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La flambée du pétrole refroidit la conjoncture

Selon les experts, les hausses de prix viennent aussi d’un manque de capacité des raffineries.

(Keystone)

Le prix du pétrole brut a atteint jeudi un nouveau record. La Suisse en souffre aussi, particulièrement en été, période de forte consommation énergétique.

Si les prix ne redescendent pas, les analystes prévoient des répercussions sur l’ensemble de la conjoncture économique du pays.

Les cours du pétrole crèvent tous les plafonds. Depuis le début de l'année, ils ont gagné plus de 40% et jeudi, le baril de brut léger américain a atteint le record historique des 60 dollars sur le marché de New-York.

L'Organisation des pays producteurs (OPEP) a bien annoncé en juillet le relèvement de son quota d'un demi-million de barils par jour (mbj), à 28 mbj. Mais ce geste ne suffira pas à apaiser les cours. Les prix du pétrole subissent en effet une double pression.

«Les prix des produits pétroliers subissent une double pression. D’une part, les prix du brut augmentent et d’autre part, les capacités de raffinage sont insuffisantes, ce qui fait encore augmenter le prix des produits finis», explique à swissinfo Philippe Cordonier, de l'Union pétrolière (UP) association faîtière de l’économie pétrolière en Suisse

«Et le problème est mondial, poursuit le porte-parole de l’UP. La Suisse est "en bout de pipe line", si l’on peut dire, elle ne fait que subir».

Manque de produits finis


Conséquence: les produits finis manquent, entraînant la hausse des prix de l'essence, du diesel, du kérosène et du mazout. A ce renchérissement s'ajoute pour le consommateur suisse l'évolution du dollar face au franc.

Si ces phénomènes persistent, ce qui est fort à parier, les prix vont monter en flèche, selon Philippe Cordonier. Une évolution qu’attendent également les compagnies pétrolières, confirme la porte-parole de BP Isabelle Thommen. La situation est de mauvaise augure avant les vacances, période où les besoins en kérosène et en essence sont importants.

Les pompistes ont d'ailleurs déjà augmenté les tarifs la semaine passée. Daniel Hofer, patron de Migrol annonce déjà que son entreprise va réévaluer le marché dès lundi.

Citernes vides

Les consommateurs vont aussi trouver la note particulièrement salée en remplissant leurs citernes de mazout. Là aussi, les prix prennent l'ascenseur. Et ce, alors que le taux de remplissage des cuves est particulièrement bas en Suisse, indique le directeur de l'UP Rolf Hartl. Plus des deux tiers doivent être remplies alors que les prix sont particulièrement élevés.

Ce contexte défavorable va mettre à mal les envies de consommation de la population helvétique. La conjoncture va s'en ressentir, prédisent les économistes.

Les prévisions conjoncturelles devront être revues à la baisse, explique Délia Nilles, directrice adjointe du Centre de recherches économiques appliquées de l'Université de Lausanne (Créa). Il est difficile de chiffrer pour l'instant l'effet de la hausse des prix du pétrole sur l'économie.

Mais conséquence, il y aura. Pour la Suisse, la situation se traduira par une augmentation des prix à l'importation et un ralentissement des exportations, ajoute Délia Nilles.

Sous pression

Bien que n'étant pas le pays le plus exposé, la Suisse reste sous pression, souligne Valérie Lemaigre, analyste chez Lombard Odier Darier Hentsch & Cie (LODH). Selon une étude de la banque privée genevoise, si le niveau du pétrole retombe à 40 dollars, le PIB atteindra 1,2% en 2006. Mais s'il se maintient entre 55 et 60 dollars, il risque de tomber en dessous de 1%.

Pour Valérie Lemaigre, l'effet de hausse est temporaire et les prix devraient se détendre en fonction notamment de l'évolution de l'économie américaine. Mais tout peut aussi dépendre des effets saisonniers. En cas de canicule cet été, l'influence sur le pétrole ne sera que plus accentuée en raison de la consommation en climatiseurs et autres ventilateurs.

swissinfo et les agences

Faits

L’industrie pétrolière mondiale a connu une forte croissance en 2004.
La production de brut a augmenté de 3,3%, la capacité de raffinage de 0,4% et la consommation de 3,2%.
Ces chiffres s’expliquent par la forte hausse de la demande asiatique.
Les plus gros consommateurs mondiaux restent les Etats-Unis, devant la Chine et le Japon.

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En bref

- La Suisse dispose de deux raffineries de pétrole, à Collombey, en Valais et à Cressier, dans le canton de Neuchâtel.

- Elles fournissent un tiers de la consommation domestique. Le reste est acheté sous forme de produits finis.

- Ces raffineries existent depuis une quarantaine d’années et il n’a jamais été prévu d’en construire une troisième, ce qui ne changerait de toute façon pas grand’chose aux prix que paye le consommateur.

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