Revue de presse Guerre ouverte entre Trump et les médias

Le président des Etats-Unis Donald Trump a assuré samedi aux employés de la CIA qu'il était «à 1000%» derrière eux.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a assuré samedi aux employés de la CIA qu'il était «à 1000%» derrière eux.

(Keystone)

L’investiture de Donald Trump, ses critiques à l’encontre des médias et les manifestations anti-Trump de samedi sont commentées dans la presse suisse de ce lundi. Quatre quotidiens insistent notamment sur le mépris du 45e président des Etats-Unis pour la réalité. 

«Donald Trump a visiblement décidé de défendre avec force la bulle dans laquelle il a choisi de s’enfermer à la Maison-Blanche.» L’éditorialiste de la Tribune de Genève et 24 heures commente ainsi les premiers jours du nouveau président à la tête des Etats-Unis. Donald Trump et son porte-parole ont violemment accusé ce week-end les médias d’avoir minimisé la participation à la cérémonie d’investiture du 45e président des Etats-Unis. 

«J'ai fait un discours, j'ai regardé, et cela avait l'air d'un million, un million et demi de personnes», a continué de marteler le milliardaire, comme le souligne les deux quotidiens francophones. Et «qu’importent les photos, les vidéos et les témoignages montrant qu’il avait tort». 

«Contre-investiture»

La presse suisse compare la faible affluence au discours d’investiture de vendredi avec la foule qui a participé samedi aux marches de protestation anti-Trump. «Aussi bien à l’inauguration de Barack Obama en 2009 qu’aux grandes marches de protestation de samedi, il y avait plus de monde dans la ville avant et après Trump», commentent le Bund et le Tages-Anzeiger. 

«Des années longues et pénibles s’annoncent pour les reporters qui prennent au sérieux leur rôle de chiens de garde de la démocratie.»

Quant à la Tribune de Genève et 24 heures, ils qualifient les manifestations de «contre investiture», «qui ont donné l’image de ce qu’aurait pu être la célébration de l’arrivée d’une femme à la Maison-Blanche si Hillary Clinton n’avait pas été battue par Donald Trump». La faute à la candidate défaite qui «a passé l’essentiel de son temps à discréditer son adversaire pendant la campagne électorale en oubliant de parler à des Américains qui ne demandaient qu’à être écoutés et à s’enthousiasmer pour sa candidature.» 

Les deux titres mettent toutefois en garde le nouveau président: la colère de la rue «témoigne aussi de la volonté de millions d’Américains de répondre à Donald Trump s’il s’attaque à l’assurance-maladie, à la protection de l’environnement, aux droits des femmes et des minorités.» 

Le défi des «chiens de garde de la démocratie» 

Le second discours de Donald Trump a probablement été plus important que le premier, parce qu’il l’a tenu au siège de le CIA, selon le Bund et le Tages-Anzeiger. Encore une fois, il a parlé avant tout de lui. Le milliardaire a affirmé que la pelouse était remplie de gens qui ont assisté à son investiture, que Dieu avait «retenu la pluie» pour lui et que son oncle était professeur au MIT («Faites-moi confiance, je suis un homme intelligent»). 

Les quotidiens alémaniques félicitent les médias américains, qui ont «bien maîtrisé le week-end» en présentant de manière critique les affirmations de Trump et de son porte-parole. Ils concluent toutefois: «Des années longues et pénibles s’annoncent pour les reporters qui prennent au sérieux leur rôle de chiens de garde de la démocratie.»

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