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Relations transfrontalières France-Suisse: les transports publics de la discorde



En matière de transport lacustre également, le canton de Vaud paie davantage que sa part pour les trois liaisons considérées comme du transport public transfrontalier. 

En matière de transport lacustre également, le canton de Vaud paie davantage que sa part pour les trois liaisons considérées comme du transport public transfrontalier. 

(Keystone)

Dans l'objectif de désengorger les routes suisses, la Confédération et les cantons dépensent des millions de francs en France pour soutenir les transports publics dans les régions frontalières. Mais le service n’est pas toujours assuré comme la Suisse le voudrait, ce qui provoque des tensions entre les deux pays.

Le canton de Vaud s'inquiète de l'avenir de la liaison ferroviaire Vallorbe-Pontarlier. La ligne voit sa fréquentation diminuer depuis 2016 à la suite d'un service défaillant: suppressions de train en cas de grève, retards, correspondances manquées.

Cette liaison entre les cités vaudoise et française a été mise en place en 2012 pour favoriser le transport des frontaliers et désengorger le poste-frontière de Vallorbe, qui voit défiler chaque jour 5000 à 8000 voitures dans chaque sens. Un service à 95% sur territoire français, pourtant payé à un tiers par le canton de Vaud - soit environ 115'000 francs par an - et à deux tiers par la France.

Développement à l’étude

«Le fait que nous payions un tiers du déficit, nous l'avons conditionné au maintien d'un service d'urgence», a indiqué la conseillère d'Etat (ministre) Nuria Gorrite à la Radio télévision suisse (RTS). «Quand il y a des travaux ou des grèves, la SNCF devait mettre en place une substitution. Or nous constatons qu'elle est défaillante.»

Outre le respect des conditions, le canton voudrait même une augmentation des cadences. Mais à Dijon, le vice-président du Conseil régional chargé des Transports, Michel Neugnot, ne se laisse pas mettre sous pression, ni par les associations, ni par le canton. Il confirme toutefois que le train circulera bel et bien en 2018.

«L'accord était équilibré. Je n'ai pas l'intention de le remettre en cause», indique-t-il à la RTS. «Mais s'il y a des dessertes supplémentaires, il faut définir pour quel public. Nous devons déjà bonifier la desserte actuelle, la faire connaître, pour qu'elle soit davantage utilisée. Et nous étudierons éventuellement son développement.»

Genève ne dépense qu'en Suisse

Hormis les lignes sur le Léman (lire encadré), d'autres engagements frontaliers de la Suisse sont moins conflictuels, comme la réhabilitation de la ligne Delle-Belfort. Le canton du Jura et la Confédération investissent plus de 31 millions de francs, sur un total d'environ 126 millions. Cette liaison à 100% sur sol français doit permettre au Nord-Ouest de la Suisse de rejoindre plus facilement le TGV.

Enfin, en région genevoise, la Confédération cofinance pour plusieurs millions de francs, 5,23 au maximum, des infrastructures de transport en France, via son fonds d'agglomération.

En revanche, le canton de Genève ne dépense que sur sol suisse, échaudé par la votation sur les parkings alliant place de parc et libre circulation dans les transports publics (P+R). Le 18 mai 2014, la population avait accepté un référendum du MCG contre le cofinancement de parkings d'échange en France.

Bisbille sur le Léman

La ligne Vallorbe-Pontarlier n'est pas le seul souci du canton de Vaud. Pour le transport lacustre également, le canton paie davantage que sa part pour les trois liaisons considérées comme du transport public: Evian-Lausanne, Thonon-Lausanne, et Yvoire-Nyon.

Pour la moitié de lac suisse, la Confédération s'engage à hauteur de 23,5%, et le canton de Vaud devrait en payer 26,5%. Or il en assume en réalité 50% depuis des années, pour combler un déficit de financement français, qui équivaut à environ 1 million de francs supplémentaire par année.

«Le Conseil d'Etat a toujours accepté de payer un surplus pour absorber cette part de trafic transfrontalier sur un transport doux», explique Nuria Gorrite, qui craint chaque jour «2200 voitures supplémentaires sur nos noeuds d'étranglement».

Mais à l'heure de développer ces lignes de bateau, l'accommodement ne passe plus. Des négociations avec les partenaires français sont en cours. Avec un objectif: une répartition à 50-50.

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