Echec et mat, la Suisse n'ira pas au Mondial 2002

De volée, Hakan Yakin ouvre le score. La Suisse mène alors 1 à 0. L'espace d'un quart d'heure. Keystone

Samedi soir à Bâle , dans un Park St-Jacques garni de 30'000 spectateurs, l'équipe de Suisse a perdu ses derniers espoirs de qualification pour la Coupe du monde de football, en s'inclinant devant la Yougoslavie par 2 à 1.

Ce contenu a été publié le 02 septembre 2001 - 07:41

Bien malin qui peut expliquer les raisons de la défaite helvétique de samedi soir à Bâle. D'autant que la Suisse de Köbi Kuhn débute en fanfare dans son match de la dernière chance.

Un départ helvétique prometteur

Les Yougoslaves sont privés de ballons. Et se font même balader par une équipe de Suisse qui fait bien circuler le ballon. C'est-à-dire à raz-terre, de manière fluide et rapide.

Et c'est logiquement que la Suisse ouvre la marque à la 24ème minute. En effet, Türkylmaz a réussi à déborder sur son côté gauche et peut centrer pour Hakan Yakin qui devance son cerbère dans la défense yougoslave.

On remarque au passage que les acteurs de ce magnifique but est signé par les trois joueurs suisses d'origine turque. Puisque c'est Murat Yakin, le libéro qui, d'une ouverture de 40 mètres, lance Türkylmaz en profondeur.

La Yougoslavie revient dans le match

Mais, étonnamment, la Suisse baisse alors pavillon. Et la Yougoslavie reprend le jeu à son compte. A la 39ème minute, le latéral de GC, Berner, perd bêtement la balle à mi-terrain. La contre-attaque yougoslave ne pardonne pas. Milosevic surgit au sein de la défense helvétique et égalise pour son pays. C'est 1 à 1.

Le début de la seconde mi-temps est à l'image de la fin de la première période. Catastrophique pour les Suisses et de plus en plus encourageant pour les Yougoslaves.

Ces derniers reprennent confiance en leurs très grands moyens techniques, à tel point qu'ils finissent par prendre l'avantage le plus logiquement du monde. Krstajic, seul au second poteau, a tout loisir de reprendre un centre de la tête, hors de portée de Pascolo. La Yougoslavie mène 2 à 1. Et l'on joue déjà depuis 74 minutes.

Hakan Yakin: un but mais une expulsion

Certes, dix minutes plus tôt, Hakan Yakin marque de la main et se fait expulser pour deux cartons jaunes. Certes, depuis ce moment-là, l'équipe de Suisse est prétéritée. Elle joue à dix contre onze. Mais cela n'explique pas la surprenante baisse de régime de ses joueurs.

Collectivement, les Suisses tenaient pourtant le match en main. Même si, on l'a constaté, les Yougoslaves, balle au pied, leur sont supérieurs. Que s'est-il donc réellement passé dans les esprits?

Peut-être que les deux attaquants suisses ont fait illusion durant une demi-heure. Puis, ils n'ont plus su garder suffisamment le ballon. (Surtout Türkylmaz, finalement décevant). Sans doute que sur les côtés, Sesa et Comisetti n'ont pas su non plus porter le danger par les ailes, comme ils l'avaient fait à Vienne.

Le poids du match sur la défense suisse

A partir de là, la pression repose uniquement sur les épaules de la défense et de l'axe médian helvétiques. C'est un poids beaucoup trop lourd à porter pour Vogel et Fournier ainsi que pour Muller et Murat Yakin. D'autant que Berner déçoit sur le flanc gauche.

Les introductions de Sforza, Chapuisat et Frei apportent du sang neuf, en fin de partie. Mais l'équipe n'a plus de véritable jeu d'ensemble.

C'est simple, contre les trois équipes de tête de son groupe éliminatoire de Coupe du monde, la Suisse s'est, à chaque fois, inclinée à la maison. Un comble, vous en conviendrez! Devant la Russie 1 à 0 à Zurich. Puis, sur le même score, devant la Slovénie à Bâle. Et, samedi soir, sur cette même pelouse du Park St-Jacques, devant la Yougoslavie 2 à 1.

Cela relève d'un complexe psychologique inquiétant. Car la Suisse, et Köbi Kuhn l'a répété à maintes reprises, possède de très bons joueurs qui sont habitués à évoluer dans de prestigieuses compétitons européennes. En outre, cette équipe a du cœur à l'ouvrage.

Alors, comme le chantait Léo Ferré, il faut laisser «le temps au temps» à Köbi Kuhn pour reconstruire pas à pas un vrai team, digne de ce nom. Où, balle au pied, les gens se trouvent les yeux fermés.

Emmanuel Manzi

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