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Energie nucléaire: la Suisse persévère

Le 24 septembre, les Bernois se sont prononcés contre la fermeture de la centrale de Muehleberg d’ici la fin 2002.

(Keystone)

La Suisse n'envisage pas de limiter la durée d'exploitation de ses cinq centrales nucléaires. Le gouvernement a pris cette décision de principe lundi, après avoir pris connaissance de l'avis des différents milieux concernés.

Les résultats de la mise en consultation de la nouvelle loi sur l'énergie nucléaire (LENu) sont clairs: une majorité de cantons, les exploitants de centrales et les partis politiques de droite sont opposés à un arrêt des centrales. En revanche, la gauche et les milieux écologistes sont favorables à une sortie du nucléaire, mais ils ne constituent pas la majorité des opinions exprimées.

Le gouvernement en a donc pris acte et refuse de limiter l'exploitation des centrales «aussi longtemps que leur sécurité sera assurée». Selon Moritz Leuenberger, ministre suisse de l'énergie, une mise en retraite prématurée des centrales nuirait à l'économie. Par ailleurs, avec le nucléaire, la Suisse pourra aussi réduire le problème du CO2 dans les limites exigées par le protocole de Kyoto.

Outre la procédure de consultation, la décision du gouvernement repose également sur les votations du 24 septembre dernier. En refusant les trois taxes énergétiques, le peuple n'a pas donné à la Suisse les moyens de développer des énergies de substitution. De plus, les Bernois se sont prononcés contre une initiative demandant la fermeture de la centrale de Muehleberg d'ici la fin 2002. Un vote qui avait valeur de test national sur la volonté des Suisses de sortir du nucléaire.

Le gouvernement a toutefois donné quelques gages de bonne volonté aux antinucléaires. Dans son projet, il prévoit que toute nouvelle centrale soit soumise au référendum facultatif. De plus, il entend imposer l'interdiction du retraitement des combustibles usés et les exportations qui y sont liées.

Quant à la gestion des déchets nucléaires, le Conseil fédéral prévoit un concept de «stockage géologique durable sous contrôle», réversible pendant des centaines d'années. Ce système allie le stockage final, cher aux milieux atomiques, et la possibilité de récupérer les déchets, exigée par les écologistes.

Les concessions faites aux opposants au nucléaire font que la LENu pourrait servir de contre-projet indirect à deux initiatives populaires anti-atomiques: «Sortir du nucléaire» et «Moratoire-Plus». «Reste à savoir si cela sera suffisant», conclut Moritz Leuenberger.

Le Conseil fédéral devrait adopter au mois de mars 2001, au plus tard, le message destiné au Parlement. Il soumettra alors le projet aux Chambres et prendra position sur les deux initiatives atomiques.

Olivier Pauchard

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