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Eurozone «De Madrid à Athènes, éteindre l’incendie»

La presse espagnole s'est déchaînée contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

La presse espagnole s'est déchaînée contre le chef du gouvernement Mariano Rajoy.

(Keystone)

L'Espagne, quatrième économie de la zone euro, a accepté de recevoir un prêt européen qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards d’euros. Entre soulagement et interrogations, la presse suisse estime que c’était le dernier moment.

Au terme d’une téléconférence de deux heures et demie, les ministres des Finances des 17 pays membres de la zone euro se sont dits prêts à aider l’Espagne à renflouer son secteur bancaire, qui ne s’est jamais remis de l’éclatement d’une bulle immobilière, en 2008.

«Après l’Irlande, le Portugal et la Grèce, l’Espagne sera ainsi le quatrième Etat du club de la monnaie unique à être placé sous assistance par l’Europe» relève La Liberté de ce lundi.

Pour le quotidien fribourgeois, la décision était «urgente, alors que se profilent à l’horizon les élections législatives grecques du 17 juin. Elles pourraient se solder par la victoire des partis opposés à la cure d’austérité imposée par l’UE et le Fonds monétaire international (FMI) et, partant, par une accentuation des rumeurs sur une sortie de la Grèce de la zone euro qui provoquerait de nouvelles tensions sur les marchés, dont pâtiraient immanquablement les pays européens les plus fragiles – l’Espagne et l’Italie, en particulier.»

Constat amer

Approche similaire dans Le Temps. «De Madrid à Athènes, éteindre l’incendie». Ce titre résume «l’amer constat» des ministres des Finances de la zone euro qu’il fallait sauver les banques espagnoles. «La paralysie croissante du système bancaire ibérique et le risque d’un naufrage de la monnaie unique sont des scénarios catastrophe que l’UE se devait d’éviter.»

Ce constat, poursuit le quotidien romand, «mérite d’être réexaminé à la lumière de la révolte qui gronde en Grèce et de la panne sèche qui menace ce pays, gangrené par une caste étatique irresponsable. Le pire serait que (celle-ci) prenne appui sur le sauvetage espagnol pour se dédouaner de ses responsabilités.»

Le dernier moment

La Neue Zürcher Zeitung renchérit que c’est «la peur des conséquences imprévisibles des législatives grecques qui explique que les autorités espagnoles aient fini par solliciter l'aide internationale».

La NZZ se montre très sévère face à cette «tardive stratégie offensive», car «la faiblesse de l'Espagne était connue depuis des mois. Mais le calcul politique et un orgueil national mal placé ont conduit les politiciens à faire trainer les choses.»

Le Tages Anzeiger estime lui aussi que c’était le dernier moment pour l’octroi de cette aide d’urgence. «Grâce à cette injection de capitaux, les banques espagnoles seront à nouveau en mesure d’accorder des crédits. Et aussi calmer les craintes des épargnants». Mais le commentateur du quotidien zurichois ne se risque pas à parier que «les marchés seront durablement soulagés de voir l'Espagne disposée à accepter cette aide».

Le Corriere del Ticino nuance et se demande si «les marchés verront le verre à moitié vide ou à moitié plein. En autres termes, s’ils jugeront l'aide européenne comme un pas vers l’issue de la crise de l’eurozone ou comme un coup d’épée dans l’eau».

Prochains maillons faibles

«Le feu espagnol éteint, et après?», s’inquiète 24 Heures, estimant que la présence du chef du gouvernement espagnol au match Italie-Espagne de l’Eurofoot «en dit peut-être long sur la quête de confiance dans laquelle se trouve l’Espagne». Et de poursuivre que «déjà, les regards se tournent vers les autres brasiers, comme la Grèce bien sûr, mais aussi l’Italie, dont les analystes craignent qu’elle ne devienne le prochain maillon faible».

Et l’Irlande, voire Chypre, ajoute Le Temps: «Il est très probable que l’Irlande, dont la crise bancaire est similaire, demande à revoir les conditions qui lui ont été octroyées (…) et Chypre, qui assumera en juillet la présidence tournante de l’UE.»

Pour Le Temps, «le sursaut vers davantage d’intégration budgétaire, attendu à Bruxelles, exige d’urgence d’être réexpliqué. Et sans doute assorti d’un donnant-donnant ‘discipline-solidarité’ seul capable, derrière les plans, de convaincre les peuples». Et le quotidien romand de conclure que «l’horreur européenne serait que les banques passent avant les hommes».

Pragmatique, L’Agefi estime que le cas espagnol pourrait favoriser l’émergence du fédéralisme: «L'Espagne a involontairement propulsé ses ennuis sur le devant de la scène, à tel point que ses banques pourraient forcer l'avènement d'un premier pas vers ce fameux système fédéral susceptible de sauver la monnaie unique. Madrid réclame une opération de sauvetage de ses banques conjointe à l'émission d'obligations de la zone euro.»

Jusqu'à 100 milliards

L’objectif du plan des 17 ministres de l’eurozone est d’assainir les banques espagnoles, asphyxiées par leur exposition au secteur immobilier, avec, à la fin 2011, 184 milliards d'euros de crédits problématiques, notamment des prêts risquant de ne pas être remboursés.

Le prêt européen pourra atteindre 100 milliards d'euros et sera injecté dans le fonds public espagnol d'aide au secteur bancaire (Frob), qui attribuera ensuite cet argent aux banques qui le demandent.

Prenant la parole enfin dimanche midi, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a défendu son bilan: «Si nous n'avions pas fait ce que nous avions fait ces cinq derniers mois, ce qui se serait passé hier aurait été une intervention pour l'Espagne.»

Lundi, les Bourses européennes ont ouvert en forte hausse et l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a terminé la séance de lundi en hausse de 1,96%.

(Source: ATS)

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L’Italie?

Après le sauvetage des banques espagnoles, les regards se tournent vers l'Italie. Certains experts craignent qu'elle ne soit désormais le nouveau maillon faible de la zone euro.

Ces craintes ont été alimentées par un rapport de l'agence de notation Moody's, selon lequel les difficultés des banques espagnoles pouvaient être «une source majeure de contagion pour l'Italie», où les banques sont aussi très dépendantes de la Banque centrale européenne (BCE).

(Source: ATS)

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