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Transocean, BP et Halliburton scrutés à Washington

Moment de vérité pour les trois leaders, devant une commission du Sénat mardi.

(Keystone)

Lors de l’ouverture de l’enquête que le Congrès a décidé de mener sur la marée noire dans le Golfe du Mexique, le patron de la société de forage américaine basée en Suisse et des responsables de BP et Halliburton se sont accusés d’être responsables du désastre. Barack Obama est entré dans la mêlée.

Alors que le pétrole jaillit toujours du puits situé à 1500 mètres de profondeur dans le Golfe du Mexique et que la nappe avance vers le littoral, Transocean et deux autres des plus grandes entreprises du secteur pétrolier mondial ont été mis sur la sellette et se sont déchirés mardi soir à Washington.

Transocean, British Petroleum et Halliburton ont l’habitude du Congrès, mais pas de ses projecteurs.

Les trois compagnies, qui font partie de celles qui dominent le secteur mondial du pétrole, ont l’habitude des coulisses du Congrès et du gouvernement américain, où elles préfèrent évoluer pour essayer d’influencer la politique pétrolière des Etats-Unis et la règlementation de leurs activités.

Interrogatoires serrés

Mais Transocean, la société américaine basée à Zoug, BP et Halliburton ont dû sortir des coulisses mardi et répondre sous serment à l’interrogatoire serré des membres démocrates et républicains de la commission sénatoriale de l’énergie et des ressources naturelles, devant un parterre de photographes de presse.

Par la voix de son patron, Steven Newman, Transocean, numéro un mondial du forage offshore, a promis de coopérer avec l’enquête du Congrès et avec celle qui est conduite de manière conjointe par les ministères américains de l’Intérieur et de la Justice. Ces enquêtes portent sur les causes de l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, propriété de Transocean qui, le 20 avril, a sombré, entraînant plusieurs fuites dans le pipeline qui allait du puits, situé à 1500 mètres de profondeur, jusqu'à la surface.

Le PDG de Transocean a affirmé que sa compagnie «respecte, et même, surpasse les exigences de sécurité posées par la règlementation en vigueur aux Etats-Unis».

Rejet de la responsabilité

Mais Steven Newman a rejeté la responsabilité de la catastrophe, en soulignant que Transocean avait loué la plateforme à BP et sous-traité à Halliburton la tâche de construire un système de caissons autour du puits et de ses valves.

Pour sa part, Lamar McKay, le chef de la filiale américaine de BP, quatrième compagnie de production pétrolière au monde, s’est bien engagé à «payer tous les coûts associés au nettoyage de la marée noire et toutes les demandes légitimes d’indemnisation» émanant des victimes du désastre.

Mais la compagnie britannique a rejeté la responsabilité de la marée noire sur Transocean. «Transocean était chargé de la sûreté des opérations de forage», a ainsi affirmé M. McKay.

Pour ne pas être en reste, Halliburton, le numéro deux mondial des services pétroliers qui s’exprimait par la voix de son responsable pour les questions d’environnement, Tim Probert, n’a pas manqué de renvoyer BP et Transocean dos à dos.

Les propositions d’Obama

D’autres commissions, et au Sénat et à la Chambre, vont continuer l’enquête parlementaire et entendre le patron de Transocean et les autres dirigeants des entreprises impliquées dans la marée noire. A la Maison Blanche, Barack Obama ordonne le déploiement de scientifiques indépendants aux côtés de ceux de BP, Halliburton et Transocean afin de trouver des solutions au problème sur le terrain.

Le président américain propose aussi au Congrès d’améliorer la supervision gouvernementale des plateformes offshore, en renforçant l’indépendance de l’organisme public de règlementation du secteur pétrolier, longtemps accusé d’être biaisé en faveur des compagnies aux dépens de la sûreté des opérations et de la protection de l’environnement.

Réunion des actionnaires à Zoug

Pour Transocean, la catastrophe s’est déjà soldée par une chute de 28% de son titre à la bourse depuis l’explosion de la plateforme. Steven Newman, qui n’a pris les rênes de l’entreprise qu’en mars, affrontera pour la première fois les actionnaires de Transocean lors de l'assemblée générale annuelle qui est prévue à Zoug vendredi.

La réunion pourrait s’avérer houleuse, d’autant que la Shareholders Foundation, une organisation non gouvernementale californienne qui se veut le défenseur des intérêts des investisseurs, a lancé mardi un appel aux «actionnaires à long terme de Transocean», dans l’apparent espoir de déposer une plainte collective en justice. La fondation n’a pas répondu à la demande de précision de swissinfo.ch avant publication de cet article.

En attendant, le puits continue de rejeter quelques 5000 barils d’or noir dans le Golfe du Mexique et la nappe de pétrole continue d’avancer lentement mais sûrement vers le littoral américain, souillant déjà un refuge naturel composé d’îles sablonneuses au large de la Louisiane et reportant sine die le début de la saison de pêche.

Pour le moment, toutes les tentatives de colmatage des fuites autour du puits ont échoué et les mesures de dispersage de la nappe à coup de détergents chimiques n’ont pas empêché celle-ci de s’étendre.

Marie-Christine Bonzom, Washington, swissinfo.ch

Le No 1 mondial du forage Offshore

Transocean a son siège à Zoug, en Suisse

L’entreprise est dirigée par Steven Newman depuis mars 2010

Elle a été fondée aux Etats-Unis en 1973

Le siège a été transféré en Suisse en décembre 2008

Il se situait auparavant aux îles Cayman

La compagnie emploie environ 20’000 personnes et est présente dans une vingtaine de pays

Le 5 mai dernier, Transocean a annoncé avoir réalisé un chiffre d’affaires de plus de 2,6 milliards de dollars au premier trimestre 2010.

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L’accident

L’accident s’est produit le 20 avril. L’explosion et le feu ont tué 11 travailleurs. La plateforme Deepwater Horizon, située à environ 80 kilomètres au sud-est de Venice (Louisiane) a coulé.

C’était une des plus grandes et des plus sophistiquées du monde, exploitée par BP depuis septembre 2007.

Depuis l’accident, des milliers de barils (les estimations vont de 1000 à 7000) se déversent chaque jour dans le Golfe du Mexique. Selon les experts, il pourrait s’agir de la pire marée noire de l’histoire.

Les spécialistes travaillent d’arrache-pied pour colmater la fuite, mais les opérations pourraient prendre des semaines, si ce n’est des mois. Le Golfe du Mexique fournit un tiers du pétrole et un quart du gaz des Etats-Unis. On y dénombre environ 3500 forages pétroliers.

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