourrait donc permettre une avancée sur cette question comme sur d’autres.

La section suisse d’Amnesty international espère d’ailleurs que la Suisse va s’engager sur l’ensemble des préoccupations des organisations de défense des droits humains.

«Malgré ses limites, note Adrien-Claude Zoller, cette institution a permis - en près de 60 ans d’existence – de réaliser de grands progrès en matière de droits humains.»

Avant de conclure: «Actuellement, nous sommes dans une phase de régression dans ce domaine. Mais les Etats finiront bien par se décrisper.»

swissinfo, Frédéric Burnand, Genève

En bref

- La Commission des droits humains tient ses assises à Genève du 15 mars au 23 avril.

- Elle est composée de 53 Etats élus par le Conseil économique et social des Nations Unies.

- La Suisse espère devenir membre de la Commission en 2007.

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