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28e édition du SIHH de Genève «Nous sommes le Davos de la haute horlogerie»

La 28e édition du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) a lieu du 15 au 19 janvier à Genève. 

(Keystone)

Au départ, le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) était la vitrine de l’ultra-luxe du groupe Richemont. Mais le salon genevois a bien grandi. De dix exposants en 1990, on en est à 35 aujourd’hui. Le SIHH en vient même à piquer des marques à son concurrent Baselworld. Entretien avec sa directrice Fabienne Lupo.

swissinfo.ch: Après deux années difficiles, 2017 a été marquée par un retour à la croissance pour l’horlogerie suisse. Cette embellie déploie-t-elle également ses effets sur la 28e édition du SIHH?

Fabienne Lupo: Avec une croissance de l’ordre de 3% des exportations horlogères l’an dernier, les signes d’une reprise sont effectivement là. L’ambiance est bonne parmi les exposants, les perspectives plutôt favorables. Même si la prudence reste de mise, on sent clairement un vent d’optimisme souffler sur le salon.

swissinfo.ch: Quelles sont les tendances qui se dessinent en matière de nouveautés horlogères?

F.L.: Les pièces exceptionnelles qui font les beaux jours de la haute horlogerie, et notamment les garde-temps qui mettent en avant des métiers d’art, sont toujours présentes au SIHH. Mais on observe aussi un retour au classicisme et à la simplicité, avec la présentation de modèles vendus à des prix plus abordables. Autre tendance qui se dessine: la réinterprétation de modèles iconiques en acier. Car la haute horlogerie est à son tour submergée par le raz-de-marée du vintage qui a déjà touché d’autres secteurs du luxe.

SIHH versus Baselworld

La 28e édition du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) se tient du 15 au 19 janvier à Genève. Au total, 35 maisons horlogères sont présentes cette année, soit six de plus que l’an passé. Le groupe Richemont reste le plus représenté avec 11 marques. En parallèle à Baselworld, qui a lieu à fin mars à Bâle et qui regroupe une palette plus large d’acteurs de la branche, le SIHH est considéré comme l'autre salon majeur des montres de luxe en Suisse.  

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swissinfo.ch: Cela signifie-t-il que les horlogers ont exagéré sur les prix ces dernières années et qu’ils reviennent à un peu plus de modestie?

F.L.: Non, on ne peut pas parler d’exagération. Mais il est vrai que les produits présentés cette année ont été développés dans une période plus difficile pour la branche. Donc, forcément, les garde-temps s'affichent à des prix plus raisonnables.

swissinfo.ch: Y voyez-vous aussi une volonté de toucher une clientèle plus jeune?

F.L.: Oui, clairement. Certaines études montrent que 50% des clients de l’industrie du luxe ont moins de 30 ans. Il faut se concentrer sur cette nouvelle génération, lui parler directement et la toucher avec les moyens de communication qui sont les siens.

swissinfo.ch: Votre salon s’ouvre pour la deuxième année consécutive au public. Une évolution inéluctable?

F.L.: Oui, les maisons horlogères ont besoin d'un contact direct avec leurs clients. C’est le meilleur moyen pour elles de communiquer sur leur savoir-faire et leur ADN. L’an dernier, la première journée de l’histoire du SIHH ouverte au public a connu un franc succès, avec plus de 2500 visiteurs enregistrés. Nous pensons accueillir encore davantage de monde cette année, même si les visiteurs sont pour la plupart domiciliés dans la région.  

swissinfo.ch: Aujourd’hui, les grandes marques de luxe hésitent de moins en moins à vendre sur Internet. Un salon comme le vôtre a-t-il encore un sens?

F.L.: Plus que jamais! Je ne connais personne qui achète une montre de haute horlogerie sans l’avoir vue ni essayée. Nous restons par ailleurs des êtres humains qui avons besoin d’échanger et de nous rencontrer. Le SIHH est l’occasion pour toute la profession de se retrouver une fois par année au même endroit. C’est en quelque sorte le Davos de la haute horlogerie.

Un salon plus ouvert et connecté au grand public: c'est comme cela que Fabienne Lupo voit l'avenir du SIHH.  

(PPR/Valentin Flauraud)

swissinfo.ch: Le SIHH profite-t-il des difficultés rencontrées par Baselworld, le plus grand salon horloger du monde, qui est lâché par de nombreuses marques et sous-traitants horlogers?

F.L.: Je ne crois pas. Notre salon existe depuis 28 ans et nous restons fidèles à notre politique. Nous nous concentrons sur le segment de la haute horlogerie et nous privilégions la qualité à la quantité, indépendamment des événements qui touchent Baselworld.

swissinfo.ch: Reste que contrairement à Baselworld, le SIHH est en constante expansion. Vous êtes gentiment en train de faire de l’ombre au grand raout bâlois.

F.L.: Nous n’avons pas la prétention de faire de l’ombre à qui que ce soit. Nous traçons notre route de manière sérieuse et professionnelle, en nous agrandissant de manière mesurée et maîtrisée. Les valeurs qui sont les nôtres sont partagées par de nombreuses maisons de haute horlogerie, c’est pour cela qu’elles nous rejoignent aujourd’hui.

swissinfo.ch: Mais y a-t-il vraiment de la place pour deux grands salons horlogers en Suisse?

F.L.: C’est une bonne question. Nous nous concentrons sur le segment particulier de la haute horlogerie, alors que Baselworld regroupe potentiellement tous les acteurs de la branche. Mais effectivement, cela ferait sens de n’avoir qu’un seul rendez-vous réunissant tous les acteurs de la haute horlogerie en Suisse. 

Vous pouvez contacter l'auteur de cet article sur Twitter: @samueljabergLien externe

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