Erdogan harangue les foules en faveur du "oui" au référendum

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Recep Tayyip Erdogan a enchaîné quatre meetings ce samedi à Istanbul pour convaincre les Turcs à voter "oui" au projet de réforme de la Constitution.

KEYSTONE/AP/LEFTERIS PITARAKIS

(sda-ats)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a tenu samedi à Istanbul ses ultimes meetings de campagne à la veille du référendum sur le renforcement de ses pouvoirs. Il a appelé les électeurs à soutenir massivement son projet de réforme.

"La journée de dimanche marquera un tournant dans la lutte contre les organisations terroristes. Nous terminerons ce 16 avril ce que nous avons entrepris le 15 juillet", a-t-il lancé à la foule de ses partisans dans le quartier de Tuzla, en faisant allusion au putsch avorté de juillet.

Une "leçon" pour les Européens

Cette journée permettra également de donner "une leçon" aux pays européens qui ont cherché à "intimider" les Turcs "par toutes sortes de violations du droit", a-t-il ajouté. "Nous donnerons une réponse à l'Allemagne, et aussi à l'Autriche, à la Belgique, à la Suisse et à la Suède", a-t-il martelé.

Les relations entre Ankara et plusieurs pays occidentaux se sont fortement dégradées après l'annulation de meetings favorables au président Recep Tayyip Erdogan.

Quatre meetings étaient samedi à l'agenda du président et cinq à celui du Premier ministre Binali Yildirim, tous à Istanbul. "Demain, ce sera très important, vous devez absolument aller voter!", a lancé Recep Tayyip Erdogan à la foule. "N'oubliez pas que le vote, c'est notre honneur!"

Un "non" caché ?

Les tout derniers sondages prédisent une victoire étriquée du "oui" au référendum, qui vise à remplacer la démocratie parlementaire par un pouvoir présidentiel fort. M. Erdogan dit en avoir absolument besoin pour faire face aux défis politiques et sécuritaires du pays.

Les instituts de sondage n'excluent toutefois pas un vote "non" dissimulé, difficile à évaluer, parmi les soutiens traditionnels du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir). Ces soutiens se disent inquiets des tendances autoritaires de M. Erdogan, notamment après le limogeage ou la suspension de plus de 120'000 fonctionnaires depuis le coup d'Etat manqué.

Etyen Mahcupyan, qui a été le principal conseiller de l'ex-premier ministre Ahmet Davutoglu, figure clé de l'AKP, a ainsi annoncé jeudi qu'il voterait "non".

Bouleversement politique

Cinquante-cinq millions d'électeurs sont appelés à se rendre dans les 167'140 bureaux de vote, qui ouvriront dimanche à 07h00 locales (06h00 suisses) dans l'est du pays et fermeront dix heures plus tard. Les électeurs turcs de l'étranger ont déjà voté.

Une victoire du "oui" pourrait représenter le plus grand bouleversement politique en Turquie depuis la fondation de la république il y a près d'un siècle. Cette réforme, présentée sous la forme de 18 amendements, prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre, la possibilité pour le président de dissoudre le Parlement et de prendre certains décrets.

ATS

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