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Le Salon de l'auto de Genève s'habille en vert

«Durabilité», un des mots-clé de ce Salon.

(swissinfo.ch)

Sur fond de réchauffement climatique et d'épuisement des ressources pétrolières, c'est le vert qui domine la plus importante foire européenne de l'industrie automobile.

A côté des rutilantes machines de sport aux carrosseries de prestige, les feux des projecteurs se braquent sur les technologies économes, les énergies alternatives et les petites voitures.

119, 128, 183: les chiffres qui frappent sur le stand BMW ne traduisent pas la puissance des moteurs, mais les émissions de CO2 des modèles à efficiences énergétique améliorée.

De nombreux constructeurs présentent des véhicules électriques, dont la présence ne se limite plus aux halles secondaires. Le vert est bien la couleur dominante, également dans la partie centrale de Palexpo.

Des années durant, c'est la course au cheval-vapeur qui a dominé le développement de l'automobile. La meilleure voiture, c'était la voiture la plus grosse et la plus puissante.

Et aujourd'hui encore, c'est devant les modèles sportifs ou devant les bolides conçus pour toute une famille et capables d'accélérations dignes d'un avion de chasse que s'arrêtent les caméras de télévision.

Pourtant, le défi principal n'est plus la lutte pour une meilleure aérodynamique. D'ici 2012, l'Union européenne veut faire tomber les émissions de CO2 à 120 grammes par kilomètre. Ce qui signifie une consommation moyenne de 4,5 litres aux 100 km.

Politique des petits pas

L'immense majorité des voitures en est encore loin. L'industrie monte aux barricades contre ces exigences et brandit la menace de pertes d'emplois massives.

Cette politique favorise les fabricants de petites voitures, clament les marques allemandes de prestige. Ceux-ci bénéficient en effet du soutien du ministre socialiste de l'environnement Sigmar Gabriel, qui y voit «une guerre de concurrence entre les industries automobiles allemande, française et italienne».

«Les pays d'Europe qui ne fabriquent pas d'autos ne devraient pas décider pour les autres», clame de son côté Günther Oettinger, ministre-président du Bade-Würtemberg, patrie de Mercedes et de Porsche.

«En 2007, les constructeurs allemands ont réduit les émissions de CO2 de leurs modèles de 2%, pendant que les Japonais n'arrivaient qu'à 0,6 et les Français à 0,8%», ajoute Matthias Wissmann, président de l'association de l'industrie automobile allemande.

Les nouvelles technologies ne sont pas mûres

«Il est urgent de s'affranchir des combustibles fossiles» constate Martin Winterkorn, président de la direction de Volkswagen.

De nombreuses marques présentent à Genève des modèles qui, à performances, sécurité et confort égal, consomment moins, en utilisant partiellement des carburants alternatifs comme le bioéthanol ou le gaz naturel. Assurément, les petites voitures ont un grand avenir.

Les prototypes présentés au Salon montrent dans quel sens s'oriente la recherche industrielle: des batteries plus légères, offrant davantage d'autonomie et de meilleures performances, des systèmes hybrides meilleur marché et des moteurs nettement moins polluants.

Toutes ces technologies sont en développement, mais elles ne sont pas encore suffisamment mûres pour être lancées sur le marché.

La logique des marchés

C'est également à Genève que le géant industriel indien Tata va présenter en première européenne sa Nano, la voiture la moins chère du monde (autour de 2500 dollars). Une nouveauté qui devrait permettre aux classes moyennes des pays émergents d'accéder au rêve automobile.

Mais l'échelle reste aussi ouverte vers le haut. Les bolides aux rutilantes carrosseries continuent de faire fantasmer le public. «Le segment du luxe a encore un potentiel de croissance à deux chiffres. Et nous voulons aussi y être», explique Ferdinand Piëch, président du conseil d'administration de Volkswagen.

swissinfo, Andreas Keiser à Genève
(Traduction et adaptation de l'allemand: Marc-André Miserez)

Le Salon de Genève

Du 6 au 16 mars, le 78e Salon international de l'auto et accessoires de Genève attend près de 700'000 visiteurs.

Plus de 130 première mondiales et européennes y seront présentés.

260 exposants y représentent 1000 marques, de 30 pays.

Avec Francfort, Detroit, Paris et Tokyo, Genève appartient aux cinq plus grandes manifestations mondiales de ce type.

Francfort et Paris ne tiendront leur prochaine édition qu'en 2009. Genève est donc cette année le plus grand Salon d'Europe.

Comme la Suisse n'a pas d'industrie automobile, le Salon offre les mêmes conditions à tous les exposants. Et les constructeurs apprécient cette foire «en terrain neutre».

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