Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Entre théâtre de chansonniers et comique troupier

Malgré beaucoup de tumulte, Dieudonné, sur scène à Genève.

(Keystone)

Face à une salle comble, l'humoriste français Dieudonné a joué, lundi à Genève, son one man show «Le divorce de Patrick».

Accusé d'incitation à la haine raciale, le comédien suscite la polémique. Il se produit néanmoins jusqu'au 17 mars au Casino Théâtre de Carouge.

Son spectacle n'a fait l'objet d'aucune publicité traditionnelle. Pourtant, il est apparu comme un phénomène de marketing, suscitant un intérêt équivalent à la sortie d'un grand film hollywoodien, et alimentant une polémique qui n'a cessé d'enfler.

En février dernier donc, Dieudonné, humoriste français d'origine camerounaise, se voit interdit d'Olympia. Son spectacle «Le divorce de Patrick», qu'il devait présenter dans la célèbre salle parisienne, est annulé.

Pire, le comédien est accusé d'antisémitisme pour cette phrase qu'il a eue dans la presse: «C'est Israël qui a financé l'apartheid et ses projets de solution finale». Malheur à lui! Genève et Bruxelles, où le spectacle est également programmé, hésitent: faut-il accepter ce «Divorce»?

La réponse sera oui, pour Genève en tout cas, où Patrice Mugny, magistrat en charge de la Culture, décide, après moult négociations avec l'humoriste, de maintenir son one man show à l'affiche.

«Beaucoup de bruit pour rien»

C'était lundi 15 mars, au Casino Théâtre de Carouge, que Dieudonné a consommé son «Divorce». Tout ça pour ça!, a-t-on envie de s'exclamer à la sortie.

«Beaucoup de bruit pour rien», aurait peut-être ajouté Shakespeare, lui aussi accusé d'antisémitisme pour «Le marchand de Venise».

Mais revenons à Dieudonné. Dans son spectacle de lundi, l'humoriste a dû, certes, arrondir les angles et diluer l'acidité de ses pointes politiques.

Lesquelles n'en restent pas moins drôles, trempées comme elles sont dans l'encre noire d'une satire qui stigmatise aussi bien les mollahs que les colons israéliens ou les Bush et consorts.

Tous sont envoyés par Dieu sur Terre. Les uns avancent avec leur bouclier de martyrs auxquels ils promettent un paradis peuplé de «mille vierges». Les autres ne jurent que par la Torah ou la Bible, paroles sacrées dont ils se croient dépositaires.

Ces pointes politiques, étoffées d'allusions corrosives à la guerre et à l'injustice sociale, offrent au public le meilleur moment de la soirée parce qu'elles s'inscrivent dans l'esprit d'un théâtre de chansonniers.

Pour le reste, c'est-à-dire pour la plus grande partie du spectacle, Dieudonné demeure proche d'un comique troupier où la vacherie des hommes et la sensiblerie des femmes reviennent comme des leitmotiv usés jusqu'à la corde.

swissinfo, Ghania Adamo, Genève

Faits

«Le divorce de Patrick». A voir à Genève, Casino Théâtre, 42 rue de Carouge. Jusqu'au 17 mars.

Fin de l'infobox

En bref

- La polémique anti-Dieudonné a été déclenchée le 1er décembre 2003 suite à des propos jugés antisémites de l’humoriste sur une chaîne de TV française. Ce qui lui a valu d'être renvoyé devant la justice.

- Plusieurs salles de spectacles françaises ont annulé son spectacle.

- Le 17 février, Patrice Mugny, ministre genevois de la Culture, refusait de louer le Casino-Théâtre de Genève, propriété de la ville, aux Spectacles Onésiens, l'organisateur du spectacle de Dieudonné. A titre «préventif».

- Sur une lettre d’excuses de Dieudonné, Patrice Mugny a accepté de lui louer la salle dans laquelle il a joué lundi.

- Par ailleurs, une plainte a été déposée par un Genevois d’origine israélienne auprès du Procureur général pour discrimination raciale suite à l’émission «Infrarouge» (TSR) du 25 février.

Fin de l'infobox


Liens

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

×