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Endeuillé, le CICR reste malgré tout au Congo

Les véhicules des victimes étaient pourtant très nettement identifiables.

(Keystone)

Malgré la tuerie qui a coûté la vie à six de ses collaborateurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ne suspend pas ses activités en République démocratique du Congo (RDC). Les déplacements sont toutefois gelés dans la partie nord du pays. Jusqu'à ce que l'organisation humanitaire obtienne les garanties de sécurité nécessaires.

C'est l'attaque la plus meurtrière contre le CICR depuis le massacre de six infirmières en 1996 en Tchétchénie. Vendredi après-midi, l'armée ougandaise a retrouvé les cadavres de six personnes - exécutées la veille - près de leurs véhicules incendiés sur une route à l'extrême nord de la RDC. Parmi les victimes figure une infirmière bernoise de 36 ans.

Rita Fox est la seule citoyenne suisse parmi les victimes de cette tuerie. Entrée au CICR en 1996, elle avait déjà travaillé dans plusieurs pays d'Afrique et se trouvait en RDC depuis le mois dernier. Les autres victimes - une femme et quatre hommes - étaient quatre Congolais et un Colombien.

Les circonstances du drame sont encore loin d'être élucidées. Cette région de la RDC - limitrophe de l'Ouganda - est une zone de rivalités interethniques très complexes. Comme le souligne Darcy Christen, porte-parole du CICR, «il y a là-bas de très nombreux porteurs d'armes, d'origines très diverses».

Au siège de l'organisation à Genève, c'est l'abattement et la surprise. «Nous sommes très connus et généralement bien acceptés par toutes les parties en conflit dans cette région et la route sur laquelle a eu lieu le drame est une route que nos équipes empruntent souvent», poursuit Darcy Christen.

Selon un responsable ougandais sur place, le type d'armes utilisées pour cette tuerie indiquerait qu'elle est le fait de l'ethnie Lendu, rivale des Hema, eux-même soutenus par l'Ouganda. Mais personne jusqu'ici n'a été en mesure de préciser quel type d'armes ont été réellement utilisées.

Au CICR, on refuse catégoriquement de prendre position sur ce genre d'accusations. «Tout ce que nous pouvons dire pour l'instant est que nos collègues ont été assassinés, et ceci dans des circonstances tragiques», commente Darcy Christen.

La délégation du CICR en RDC est particulièrement importante, puisqu'elle occupe 45 délégués (dont une bonne moitié de Suisses) et 560 collaborateurs congolais. Et le siège de l'organisation insiste bien sur le fait que ces personnes vont rester en place, car les besoins humanitaires sont énormes.

Pas question pour autant de prendre des risques inutiles. Le CICR a donc décidé de geler les déplacements de personnes dans la zone où a eu lieu la tuerie. Ceux-ci ne reprendront que lorsque l'organisation aura pu obtenir des garanties formelles de sécurité de la part de toutes les parties engagées dans le conflit.

Marc-André Miserez


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