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OMC: la Suisse peine à croire à un accord

Joseph Deiss (assis) et le négociateur Luzius Wasescha au terme de la réunion de Genève.

(Keystone)

Pour le ministre de l'Economie Joseph Deiss, il reste beaucoup à faire pour parvenir à un accord au prochain sommet de l'OMC en décembre à Hong Kong.

La réunion tenue à Genève n'a pas vraiment fait progresser les négociations du cycle dit de Doha, que l'Organisation mondiale du commerce aimerait boucler à fin 2006.

Une vingtaine de ministres se sont retrouvés mardi et mercredi pour une réunion de crise au siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. En vain.

En effet, les négociations butent toujours sur le dossier agricole. Mais pas uniquement.

«Nous ne voulons pas revoir les objectifs du cycle de Doha à la baisse, dit Joseph Deiss. Mais, ajoute aussitôt le ministre suisse de l'Economie, il faut être réaliste. Il subsiste d'importantes divergences. Sur l'agriculture évidemment, mais aussi sur les produits industriels.»

De son côté, Luzius Wasescha n'est pas non plus follement optimiste quant aux chances de parvenir à un accord pour la fin de l'année.

«Nous sommes conscients des larges fossés qui séparent les positions des Etats membres. Et nous devons envisager la possibilité que nous ne parvenions pas à boucler tous les dossiers à Hong Kong», explique à swissinfo le chef des négociateurs suisses à l'OMC.

De fait, certains pays ont déjà admis que le délai jusqu'à la conférence ministérielle de décembre serait trop court et qu'il faudrait en convoquer une nouvelle pour le début de l'année prochaine.

Mais Luzius Wasescha refuse de spéculer sur la question. Selon lui, il est encore «trop tôt».

«Voyons d'abord ce que nous parvenons à boucler à Hong Kong. Même en politique commerciale, il peut parfois y avoir des miracles», déclare le diplomate suisse.

Protectionnisme agricole


Avec les Etats-Unis, le Japon ou l'Union européenne, la Suisse fait partie des Etats que les pays en voie de développement mettent sous pression pour qu'ils réduisent leurs subventions à l'agriculture et qu'ils abaissent les taxes à l'importation sur les produits de la terre.

Et pour Joseph Deiss, il est «difficile à ce stade» de prévoir «le moindre progrès sur le dossier agricole d'ici à Hong Kong».

La Suisse fonctionne également comme coordinatrice du groupe dit du G10, qui réunit les pays importateurs nets de produits agricoles. Et à ce titre, elle insiste sur le flexibilité et les exceptions qui peuvent être accordées sur certains produits.

Luzius Wasescha de son côté pointe du doigt les grands exportateurs mondiaux de produits agricoles, qui constituent selon lui «le plus gros obstacle» à tout accord.

«Obscénité»

Dans les négociations elles-mêmes, le temps n'est plus au dialogue courtois qui préside à la recherche du consensus. Le ton tend au contraire à monter dangereusement.

Ainsi, mercredi, le négociateur australien s'en est pris à la Suisse, à la Norvège et au Japon, fustigeant leur «intransigeance» et qualifiant leur attachement au protectionnisme d'«obscénité».

«Pour moi, ce type d'éclat est complètement à côté de la plaque, commente Luzius Wasescha. Si nous voulons achever le cycle de Doha, il faut savoir faire preuve de flexibilité, parce que sur 148 Etats membres, vous avez à peu près 120 situations agricoles différentes».

Mais les négociateurs de l'OMC ne sont pas seuls à critiquer le protectionnisme agricole de la Suisse. Mardi, l'éditorialiste Beat Kappeler expliquait à swissinfo que le pays «a entamé son crédit libre-échangiste» auprès de l'OMC en soutenant de la sorte un secteur qui ne représente que 0,5% de son produit intérieur brut.

Ce à quoi Luzius Wasescha réplique que ce n'est pas la Suisse qui dicte l'agenda des négociations.

«Tant que les exportateurs agricoles prennent tout le processus en otage, nous ne pouvons que nous concentrer sur l'agriculture», se défend l'ambassadeur.

Avant d'ajouter que la Suisse «reste attachée à l'idée de libre échange et se bat pour la loyauté», mais que l'ambiance des négociations actuelles est «tout sauf loyale».

swissinfo

Faits

La sixième conférence ministérielle de l'OMC aura lieu du 13 au 18 décembre à Hong Kong.
Ces conférences sont la plus haute instance de l'Organisation. Elles se réunissent au moins une fois tous les deux ans et lui donnent ses orientations politiques.
La conférence de Hong Kong est considérée comme essentielle en vue de boucler en 2006 le cycle de négociations entamé à Doha en 2001.

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