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Pas de fusion entre géants des appareils auditifs

Le quartier général de Sonova, à Stäfa, près de Zurich.

(Keystone)

Les autorités anticartellaires allemandes interdisent au groupe zurichois Sonova (ex-Phonak) et au danois ReSound de fusionner pour former le numéro un mondial des appareils auditifs.

Mercredi dernier déjà, le Tribunal de Düsseldorf avait rendu une décision provisoire négative. Le verdict est désormais définitif. L'opération aurait créé en Allemagne un oligopole contrôlé par Siemens, Sonova et Oticon.

La semaine dernière déjà, Valentin Chapero, patron de Sonova, avait laissé entendre que le groupe ne ferait selon toute probabilité pas appel de la décision du Tribunal de Düsseldorf. Les procédures dans les prétoires allemands pourraient s'étendre sur plusieurs mois, voire des années, écrit Sonova.

Et malgré cette décision attendue, le groupe ne renonce pas à son ambition de devenir leader mondial.

Dans une interview à l'hebdomadaire dominical alémanique 'NZZ am Sonntag', Valentin Chapero affirmait dimanche que le groupe n'avait «pas besoin de ReSound pour devenir numéro un». Et disait s'attendre à une croissance organique de 10% par an dans les cinq prochaines années, qui devrait permettre au groupe d'atteindre son objectif par ses propres moyens.

Un optimisme qui ne semble pas excessif à Sibylle Bischofberger, analyste à la Banque cantonale de Zurich. Selon elle, le savoir-faire, l'orientation du groupe vers l'innovation et ses produits, meilleurs que ceux de la concurrence, sont des atouts suffisants pour justifier les prévisions de Valentin Chapero.

«En achetant ReSound, Sonova serait devenu numéro un dans la minute, explique Sibylle Bischofberger à swissinfo. Alors que maintenant, cela va leur prendre deux ou trois ans. Mais ils y arriveront».

Fort potentiel de croissance

Certains observateurs n'avaient pas manqué de relever que le prix de la transaction – 3,3 milliards de francs suisses – semblait élevé. Mais pour Sibylle Bischofberger, l'investissement se serait avéré plus que rentable à long terme.

Ensemble, Sonova et ReSound auraient contrôlé plus de 30% du marché mondial des appareils auditifs. Actuellement, le groupe suisse en détient 22%, juste derrière l'Allemand Siemens, numéro un avec 23% de parts de marché. ReSound, pour sa part, en a 13%.

On estime généralement qu'une personne sur dix dans le monde souffre de troubles auditifs. Or seulement 10% des gens affectés portent un appareil. Le marché sur lequel travaille Sonova dispose donc d'un énorme potentiel de croissance.

Le principal défi technologique sera de produire des appareils munis de batterie beaucoup plus discrètes que ce qui se fait actuellement. Ce facteur esthétique constitue en effet un frein important au développement des ventes.

Chez Sonova, on planche également sur des systèmes d'aide auditive qui seraient incorporés au téléphone mobile, à l'agenda électronique ou à d'autres gadgets, histoire de donner un côté plus 'tendance' à un appareil dont l'image reste encore passablement négative.

swissinfo, Matthew Allen et les agences
(Traduction et adaptation de l'anglais: Marc-André Miserez

En bref

Le groupe Sonova, dont le siège est à Zurich, est spécialisé dans la conception, le développement, la fabrication et la distribution d'appareils d'aide auditive pour adultes et pour enfants.

Sonova travaille dans plus de 70 pays, avec une présence particulièrement forte en Europe et en Amérique du Nord. Il emploie plus de 4000 personnes.

Jusqu'au 1er août de cette année, le groupe se nommait Phonak. La nouvelle raison sociale n'a toutefois pas fait disparaître l'ancienne, puisque Phonak est resté une marque d'appareils auditifs du groupe Sonova, tout comme Unitron.

Pour mémoire, le nom de Phonak est devenu 'grand public' au travers du parrainage d'une équipe cycliste de haut niveau. Régulièrement épinglée pour des affaires de dopage, elle a aujourd'hui disparu.

De son côté, ReSound est un fabriquant d'appareils auditifs et d'équipements pour le diagnostic de l'ouïe. Basée à Copenhague (Danemark), avec un réseau qui s'étend sur 60 pays, la compagnie emploie 3400 personnes.

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