La bibliothèque est fermée, mais le prêt continue en ligne


En Suisse comme ailleurs, le monde de la culture s’efforce de développer l’offre numérique pour pallier la fermeture des salles de spectacle et des musées, offrant visites virtuelles et performances en ligne. Les bibliothèques, de leur côté, étaient pour la plupart déjà équipées. Le saviez-vous?

En ces temps de confinement, même les irréductibles cèdent à la technologie, en adoptant par exemple le lecteur de livres électronique. Keystone / A3399/_arne Dedert

Ce que vous ne pouvez plus faire en ce moment, c’est vous retirer pour étudier dans le silence d’une salle de lecture ou emprunter des livres en papier. Les rayons et les guichets des bibliothèques sont fermés. Mais le livre, un des meilleurs alliés pour tromper l’ennui du confinement, circule toujours. En papier par la poste ou en format électronique par internet, y compris en prêt numérique. TVSvizzera en a parlé avec Stefano Vassere, directeur des bibliothèques du Tessin.

TVSvizzera: Est-ce qu’il est juste de dire qu’il y a vingt ans, une crise sanitaire comme celle-ci aurait stoppé les activités d’une bibliothèque?

S.V.: Ça les aurait stoppées si nous ne nous étions pas ingéniés à trouver un moyen de résoudre les problèmes. En ce moment, le prêt de livres est suspendu, mais si nous n’avions pas internet, je pense que nous trouverions de toute façon un moyen de continuer à prêter.

Mais internet est là, ce qui vous permet de prêter des livres électroniques. Comment est-ce que cela fonctionne?

À partir du site des bibliothèques du Tessin, on peut accéder à Medialibrary online, un distributeur avec qui nous avons un accord et qui donne accès aux livres et à de nombreux autres documents.


La Bibliothèque cantonale de Lugano, avec à droite la salle de lecture historique. Francesco Piraneo G. via Wikimedia Commons

 *Des systèmes équivalents sont également en place pour le reste du pays. En Suisse romande, e-bibliomedia permet aux lectrices et lecteurs d’emprunter des livres numériques en français et en anglais en se connectant au site web d’une des plus de 80 bibliothèques participantes. Pour la Suisse alémanique, on peut se connecter par exemple à la Bibliothèque Pestalozzi à Zurich, ou à la Bibliothèque municipale de Bâle.

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Ainsi, les maisons d’édition acceptent que l’on distribue des copies numériques de leurs livres?

Eh bien, ce ne sont pas des fichiers pdf que l’on pourrait télécharger et conserver. On a la possibilité d’accéder à un livre pour deux semaines, au terme desquelles l’accès est coupé. Et ce service n’est pas gratuit pour nous. Nous payons des droits sur ces ouvrages.

Est-ce que ces livres ne sont accessibles qu’à un lecteur à la fois, comme s’il s’agissait de livres de papier?

Il y a différents systèmes. Chez de nombreux éditeurs, nous payons une taxe au distributeur et la formule prévoit que pour prendre un livre en prêt, il faut attendre que le lecteur précédent l’ait fini ou le mette à disposition d’une autre manière. Il y a aussi un deuxième système, où le nombre d’utilisateurs qui peuvent accéder au même livre n’est pas limité, mais en tant que bibliothèque, nous devons verser une taxe pour chaque «exemplaire» en lecture.

Y a-t-il aussi des textes sur lesquels il n’y a plus de droits d’auteur et que vous avez scanné pour les mettre à disposition?

Oui, mais pas seulement. Le Département de la culture du canton du Tessin, par exemple, a ouvert une bibliothèque numérique, où l’on peut télécharger la plupart des publications culturelles de l’État ainsi que les fonds historiques de nos bibliothèques.

L’obligation de passer plus de temps entre nos quatre murs peut être l’occasion de finir les livres que nous n’avons jamais terminé ou de nous lancer dans ceux que nous n’avons même jamais entamé. Par association d’idées, ce pourrait être «Le Roi Lear» ou «Macbeth», que Shakespeare a écrits pendant la peste de 1606, ou alors le «Décaméron», où Boccace fait raconter cent histoires à dix jeunes gens réfugiés à la campagne pour échapper à l’épidémie du milieu du 14e siècle. Stefano Vassere, pour sa part, lit en ce moment «La Peste» d’Albert Camus, qui connaît un second souffle, plus de 70 ans après sa publication.

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Est-ce que vous proposez des produits multimédia, comme des livres audio?

Les contenus auxquels on peut accéder sont les livres et les journaux – et ce sont les plus demandés. Mais nous avons aussi des images, des partitions musicales, des cartes, des manuscrits, du matériel audio et d’apprentissage numérique.

Ailleurs en Suisse, est-ce que toutes les bibliothèques cantonales offrent aussi un service en ligne?

Plus ou moins. Il y a aussi des consortiums de bibliothèques qui mettent par exemple à disposition leurs fonds de livres et documents anciens. Ainsi, le portail e-rara permet d’aller voir quels sont les manuscrits ou les documents rares disponibles en version numérique.

En temps de fermeture, ce à quoi on renonce vraiment, ce sont les rencontres et les autres activités proposées par la bibliothèque (en photo: le Centre culturel La Filanda, à Mendrisio). RSI-SWI


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