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L'indépendance des chercheurs suisses menacée?

Presque tous les acteurs de l’industrie pharmaceutique ont passé des contrats avec des universités suisses. Merck Serono s’est notamment offert trois chaires à l’Ecole polytechnique fédérale et bénéficie ainsi d’un droit de regard sur les publications, révèle la télévision suisse alémanique.

Ce contenu a été publié le 21 avril 2016 - 09:07
swissinfo.ch avec la RTS (Téléjournal du 20.04.2016)

Un contrat de 12,5 millions de francs a été passé en 2007 entre l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et la firme pharmaceutique allemande Merck Serono. Cet accord donne à l’entreprise des droits pouvant menacer l’indépendance de la recherche universitaire, selon la chaîne de télévision SRF.

Une clause du contrat stipule que les chercheurs doivent présenter les résultats de leurs recherches tous les trois mois à la firme. Si des résultats ne lui conviennent pas, Merck Serono a la possibilité de réclamer que des «modifications acceptables» soient apportées à la publication.

L’EPFL reconnaît une «ambiguïté»

«Nous respectons, valorisons et protégeons explicitement l'indépendance de la recherche et de l'enseignement», affirme le porte-parole de Merck Serono. L'entreprise n'interviendrait qu'à la marge, sur les aspects «scientifiques» des publications.

De son côté, l’EPFL reconnaît l’ambiguïté. Le directeur de la communication de l'EPFL Jérôme Grosse affirme qu’aujourd'hui jamais l'EPFL ne rédigerait un contrat de cette manière, tout en précisant qu'à ce jour la firme n'a jamais usé de ces pouvoirs. Selon Jérôme Grosse, l'autonomie des chercheurs est implicite et ne peut de toute façon pas être remise en question.

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Merck Serono n’est pas le seul acteur de l’industrie pharmaceutique à avoir passé ce type de contrat. Les entreprises Roche et Novartis sont aussi concernées. SRF a pu obtenir le détail de ces contrats grâce à la loi sur la transparence. Les groupes privés achètent à prix d’or leur influence sur les universités: les contrats passés au crible par l'émission Rundschau vont de 450'000 francs à 12,5 millions de francs.

 

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Payer pour choisir les professeurs

Autre révélation embarrassante pour l’EPFL. Elle aurait signé en janvier 2015 un contrat de 2,5 millions de francs avec la Fondation Gandur pour l’art. Ce texte, que s’est procurée la RTS, prévoit le financement par la fondation d'une chaire de recherches dans le domaine des humanités numériques.

Toutefois, une clause de ce contrat interpelle. Elle stipule que la fondation approuvera par écrit la nomination du professeur, et indique: «En cas de refus, l'EPFL peut librement décider de procéder au recrutement en renonçant au soutien financier de la fondation.»

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