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Election au Conseil fédéral Ignazio Cassis, un libéral convaincu au gouvernement



Ignazio Cassis est devenu mercredi le 117e conseiller fédéral de l'histoire suisse, le 8e en provenance de la Suisse italophone. 

Ignazio Cassis est devenu mercredi le 117e conseiller fédéral de l'histoire suisse, le 8e en provenance de la Suisse italophone. 

(Keystone)

Le Tessinois Ignazio Cassis a été élu mercredi au gouvernement suisse, où il remplacera le ministre démissionnaire Didier Burkhalter. Communicatif et jovial, le nouveau conseiller fédéral de 56 ans est très apprécié comme personne. Politiquement, toutefois, les avis sur ce libéral convaincu divergent. Portrait. 

Le suspense n'a pas duré longtemps mercredi matin à Berne. Il n'a fallu que deux tours à Ignazio Cassis pour être élu au Conseil fédéral. Peu de ministres avaient réussi une élection aussi rapide avant lui. Avec 125 voix sur 244 bulletins valables, le Tessinois a devancé les deux autres candidats présentés par le Parti libéral-radical (PLR / droite), le Genevois Pierre Maudet (90) et la Vaudoise Isabelle Moret (28). 

Il s'agit d'un jour important pour le canton du Tessin, qui voit à nouveau un de ses représentants siéger au Conseil fédéral, 18 ans après la démission de Flavio Cotti. Ultra-favori dans la course à la succession de Didier Burkhalter, Ignazio Cassis n'a pas trébuché. Il a pu compter sur un large soutien de la majorité de droite à l'Assemblée fédérale, notamment au sein du groupe de l'Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice), qui s'était prononcé clairement en faveur du candidat tessinois. 

Une entrée tardive en politique

Ignazio Cassis accède à la fonction suprême seulement 10 ans après s'être lancé dans la politique active. Alors qu’il a été membre du conseil communal de Montagnola, la commune où il vit avec sa femme, pendant une décennie, il n’a jamais exercé de mandat politique au niveau de son canton. Cela tient aussi au fait que sa fonction de médecin cantonal d’alors était incompatible avec une carrière en politique.

Le positionnement politique d'Ignazio Cassis d'après le site smartvote.ch. 

(swissinfo.ch)

En 2003, le PLR tessinois était à la recherche d’un candidat, si possible un médecin, pour les élections fédérales, il s’est donc mis à disposition. Il ne parvient pas à être élu du premier coup à la Chambre du peuple, mais il y parviendra en 2007: sa collègue de parti Laura Sadis a été élue au gouvernement cantonale tessinois et Ignazio Cassis lui succède au Parlement fédéral.

Ignazio Cassis a étudié la médecine à Zurich et Lausanne. En plus de l’italien, il parle ainsi couramment l’allemand et le français. Après son retour au Tessin, il s’est spécialisé dans la médecine préventive. Comme médecin cantonal, il a officié au sein du Département tessinois de la santé et des affaires sociales alors dirigé par la socialiste Patrizia Pesenti.

Glissement vers la droite

Le Tessinois a longtemps soutenu l’intervention étatique; il a milité en faveur de l’interdiction de fumer dans les lieux publics et de l’interdiction de la publicité pour les produits du tabac. Sur le plan des mœurs, il est libéral. Il préconise la libéralisation du cannabis ainsi que la distribution contrôlée de cocaïne et soutient le mariage pour tous.

En terme de politique économique, il a nettement glissé vers la droite: au nom de la liberté, il demande davantage de responsabilité individuelle et moins de bureaucratie. Les différents classements des parlementaires montrent aussi ce glissement. Un changement qu’il justifie ainsi: «Aujourd’hui, il y a beaucoup de dossiers que je comprends mieux que par le passé.»

L’hebdomadaire de gauche suisse alémanique WoZ le décrit comme «un élève modèle du libéralisme». Dans tous les cas, Cassis est la bête noire de la gauche. Il est dans le collimateur du Parti socialiste (PS), entre autres à cause de son opposition au plan de réforme des retraites.

Un simple lobbyiste?

Sa fonction de président de Curafutura, organisation faîtière de quatre grandes caisses maladie, qui lui rapportait 180'000 francs par an, a longtemps fait débat. Elle lui a valu d’être accusé par ses adversaires de n’être qu’un lobbyiste qui défend les intérêts des assurances maladie. Ignazio Cassis a répondu à ces virulentes attaques dans une interview au quotidien zurichois Tages-Anzeiger: «On pourrait penser que les caisses maladie sont des groupes terroristes.»

Si Ignazio Cassis a fait une entrée tardive dans la politique fédérale, il a néanmoins été très actif. Pour preuve, la longue liste de ses mandats politiquesLien externe, des mandats au sein de commissions et des fonctions dans des groupes d’intérêts.

Sa fonction de président du groupe parlementaire PLR, qu'il occupe depuis 2015, a été particulièrement importante, puisqu’elle lui a permis d’augmenter significativement son poids politique sous la coupole fédérale. En outre, il a présidé la très influente Commission de la santé de la Chambre du peuple.​​​​​

Homme apprécié

Sa double nationalité suisse et italienne a également fait l'objet de vifs débat cet été. Ignazio Cassis a annoncé avoir renoncé «spontanément» à son passeport italien au moment de se porter candidat, afin d'éviter le moindre soupçon quant à son manque de loyauté envers la Suisse. Ses adversaires, à gauche notamment, l'ont au contraire accusé d'avoir cédé trop rapidement aux pressions de l'UDC et d'avoir ainsi voulu donner des gages à la formation politique la mieux représentée sous la Coupole fédérale. 

«C’est un type avec qui on pourrait partir en vacances demain»

Adrian Amstutz, député UDC

Fin de la citation

Sur le plan humain, Ignazio Cassis fait en revanche l'unanimité ou presque. Le Tessinois est réputé pour être une personne avec qui les contacts ne sont pas compliqués. «Cordial, social, communicatif», tels sont les qualificatifs constamment associés au conseiller fédéral fraîchement élu. «C’est un type avec qui on pourrait partir en vacances demain», a dit un jour le conseiller national de l’Union démocratique du centre Adrian Amstutz.

La Neue Zürcher Zeitung (NZZ) affirme que le Tessinois a un «besoin d’harmonie», qui pourrait même être excessif car il pourrait dénoter un manque de capacités à diriger. Des compétences dont un ministre a besoin. Ignazio Cassis prend ces critiques avec philosophie. «Quelle que soit votre manière d’agir, vous aurez toujours des jugements négatifs», commente-il. Celui qui se montre trop directif sera qualifié de dictateur, observe-t-il.

Un famille dominée par les femmes

Ignazio Cassis a grandi à Sessa, une petite commune de la région de Malcantone près de Lugano et de la frontière italienne. Son père Gino était agriculteur, avant de devenir assureur. Troisième enfant de la famille, Ignazio Cassis est né en 1961, après deux filles. «Mon père a fait le tour du village avec la voiture en klaxonnant pour célébrer la naissance de son premier garçon», écrit le politicien sur son site internetLien externe. L’arrivée d’une troisième sœur a par la suite scellé la prédominance des femmes dans la famille. 

Lorsqu’il a 11 ans, survient un événement qui le marquera à vie. Il perd le petit doigt de la main droite, resté coincé dans une balustrade en fer et doit changer de passe-temps: il remplace le piano par la trompette et le lancer de poids par la course à pied. Son amour pour la musique est toutefois resté intact. Non seulement il aime chanter avec sa guitare mais il possède aussi une collection de plus d’un millier de disques.

Le politicien est marié depuis 25 ans avec la radiologue Paola Rodoni. Le candidat au gouvernement a même accepté de répondre à des questions indiscrètes sur sa sphère privée, par exemple sur la fertilité de son couple: «Médicalement tout était en ordre mais pour nous, avoir des enfants n’a pas fonctionné.» Il admet aussi un petit vice: bien que spécialisé dans la médecine préventive, il s’accorde quelques cigarettes.


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