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Transparence au sommet Augmentation record du nombre de femmes à la tête des entreprises

Si les chiffres montrent une progression, la Suisse n'en reste pas moins à la traîne pour ce qui est de la part des femmes aux postes dirigeants des entreprises.

(AFP)

En Suisse, plus d’un cinquième de tous les nouveaux membres des conseils de direction des entreprises sont des femmes – un record après dix ans de stagnation. En outre, la proportion d’étrangers dans les directions a atteint 45%.

Les entreprises suisses ont réussi à repourvoir nettement plus de postes vacants dans leurs directions avec des femmes, conclut un rapport publié mardi par le bureau de chasseur de têtes Guido SchillingLien externe.

La part des femmes dans les conseils de direction des 100 plus grandes compagnies suisses est passée de 6% à 8%, soit une augmentation en une année aussi forte que celle enregistrée lors des dix ans précédents, selon le rapport 2017 de Schilling, intitulé «Transparency at the Top».

Une poussée qui s’explique surtout par le fait que les femmes représentent 21% de toutes les nouvelles arrivées dans les directions, contre 4% seulement l’année précédente.

«Vu que la mise en œuvre de la diversité des sexes dépend essentiellement de la société, il est important pour la prochaine génération d’avoir des modèles féminins à suivre. Faire une carrière doit devenir évident tant pour les femmes que pour les hommes», écrit Schilling dans son rapport.

Objectif 30%

Pour autant, le rapport juge les progrès enregistrés encore insuffisants si la Suisse veut atteindre la proportion de 30% de femmes, que la ministre de la Justice Simonetta Sommaruga notamment souhaiterait inscrire dans la loi.

La Suisse risque de se trouver à la traine par rapport à d’autres pays d’Europe occidentale qui ont des pourcentages nettement plus élevés, avertit le rapport, ajoutant que les entreprises suisses devraient se fixer des objectifs ambitieux.

Ainsi, depuis janvier 2016, les entreprises allemandes en mains publiques sont obligées de maintenir un quota de femmes dans leurs conseils de direction. Si l’on prend maintenant les conseils d’administration, une comparaison avec la Suisse montre que la part des femmes qui y siègent dans les entreprises du DAX (l’indice principal de la bourse allemande) est de 30%, alors que le chiffre pour les entreprises du SMI (son équivalent suisse) est de 21%.

Pourtant, la loi allemande sur les quotas n’a pas touché les conseils de direction de manière significative. La même comparaison montre que la part des femmes est passée de 9% à 10% en une année pour les entreprises du DAX, et de 6% à 8% pour celles du SMI.

Managers étrangers

Le rapport relève également que la part des étrangers dans les conseils de direction a légèrement augmenté dans les dernières années, passant de 43% à 45%.

Ce sont surtout les Allemands qui sont plus présents (sept membres de plus), ainsi que les Américains (six), alors que l’on dénombre douze Suisses et trois Britanniques en moins.

«Il n’y a pas assez de mangers suisses pour occuper optimalement tous les sièges des directions, constate Schilling. Il sera toujours important de trouver les candidats les plus qualifiés, qu’ils soient suisses ou étrangers, pour assurer la croissance durable des plus gros employeurs de Suisse. Donc, le critère principal ne devrait pas être la nationalité».

Le rapport Schilling 2017

Le rapport 2017 a examiné les 119 plus grands employeurs privés de Suisse, ainsi que l’administration fédérale et celles des 26 cantons.

L’étude porte donc sur 891 membres des directions, 833 membres des conseils d’administration et 1013 cadres supérieurs du secteur public (chanceliers d’Etat, secrétaires généraux, chefs de département).

Pour la diversité des genres, les auteurs ont sollicité les 250 plus importantes entreprises du pays, parmi lesquelles 92 ont fourni leurs chiffres.


(Traduction de l'anglais: Marc-André Miserez), swissinfo.ch/ts

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