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La pasionaria affutée des petits actionnaires d'UBS

Brigitta Moser à l'oeuvre lors de l'assemblée générale extraordinaire d'UBS tenue à Bâle le 27 février 2008.

(Keystone)

Au fil des assemblées générales, comme celle d'aujourd'hui, Brigitta Moser est devenue l'héroïne des petits actionnaires d'UBS. L'ancienne hôtesse de l'air pose les questions qui dérangent.

Mi-avril, elle ne savait pas encore combien de fois elle demanderait la parole, lors de la prochaine assemblée générale d'UBS qui se tient ce mercredi. Brigitta Moser, 64 ans, va en tout cas s'opposer au choix de Peter Kurer comme président du conseil d'administration, car «il a participé à toutes les erreurs décisionnelles de ces dernières années», juge-t-elle.

Quoi qu'elle dise, on peut parier qu'elle sera à nouveau impeccable, Brigitta Moser. Avec son foulard façon hôtesse de l'air, son élocution limpide et, surtout, sa fermeté à exiger des réponses claires, elle impressionne les plus grands des professionnels des relations publiques.

Le 27 février dernier, lors de l'assemblée extraordinaire, elle ne s'en était pas laissé conter: «Arrêtez de ne pas nous prendre au sérieux et de répondre à côté, Monsieur Rohner, avait-elle lancé au directeur général, et répondez à nos questions!» Applaudissements.

Initiative contre les hauts salaires

Sa première intervention d'actionnaire mécontente date de 2002. Elle avait alors fustigé l'achat de la banque d'investissement américaine Paine Webber pour quelque 12 milliards de francs. Plus tard, Marcel Ospel avait admis que c'était cher payé.

En 2004, elle a pris le micro pour critiquer le manque de places d'apprentissage proposées par la banque et l'augmentation des salaires des cadres, alors même que 1500 emplois étaient supprimés.

Thomas Minder, patron de l'entreprise de cosmétiques Trybol, la contacte. Avec d'autres, ils lanceront plus tard l'initiative populaire fédérale «contre les rémunérations abusives» déposée en février dernier.

Partiellement aux Etats-Unis

Depuis 1997, Brigitta Moser et son mari, qui ont deux filles de 40 et 38 ans, habitent partiellement aux Etats-Unis. Une année auparavant, après 32 ans de service, elle avait raccroché son costume d'hôtesse de l'air, dont un exemplaire bien particulier habille désormais un mannequin dans l'entrée de sa maison à Hüntwangen (ZH).

Ce costume, c'est celui qu'elle portait le 6 septembre 1970 lors de la prise d'otage d'un avion Swissair dans le désert jordanien, à Zarka. Elle y était.

Quête «insensée» du profit

«Mais ce n'est pas à cause de Swissair que je n'aime pas Marcel Ospel», s'empresse-t-t-elle d'ajouter, même si elle est convaincue de sa responsabilité dans la faillite de la compagnie nationale. Elle et son mari ne travaillaient plus pour la compagnie au moment de la débâcle, mais l'ont vécue de près – son mari y perdant des plumes financières.

«Si je critique Ospel et le conseil d'administration, c'est pour la politique agressive, à l'américaine, menée en vue de la maximisation à court terme des profits, explique Brigitta Moser. C'est tellement peu suisse!» Selon elle, «la quête insensée du profit a conduit ces messieurs à ne plus être conscients des risques.»

En 2007, lors de l'assemblée générale d'UBS, elle a été la première à soulever le problème du marché hypothécaire américain. «Le Congrès avait déjà lancé des enquêtes», rappelle Brigitta Moser. «Mais on m'a ri au nez», se souvient-elle.

De tous les scandales

Son intérêt pour les chiffres et les comptes ne date pas d'hier. Entrée chez Swissair en qualité d'apprentie de commerce, elle a travaillé au secrétariat général du groupe, et elle lit des bilans depuis longtemps.

Un temps journaliste locale freelance, cette Schaffhousoise d'origine a manifestement un don pour la quête d'informations et pour les chiffres, qu'elle connaît par cœur.

Depuis 2007, même les grands pontes d'UBS ont compris qu'il valait mieux ne pas se moquer de Brigitta Moser. Ses dernières actions, héritées de ses grands-parents, elle les garde encore, espérant que leur cours remonte quand même un peu... «C'était censé être ma prévoyance vieillesse...»

swissinfo, Ariane Gigon, Hüntwangen (ZH)

Une assemblée sous observation

L'assemblée générale ordinaire d'UBS se déroule le mercredi 23 avril.

A l'ordre du jour figure notamment l'élection de Peter Kurer, juriste d'UBS, à la succession de Marcel Ospel comme président du conseil d'administration.

Les actionnaires doivent aussi se prononcer sur une nouvelle augmentation de capital de 15 milliards de la banque.

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Brigitta Moser

Agée de 64 ans, cette Schaffhousoise d'origine a travaillé chez Swissair jusqu'en 1996, d'abord comme apprentie commerciale, puis au secrétariat général, et enfin comme hôtesse de l'air, à temps partiel pendant qu'elle élevait ses deux filles.

Elle a aussi été journaliste freelance, notamment pour le Neues Bülacher Tagblatt.

Son intérêt pour les interventions d'UBS aux Etats-Unis vient de ce qu'elle s'inquiète «depuis longtemps» de la «réputation de la banque sur sol américain».

Dès 2002, elle s'élève contre les salaires exorbitants, le manque de places d'apprentissage proposées par UBS et, depuis 2007, contre les contrôles lacunaires des investissements sur le marché hypothécaire américain.

Brigitta Moser est aussi membre du comité d'initiative «contre les rémunérations abusives» avec le patron de Trybol Thomas Minder.

Après huit ans passés au sein d'une autorité communale, elle avait accepté d'adhérer à l'Union démocratique du Centre (UDC, droite nationaliste) par commodité.

Mais elle a démissionné du jour au lendemain en 1987, après avoir lu l'organe du parti «Schweizerzeit» qui critiquait de manière intolérable à son avis la politicienne Monika Weber qui venait de battre Christoph Blocher pour accéder au Conseil des Etats.

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