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Euro 2008: faibles du coeur s'abstenir

Le risque d'infarctus serait plus élevé durant un match de football palpitant. Pour prévenir ce genre d'accident, la Fondation suisse de cardiologie publie une brochure illustrée de conseils... pour que le coeur soit aussi de la partie.

Il est bien connu que chez les plus fervents supporters du ballon rond, certains matches engendrent un stress émotionnel considérable. Mais que ce stress puisse conduire jusqu'à l'infarctus, voici un scénario dont nous nous doutons peu.

Pourtant, c'est ce qu'une étude conduite par une clinique universitaire allemande et portant sur la Coupe du Monde 2006 vient de mettre en évidence.

Des risques multipliés par trois

Les chercheurs de la policlinique universitaire Grosshadern de Munich ont examiné les protocoles médicaux de 4'279 patients acheminés aux services d'urgence de la région munichoise durant le dernier Mondial 2006. Ils les ont comparés aux données de la même période pour 2003 et 2004.

Premier constat: lors des rencontres disputées par l'équipe d'Allemagne, le nombre d'urgences médicales d'origine cardiaque a été globalement multiplié par un facteur de 2,66.

Second constat: plus l'enjeu sportif était élevé, plus le nombre d'infarctus était important. Ainsi, lors du quart de finale et de la demi-finale disputés par la Mannschaft, le nombre d'urgences cardiaques a été trois fois plus élevé que lors des mêmes jours de 2003 et 2004. Et l'équipe nationale allemande n'a pas été la seule responsable de ces palpitations fatales; lors de la finale entre la France et l'Italie, on a également pu constater un taux d'infarctus anormalement élevé.

L'étude allemande a encore montré que le football sollicite surtout les coeurs des individus de sexe masculin: durant la période sous revue, le nombre d'urgences cardiaques a été multiplié par 3,26 chez les homme contre 1,82 chez les femmes.

Auteur de deux études similaires en Suisse romande et au Tessin durant les Coupes du Monde 1998 et 2002, le cardiologue du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) Eugene Katz confirme: «Nous avons pu constater une élévation de 60% des cas de mort subite».

Prévention

«Ces études nous apportent la preuve que les personnes déjà sujettes à des faiblesses cardiaques ou à de l'hypertension artérielle encourent un risque», explique Christa Bächtold, porte-parle de la Fondation suisse de cardiologie.

A l'approche du Championnat européen de football qui se déroulera en Suisse et en Autriche, la Fondation a donc jugé opportun de publier une brochure, intitulée «1 à 0 pour le coeur pendant l'Euro 2008», pour mettre en garde la population et tenter de minimiser les risques.

Pour Eugene Katz, cette campagne de sensibilisation est pleinement justifiée: «Nous avons constaté qu'entre le moment où se manifestent les premières douleurs thoraciques et les premiers appels à l'aide, il s'écoule trois ou quatre heures. Le supporter atteint au cours d'un match a tendance à vouloir attendre la fin de la partie avant de réagir. Hélàs, dans 50% des cas, le décès intervient dans les deux premières heures qui suivent l'apparition des douleurs.»

Cinq règles pratiques

La brochure recommande d'observer cinq règles pratiques pour faire face à la «fièvre télévisuelle» et s'assurer qu'au coup de sifflet final, le coeur soit aussi du côté des vainqueurs. L'une d'elle préconise aux personnes atteintes de troubles cardio-vasculaires de suivre les matches en compagnie d'amis ou de parents qui peuvent chercher du secours en cas d'urgence. Se dégourdir les jambes durant la mi-temps est aussi une excellente idée pour réduire les risques.

«Certaines personnes encourent les mêmes risques en restant allongées plusieurs heures devant la télévision que si elles prenaient l'avion, soit des thromboses ou des embolies pulmonaires», explique Eugene Katz.

Autre conseil important de la brochure: ne pas oublier de prendre ses médicaments. Les cardiologues allemands ont en effet constaté que dans l'excitation précédant le match, certains téléspectateurs en traitement cardio-vasculaire avaient tout simplement et fatalement oublié leurs cachets.

Enfin, la Fondation ne manque pas de clouer au pilori les mauvaises habitudes qui sont souvent associées aux soirées de sport sur petit écran: alcool, cigarette et malbouffe. Trois habitudes qui sont autant de facteurs de risque considérables des accidents cardiaques.

«Lors des moments les plus intenses d'un match, les battements cardiaques d'un téléspectateur peuvent atteindre le rythme de ceux d'un cycliste en pleine ascension d'un col», souligne Christa Bächtold. «Un tel stress, combiné à une consommation abusive d'alcool, d'aliments malsains ou de tabac, peut se révéler fatal pour le coeur», conclut-elle.

swissinfo, Daniele Mariani
(traduction: Laurent Andrey)

Faits

Les maladies cardio-vasculaires représentent la première cause de mortalité en Suisse, autant chez les femmes que chez les hommes. Près de 40% des décès sont imputables à ce type de pathologie.

Elles sont également à l'origine d'un peu plus de 10% des hospitalisations.

Les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, l'hypertension, l'obésité, l''excès de cholestérol et la sédentarité. Il existe aussi un certain nombre de prédispositions génétiques aux maladies cardio-vasculaires.

Le risque augmente chez les hommes à partir de 45 ou 50 ans, et chez les femmes à partir de la ménopause.

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