Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Egalité entre hommes et femmes: des discours, pas vraiment de résultats...

Marche des femmes à Zurich, en juin dernier, contre la pauvreté et la violence.

(Keystone)

Les femmes ont toujours l´exclusivité de la lessive dans 84 pour cent des ménages suisses. Elles préparent les repas à 74 pour cent, et font les nettoyages à 70 pour cent. C'est ce que révèle une étude scientifique suisse.

«Vu le grand nombre de discussions sur l'égalité entre les hommes et les femmes, on s'imagine que les choses évoluent très vite, mais nous avons constaté que, dans la réalité, les familles restent traditionnelles», affirme Erwin Zimmermann.

Ce sociologue, auteur d'une enquête sur la vie des ménages en Suisse, estime que les conditions objectives nécessaires à une égalité entre hommes et femmes ne sont pas remplies. Ainsi, les hommes n'ont pas suffisamment la possibilité de travailler à temps partiel, les crèches ne sont pas assez nombreuses...

Lucienne Gillioz, adjointe au Service pour la promotion de l'égalité à Genève, ne se montre pas plus surprise par ces résultats: «Toutes les enquêtes montrent que le partage des tâches n'évolue pas», souligne cette sociologue.

Elle a participé, en 1974, à une enquête sur les couples. Les chiffres de l'époque ne sont pas si différents de ceux d'aujourd'hui. Par exemple, c'était «surtout la femme» qui s'occupait des repas, dans 80 pour cent des ménages.

Malgré les débats, il n'y a donc pas grand chose de nouveau sous le soleil de l'égalité. «Les femmes sont progressistes au niveau du discours, mais pas dans les faits», confirme Lucienne Gillioz.

Cette féministe ne s'attend pas non plus à des changements dans les prochaines années. Et de citer une troisième étude, française. Celle-ci montre que les jeunes hommes aspirent à travailler moins, afin de s'impliquer plus dans leur vie de famille. Mais là encore, la réalité ne suit pas.

Erwin Zimmermann n'est pas aussi négatif: «Dans la nuance, il y aurait certainement des choses plus positives à dire, avance-t-il. Nous verrons que davantage de femmes essaient de garder un contact avec le monde du travail ou que les couples font plus appel à du personnel de maison... Ces choses sont en cours, mais ne sont pas encore suffisamment importantes pour changer l'image que nous avons obtenue».

Son étude, «Vivre en Suisse», réalisée conjointement par le Fonds national de la recherche scientifique, l'Office fédéral de la statistique et l'université de Neuchâtel, ne présente pas seulement la situation des femmes.

Les scientifiques ont interrogé, l'année dernière, 5074 ménages - des couples avec ou sans enfants, des adultes seuls avec enfants, des personnes seules. Parmi les sujets abordés figurent en effet la vie de famille, le travail, la santé, les loisirs, la politique, le bonheur...

Les premiers résultats à peine obtenus, les scientifiques ont déjà lancé une deuxième vague d'interviews. Durant au moins cinq ans, ils interrogeront ainsi à intervalle régulier les mêmes personnes, afin de saisir l'évolution des ménages, une méthode totalement nouvelle pour la Suisse.

La conclusion de cette première vague d'interviews semble montrer des Suisses plutôt heureux. Reste tout de même certaines sources d'insatisfaction. Les Suisses estiment notamment ne pas gagner suffisamment d'argent, ne pas avoir assez de temps pour leurs loisirs et ne pas avoir suffisamment de poids au niveau politique. Les personnes qui vivent seules sont par ailleurs plus insatisfaites.

Caroline Zuercher

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×