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Et Béjart crée la lumière chorégraphiée

Séquence du Presbytère de Maurice Béjart à Lausanne

(swissinfo.ch)

En primeur pour le public suisse, Maurice Béjart esquisse, les 19 et 20 mai, à Lausanne-Malley, un nouveau ballet «Lumière». Auparavant, le Béjart Ballet de Lausanne, BBL, reprend, dès le 10 mai, «Le Presbytère», et, dès le 15 mai, «La route de la Soie».

Dieu dit: «Que la lumière soit! Et la lumière fut», enseigne la Genèse. «Mais cette lumière-là est une notion spirituelle, observe Maurice Béjart, puisque ce n'est qu'au quatrième jour que Dieu créa le soleil, la lune et les étoiles...»

Or, en avant-propos de la première représentation du 19 juin aux théâtres romains de Lyon (commande du Conseil général du Rhône), Maurice Béjart lèvera un coin du voile sur sa nouvelle création intitulée «Lumière». Sa troupe, le BBL, l'esquissera, samedi et dimanche 19 et 20 mai, en l'Espace Odyssée, à Lausanne-Malley.

Dans son nouveau ballet, Maurice Béjart associe les frères Louis et Auguste Lumière - d'origine lyonnaise justement et inventeurs du cinématographe - à la musique de Jean-Sébastien Bach. Ainsi qu'aux chansons «La Lumière jaillira» de Jacques Brel et «Le Soleil noir» de Barbara.

Souvent, la dame au piano noir disait à Béjart «Je suis la lumière noire». C'est donc tout naturellement que, dans le film «Je suis né à Venise», Barbara incarna la nuit lumineuse, avec pour partenaire, le danseur-étoile, Jorge Donn, en symbole du soleil.

«A Bruxelles, raconte Béjart, Jacques Brel me dit une fois, au sortir du Théâtre de la Monnaie, où il interprétait L'Homme de la Manche: un jour, on fera quelque chose avec Barbara, toi, Maurice, et moi».

Dès lors, on comprend mieux les motivations qui ont poussé, à 74 ans, Maurice Béjart, à monter un ballet sur le thème de la lumière.

Du point de vue scénique, le spectacle «Lumière» sera pourvu d'un important dispositif vidéo. A l'heure où de nombreux chorégraphes recourent aux moyens audiovisuels, il n'est pas inutile de rappeler que Béjart fut un précurseur en la matière.

Dans «A la recherche de Don Juan» (1962) avec Maria Casares, comme dans «La Reine verte» avec Jean Babilée (1963), Maurice Béjart jouait déjà avec l'image: danseur sur scène et danseur sur écran.

En outre, le week-end du 19-20 mai, Maurice Béjart montera sur scène commenter sa démarche de chorégraphe, à propos de sa création en cours «Lumière». Comme il l'avait fait d'ailleurs, l'an dernier, au Métropole à Lausanne, pour son spectacle «L'enfant-Roi» à Versailles.

Lors des deux soirées d'esquisses sur la «Lumière» à Lausanne, le BBL dansera également et tout à nouveau l'envoûtant Boléro de Ravel. Dans une gestuelle qui n'a de pareille pour épouser la musique.

Mais déjà, du 10 au 13 mai, le Béjart Ballet de Lausanne reprend «Le Presbytère», à l'Espace Odyssée de Malley. Puis, redonne, du 15 au 18 mai, «La route de la Soie».

«De nombreux ballets naissent par étapes successives et demandent une série d'esquisses, avant d'atteindre leur pleine maturité», précise le Maître. «Il m'arrive même de retravailler, durant des années, une chorégraphie existante.»

Emmanuel Manzi


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